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Fiscalité : la plateforme TEJ permet désormais aux entreprises de consulter leur situation fiscale en temps réel
ECONOMIE, PATRIMOINE

Fiscalité : la plateforme TEJ permet désormais aux entreprises de consulter leur situation fiscale en temps réel

08/09/2026 20:22 51 vues Par Moez Hadidane

La Direction générale des impôts a annoncé l’ajout, à partir de septembre 2026, de nouvelles fonctionnalités à la plateforme d’échange à des fins fiscales « TEJ ». Cette mise à jour doit notamment permettre aux contribuables de consulter leur situation fiscale, de déléguer certaines opérations à d’autres utilisateurs et de gérer l’ensemble des certificats de retenue à la source sur la plateforme. Les changements annoncés concernent directement les entreprises, leurs directions financières, les professionnels de la comptabilité ainsi que les établissements publics qui vérifient la situation fiscale de leurs fournisseurs. Une consultation instantanée de la situation fiscale La première évolution porte sur l’accès des contribuables à leur situation fiscale relative au dépôt des déclarations. Les entreprises pourront désormais vérifier directement sur TEJ si leurs déclarations fiscales ont été enregistrées par l’administration. Cette fonctionnalité devrait faciliter la détection des déclarations manquantes ou non prises en compte et réduire le recours aux démarches administratives pour obtenir ces informations. La plateforme permet également de consulter le taux de l’avance applicable aux importations de produits de consommation. Cette évolution ne signifie pas qu’un nouveau taux a été instauré : elle donne aux contribuables concernés un accès direct à l’information enregistrée par l’administration fiscale. Le communiqué de la Direction générale des impôts ne modifie donc pas les règles de calcul de l’avance sur les importations. Il annonce la numérisation de sa consultation à travers TEJ. Des droits d’accès pouvant être délégués Les entreprises inscrites sur la plateforme pourront par ailleurs déléguer certaines fonctionnalités à d’autres utilisateurs. Les droits accordés pourront être adaptés à la nature des missions confiées à chaque personne. Cette possibilité répond à l’organisation habituelle des entreprises, dans lesquelles la gestion fiscale peut être répartie entre plusieurs intervenants : responsables financiers, comptables, fiscalistes ou prestataires externes. La délégation devrait permettre de limiter l’accès de chaque utilisateur aux seules opérations nécessaires à l’exercice de ses fonctions. Les modalités détaillées de création des profils, d’attribution des droits et de révocation des délégations n’ont toutefois pas été précisées dans le communiqué. Les entreprises publiques pourront vérifier leurs fournisseurs La mise à jour de TEJ permettra également aux entreprises publiques de consulter la situation fiscale de leurs fournisseurs de biens et de services. Cette fonction vise à faciliter les vérifications effectuées avant certaines opérations avec les prestataires et fournisseurs. Elle pourrait notamment réduire les échanges de documents papier et accélérer le contrôle de la régularité fiscale des entreprises concernées. La Direction générale des impôts invite, dans ce cadre, les entreprises publiques qui utilisent encore le système « e-sit-fisc », sans être inscrites sur TEJ, à adhérer à la plateforme afin de continuer à consulter la situation fiscale de leurs fournisseurs. La formulation du communiqué correspond à une demande de migration opérationnelle. Elle ne précise cependant ni date limite d’adhésion ni sanction applicable en cas de non-inscription. Tous les certificats de retenue à la source intégrés à TEJ La plateforme TEJ a également été actualisée afin de prendre en charge l’ensemble des certificats de retenue à la source. Les contribuables qui établissent ces certificats par dépôt d’un fichier électronique sont invités par la Direction générale des impôts à télécharger et à utiliser le schéma XSD actualisé disponible sur le site Jibaya. Ce fichier, proposé sous la forme d’une archive ZIP, définit la structure informatique que doivent respecter les fichiers transmis à TEJ. Sa mise à jour concerne particulièrement les éditeurs de logiciels de gestion, les équipes informatiques, les cabinets comptables et les entreprises qui produisent automatiquement leurs certificats de retenue à la source. Il est ainsi recommandé aux entreprises concernées de vérifier la compatibilité de leurs logiciels avec le nouveau schéma avant tout prochain dépôt électronique. L’utilisation d’une ancienne structure XSD pourrait entraîner le rejet du fichier ou l’apparition d’erreurs lors de son importation sur la plateforme. Une mise à jour opérationnelle, sans nouvelle imposition Le communiqué annonce des services numériques effectivement ajoutés à TEJ à partir de septembre 2026. Il ne crée toutefois ni nouvel impôt, ni nouvelle retenue à la source, ni nouveau taux fiscal. Sa portée est principalement administrative et opérationnelle. Les entreprises doivent surtout vérifier leurs accès à la plateforme, organiser les délégations entre utilisateurs et mettre à jour, lorsque cela est nécessaire, les interfaces servant à générer les certificats de retenue à la source. Cette évolution s’inscrit dans la poursuite de la numérisation de l’administration fiscale et de la dématérialisation des échanges avec les contribuables. Son efficacité dépendra désormais de la disponibilité technique de ces fonctionnalités, de leur intégration dans les logiciels utilisés par les entreprises et de la capacité de l’administration à accompagner les utilisateurs pendant la transition. Pour obtenir des précisions supplémentaires, la Direction générale des impôts invite les contribuables à contacter le centre d’information fiscale à distance au 81 100 400.

