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Amen Bank : un PNB en hausse de 15,6 % à fin septembre 2026, la marge d’intérêt explose de 33% au seul troisième trimestre

Amen Bank : un PNB en hausse de 15,6 % à fin septembre 2026, la marge d’intérêt explose de 33% au seul troisième trimestre

Au terme des neuf premiers mois de 2026, Amen Bank affiche un produit net bancaire de 512,4 MD, en progression de 69,2 MD sur un an. Cette croissance repose très largement sur les revenus du portefeuille-titres mais aussi au rétablissement au vert de la marge d’intérêt. L'amélioration du coefficient d'exploitation et du taux de marge brute témoigne d'un net gain d'efficacité opérationnelle.

Des emplois tirés par le portefeuille d'investissement

Au 30 septembre 2026, l'encours des créances nettes sur la clientèle s'établit à 7 545,2 MD. Il est quasiment stable par rapport à fin décembre 2025 (7 537,8 MD), avec une progression limitée à 7,4 MD, soit 0,10 %. Sur neuf mois, l'activité de crédit marque donc une pause, la banque ayant privilégié le placement de ses excédents de liquidité sur le marché des titres.

L'encours du portefeuille-titres atteint en effet 3 610,7 MD, contre 3 284,5 MD à fin 2025. La hausse est de 326,2 MD, soit 9,93 %. Le portefeuille d'investissement (banking book) en constitue l'essentiel : il s'élève à 3 464,0 MD, en hausse de 300,7 MD (+9,51 %), et représente 95,94 % du total, contre 96,31 % à fin 2025. Le portefeuille-titres commercial (trading book) affiche une progression plus vive en proportion. Il passe de 121,2 MD à 146,7 MD, soit un gain de 25,5 MD (+21,03 %), mais son poids reste marginal, à 4,06 % de l'ensemble.

Une collecte dynamique et une structure des ressources préservée

Du côté des ressources, les dépôts et avoirs de la clientèle totalisent 9 312,6 MD au 30 septembre 2026, contre 8 720,4 MD à fin 2025. La collecte nette sur neuf mois ressort ainsi à 592,2 MD, soit une hausse de 6,79 %. Conjuguée à la stabilité des crédits, cette évolution ramène le rapport crédits/dépôts de 86,44 % à fin 2025 à 81,02 % à fin septembre 2026, ce qui traduit une liquidité confortable.

Toutes les composantes contribuent à cette progression :

  • Dépôts à vue. Ressource la moins coûteuse pour la banque, ils enregistrent la croissance la plus soutenue. Ils passent de 2 501,0 MD à 2 724,4 MD, en hausse de 223,4 MD (+8,93 %), et leur part dans le total des dépôts s'élève de 28,68 % à 29,26 %.
  • Dépôts d'épargne. Ressource un peu plus onéreuse, ils progressent de 142,7 MD (+4,93 %) pour atteindre 3 034,3 MD. Leur poids recule toutefois de 33,16 % à 32,58 %.
  • Dépôts à échéance et autres sommes dues à la clientèle. Cette catégorie regroupe les DAT, les certificats de dépôt, les autres produits financiers et les autres dépôts et avoirs. C'est la catégorie la plus coûteuse. Son encours est estimé par différence à 3 553,9 MD, contre 3 327,8 MD à fin 2025, soit une hausse de 226,1 MD (+6,80 %). Son poids demeure inchangé à 38,16 % des dépôts.

Au total, les ressources non rémunérées ou faiblement rémunérées (dépôts à vue et épargne) continuent de représenter 61,84 % des dépôts, une proportion identique à celle de fin 2025. La structure du financement de la banque reste donc favorable en matière de coût.

Les emprunts et ressources spéciales s'établissent à 706,5 MD, contre 709,9 MD à fin 2025. Le léger repli est de 3,4 MD (-0,48 %). Les capitaux propres, publiés hors résultat de la période, restent stables à 1 581,6 MD.

Un PNB en forte hausse grâce au repli des charges d'exploitation bancaire

Sur les neuf premiers mois de 2026, les produits d'exploitation bancaire atteignent 982,2 MD, contre 927,9 MD un an plus tôt, soit une hausse de 54,3 MD (+5,86 %). Dans le même temps, les charges d'exploitation bancaire reculent de 14,9 MD (-3,07 %), à 469,8 MD. Cet effet de ciseau favorable se traduit par un produit net bancaire de 512,4 MD, contre 443,2 MD à fin septembre 2025. La progression atteint 69,2 MD, soit 15,62 %. Le PNB des neuf premiers mois représente d'ores et déjà 86,85 % de celui de l'ensemble de l'exercice 2025 (590,1 MD).