Immobilier : pourquoi les prix augmentent-ils malgré la baisse des transactions ?
ECONOMIE, PATRIMOINE

Immobilier : pourquoi les prix augmentent-ils malgré la baisse des transactions ?

13/08/2026 13:10 113 vues Par Moez Hadidane

Au quatrième trimestre 2025, les prix de l’immobilier bâti ont progressé de 5,6 % sur un an, tandis que les transactions reculaient et que l’encours des crédits logement diminuait de 1,2 %. Ce paradoxe apparent décrit moins un marché dynamique qu’un marché devenu plus difficile d’accès. Le marché immobilier tunisien présente une évolution singulière : les prix continuent d’augmenter alors que les ventes et le financement bancaire s’essoufflent. D’après l’indice publié par l’Institut national de la statistique, les prix des biens immobiliers bâtis ont progressé de 5,6 % sur un an au quatrième trimestre 2025. Cette hausse atteint 5,7 % pour les appartements et 5,6 % pour les maisons. Les terrains constructibles ont, pour leur part, enregistré une augmentation de 3,9 %. Par rapport au trimestre précédent, le mouvement est plus modéré : les prix des biens bâtis n’ont progressé que de 0,3 %, avec une hausse de 1,8 % pour les maisons et une baisse de 0,3 % pour les appartements. Ces chiffres ne traduisent pourtant pas une accélération des achats. Au contraire, le volume des transactions a continué de diminuer au cours des trois derniers mois de 2025. Des transactions en recul dans toutes les catégories En données corrigées des variations saisonnières, les transactions immobilières ont reculé, par rapport au troisième trimestre, de 4,9 % pour les appartements, de 2,4 % pour les maisons et de 2,9 % pour les terrains résidentiels. La progression des prix ne peut donc pas être interprétée comme le résultat d’une forte demande. Elle s’accompagne, au contraire, d’un rétrécissement du marché : moins de biens changent de propriétaire, mais les opérations effectivement conclues le sont à des prix moyens plus élevés. Cette divergence peut notamment s’expliquer par la rigidité des prix immobiliers. Contrairement à d’autres marchés, les vendeurs ne diminuent pas nécessairement leur prix lorsque la demande ralentit. Certains préfèrent reporter la vente ou retirer leur bien du marché plutôt que d’accepter une réduction importante. L’indice de l’INS repose en outre sur les transactions effectivement enregistrées. Lorsque leur nombre diminue, sa variation peut être influencée par la composition des ventes : la proportion de biens récents, bien situés ou de meilleure qualité peut augmenter parmi les opérations conclues. Sans données détaillées sur le nombre absolu de ventes et leurs caractéristiques, cet effet ne peut toutefois pas être mesuré précisément. Le crédit logement s’est contracté en 2025 L’évolution du financement bancaire renforce l’hypothèse d’un problème d’accessibilité. Selon les données de la Banque centrale de Tunisie, l’encours des crédits logement accordés aux particuliers s’est établi à 13,407 milliards de dinars à fin décembre 2025, contre 13,573 milliards un an auparavant. Il a ainsi diminué de 1,2 %, soit une contraction de près de 166 millions de dinars. Cette évolution marque un retournement par rapport à 2024, année durant laquelle l’encours avait progressé de 1,1 %, après être passé de 13,421 milliards de dinars à fin 2023 à 13,573 milliards à fin 2024. La tendance s’est poursuivie durant les premiers mois de 2026. À fin juin, l’encours des crédits logement s’élevait provisoirement à 13,304 milliards de dinars, en baisse de 0,8 % par rapport à décembre 2025 et de 1,1 % sur un an. L’encours ne doit cependant pas être confondu avec le montant des nouveaux prêts accordés pendant l’année. Sa diminution signifie que les remboursements et les sorties de crédits ont été supérieurs aux nouveaux financements nets. Elle constitue néanmoins un indice clair de l’affaiblissement du soutien bancaire à l’acquisition immobilière. Un marché de moins en moins accessible La combinaison d’une hausse des prix, d’une baisse des transactions et d’une contraction du crédit suggère que le marché immobilier tunisien est confronté à une diminution de la demande solvable. Les ménages qui ne disposent pas d’une épargne suffisante dépendent généralement du crédit pour financer leur acquisition. Lorsque le montant pouvant être emprunté devient insuffisant par rapport au prix demandé, l’achat est reporté ou abandonné. Le marché se concentre alors davantage sur les acquéreurs disposant d’un apport personnel élevé ou capables de financer une part importante de l’opération sans recours bancaire. Dans ce contexte, l’augmentation des prix ne constitue pas nécessairement un signe de bonne santé. Elle peut au contraire aggraver l’écart entre la valeur des biens proposés et la capacité financière des ménages. La conséquence n’est pas immédiatement une baisse généralisée des prix, mais un allongement des délais de vente et une diminution du nombre d’opérations. Les données disponibles ne permettent toutefois pas de mesurer le délai moyen de commercialisation, la proportion des achats réalisés sans crédit ou l’évolution des prix initialement demandés par rapport aux prix finalement négociés. Des évolutions très différentes selon les régions La moyenne nationale masque également d’importantes disparités. Au quatrième trimestre 2025, les prix des biens bâtis ont augmenté de 6,9 % sur un an dans la région du Sahel, qui comprend notamment Nabeul, Sousse, Monastir et Mahdia. La progression n’a été que de 2,9 % dans le Grand Tunis. Les terrains constructibles ont, quant à eux, enregistré une hausse de 5,3 % dans le Sahel, de 4,8 % dans le Grand Tunis et de 3,6 % à Sfax et dans le Sud. Ils ont reculé de 1,1 % dans le Nord-Ouest. Ces écarts confirment qu’il n’existe pas un marché immobilier tunisien uniforme. L’attractivité du littoral, la disponibilité du foncier, la nature des biens proposés et le profil des acquéreurs peuvent produire des évolutions très différentes d’une région à l’autre. Une hausse des prix qui ne signifie pas une reprise Les données du quatrième trimestre 2025, publiées avec plusieurs mois de retard, doivent être interprétées avec prudence. Elles ne permettent pas encore d’évaluer complètement la situation du marché en 2026. Elles mettent néanmoins en évidence une tendance importante : la hausse des prix immobiliers ne s’accompagne plus d’une augmentation des transactions ni du crédit logement. Le marché semble ainsi moins porté par une demande dynamique que par la résistance des prix, la rareté de certains biens et la capacité financière d’un nombre plus limité d’acquéreurs. Pour les ménages, le véritable indicateur n’est donc pas seulement l’évolution du prix au mètre carré. Il réside dans l’écart croissant entre le coût d’un logement, l’épargne disponible et le financement bancaire accessible. Tant que cet écart persistera, les prix pourront continuer à progresser sur les transactions conclues, tout en laissant une part croissante de la demande à l’écart du marché. Sources : Institut national de la statistique — Indice des prix de l’immobilier, quatrième trimestre 2025 ; Banque centrale de Tunisie — encours des crédits aux particuliers.

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