L'analyse par composante montre une croissance inégalement répartie :

  • Marge d'intérêt. Elle s'établit à 108,8 MD, en hausse de 6,8 MD (+6,64 %) contre une baisse de 4,8% au 30 juin 2026. Cette amélioration ne vient pas d'une hausse des revenus : les intérêts perçus reculent de 12,1 MD (-2,14 %), à 552,5 MD. Elle résulte d'une baisse plus prononcée des intérêts encourus, de 18,9 MD (-4,08 %), à 443,7 MD, malgré la hausse des dépôts. Ce constat est cohérent avec le poids accru des ressources à vue.
  • Marge sur commissions. Elle progresse de 3,1 MD (+3,26 %), à 97,1 MD. Les commissions perçues augmentent de 7,0 MD (+6,05 %), mais cette hausse est partiellement absorbée par celle des commissions encourues, de 4,0 MD (+17,95 %).
  • Revenus du portefeuille-titres et gains de change. Ils constituent le véritable moteur de la période. Ils bondissent de 59,4 MD (+24,03 %), à 306,6 MD. À eux seuls, ils expliquent 85,8 % de la croissance du PNB, contre 9,8 % pour la marge d'intérêt et 4,4 % pour la marge sur commissions.

Cette dynamique modifie la structure du PNB. Le poids de la marge d'intérêt recule à 21,22 % à fin septembre 2026, contre 23,01 % à fin septembre 2025 et 24,60 % sur l'ensemble de l'exercice 2025. À l'inverse, les revenus du portefeuille représentent désormais 59,83 % du PNB, contre 55,77 % un an plus tôt et 53,59 % pour l'année 2025. La marge sur commissions voit sa part revenir à 18,95 %, contre 21,22 % à fin septembre 2025 et 21,81 % à fin 2025. Le modèle de revenus d'Amen Bank apparaît ainsi de plus en plus adossé à son activité de placement en titres.

Des charges maîtrisées et une productivité en nette amélioration

Les charges opératoires s'élèvent à 198,0 MD, en hausse de 11,7 MD (+6,30 %) par rapport à fin septembre 2025.

  • Frais de personnel. Ils représentent près de 72 % de ces charges. Ils progressent de 7,4 MD (+5,50 %), à 141,8 MD.
  • Charges générales d'exploitation. Elles augmentent de 2,9 MD (+6,44 %), à 47,4 MD.
  • Dotations aux amortissements des valeurs immobilisées. Déduites par différence, elles passent de 7,3 MD à 8,8 MD, soit une hausse de 1,5 MD (+20,31 %).

La croissance des charges reste nettement inférieure à celle du PNB. Le coefficient d'exploitation s'améliore ainsi sensiblement : il s'établit à 38,65 % au 30 septembre 2026, contre 42,03 % un an plus tôt et 41,13 % pour l'exercice 2025. Le gain atteint 338 points de base sur un an et 248 points de base par rapport à fin 2025, ce qui traduit une productivité en nette progression.

Un résultat brut d'exploitation en hausse de 22 %

Le résultat brut d'exploitation, avant coût du risque, ressort à 315,2 MD à fin septembre 2026, contre 257,9 MD un an plus tôt. La hausse est de 57,3 MD, soit 22,22 %. Il couvre déjà 90,44 % du RBE réalisé sur l'ensemble de l'exercice 2025 (348,5 MD).

Rapporté aux produits d'exploitation bancaire, le taux de marge brute atteint 32,09 %, contre 27,80 % à fin septembre 2025 et 28,23 % pour l'exercice 2025. Il gagne ainsi 429 points de base sur un an et 386 points de base par rapport à fin 2025.

Conclusion

À l'issue des neuf premiers mois de 2026, Amen Bank présente des indicateurs d'activité en nette amélioration. La banque a renforcé sa collecte, notamment sur les dépôts à vue, tout en maintenant une structure de ressources favorable et une liquidité confortable. La croissance soutenue du PNB, conjuguée à une évolution contenue des charges, se traduit par une amélioration marquée du coefficient d'exploitation et du taux de marge brute.

Cette performance repose toutefois très largement sur les revenus du portefeuille-titres, qui pèsent désormais près de 60 % du PNB. Dans le même temps, l'encours des crédits à la clientèle est resté quasi stable depuis fin 2025. La pérennité de cette trajectoire dépendra donc en partie de l'évolution des rendements sur le marché des titres et de la reprise éventuelle de l'activité de financement de l'économie.

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