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SFBT : la hausse des ventes de bière porte le bénéfice à 185 millions de dinars au premier semestre 2026
BOURSE

SFBT : la hausse des ventes de bière porte le bénéfice à 185 millions de dinars au premier semestre 2026

17/08/2026 20:05 10 vues Par Tera Finances

La Société de Fabrication des Boissons de Tunisie (SFBT-P/E 2025 : 13,5x) a sensiblement amélioré ses performances au premier semestre 2026. Portée par la bière et par une évolution maîtrisée des achats consommés, la société a renforcé ses marges et dégagé un résultat net de 185,1 millions de dinars, en hausse de 9,1 %. La bière, principal moteur de croissance Au 30 juin 2026, le chiffre d’affaires cumulé de la SFBT s’est établi à 379,3 millions de dinars, contre 357,8 millions de dinars un an auparavant, soit une progression de 6,0 %. Cette croissance provient essentiellement de la bière. Les volumes commercialisés ont augmenté de 10,1 %, à 78,3 millions de litres, tandis que les revenus du segment ont progressé de 11,3 %, à 271,5 millions de dinars. Cette performance a plus que compensé le recul de 4,6 % des ventes de boissons gazeuses, revenues à 95,9 millions de dinars. Cette baisse s’explique notamment par la réorganisation de la facturation des produits de la filiale SGBIA. L’usine de Charguia ne facture désormais directement que les boissons conditionnées en verre consigné, ce qui réduit mécaniquement les ventes comptabilisées par la SFBT. Les autres revenus ont également diminué de 9,9 %, à 11,9 millions de dinars. Une amélioration sensible de la marge brute Les achats consommés n’ont progressé que de 0,6 %, passant de 207,9 millions de dinars au premier semestre 2025 à 209,2 millions de dinars au 30 juin 2026. Les achats de marchandises consommés ont reculé de 23,1 %, à 25,0 millions de dinars, tandis que les achats d’approvisionnements consommés ont augmenté de 5,7 %, à 183,4 millions de dinars. La variation des stocks de produits finis et des encours est, quant à elle, revenue de 1,8 million à 0,8 million de dinars. Les notes aux états financiers font notamment ressortir une hausse des achats de matières premières destinées à la bière et des achats de sucre et de CO₂. À l’inverse, la sous-traitance de production a fortement diminué, de 64,6 millions à 26,9 millions de dinars, à la suite du changement du modèle de sous-traitance de la mise en boîtes de la bière avec la SEABG. La marge brute a ainsi progressé de 13,5 %, pour atteindre 170,1 millions de dinars, contre 149,9 millions de dinars un an auparavant. Le taux de marge brute gagne près de trois points, passant de 41,9 % à 44,8 %. L’EBITDA progresse de 12,6 % L’EBITDA s’est élevé à 105,6 millions de dinars, contre 93,8 millions de dinars au premier semestre 2025, soit une hausse de 12,6 %. Cette progression a été réalisée malgré l’augmentation de 17,1 % des charges de personnel, à 28,2 millions de dinars, et de 13,3 % des autres charges d’exploitation, à 36,3 millions de dinars. Ces dernières ont notamment été tirées par les dépenses publicitaires, les frais de transport, les primes d’assurance et les redevances pour concessions. Grâce à la forte amélioration de la marge brute, le taux de marge sur EBITDA s’est néanmoins renforcé de 26,2 % à 27,8 %. Le résultat d’exploitation bondit de 19,5 % Le résultat d’exploitation a atteint 96,1 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 80,4 millions de dinars un an auparavant. Il affiche ainsi une progression de 19,5 %, supérieure à celles du chiffre d’affaires et de l’EBITDA. Cette performance a bénéficié de l’augmentation de 21,9 % des autres produits d’exploitation, à 3,7 millions de dinars, ainsi que du recul de 19,7 % des dotations aux amortissements et aux provisions, à 13,2 millions de dinars. Le taux de marge sur EBIT, calculé par rapport au total des produits d’exploitation, est ainsi passé de 22,3 % au premier semestre 2025 à 25,1 % au premier semestre 2026. Il se situe également à un niveau proche des 25,3 % enregistrés sur l’ensemble de l’exercice 2025. Les revenus financiers dépassent 120 millions de dinars Le cumul des produits financiers nets et des produits des placements a atteint 120,0 millions de dinars, contre 112,4 millions de dinars au 30 juin 2025, soit une hausse de 6,8 %. Les produits financiers nets ont plus que doublé, passant de 5,1 millions à 13,5 millions de dinars. Cette progression s’explique principalement par l’augmentation des intérêts sur comptes courants, qui ont atteint 13,5 millions de dinars, contre 5,0 millions de dinars un an auparavant. Les produits des placements ont légèrement diminué de 0,7 %, à 106,5 millions de dinars. La hausse des dividendes reçus, de 96,1 millions à 103,2 millions de dinars, a été neutralisée par la baisse des autres produits de placements, revenus de 11,2 millions à 3,3 millions de dinars. Un résultat net de 185,1 millions de dinars Le résultat des activités ordinaires avant réinvestissements et impôt a progressé de 11,3 %, pour atteindre 213,2 millions de dinars, contre 191,5 millions de dinars au premier semestre 2025. La charge d’impôts, qui regroupe l’impôt sur les sociétés et la contribution sociale de solidarité, a toutefois augmenté de 28,5 %, passant de 21,9 millions à 28,1 millions de dinars. Elle représente désormais 13,2 % du résultat avant impôt, contre 11,4 % un an auparavant. Après impôts, le résultat net s’est établi à 185,1 millions de dinars, en hausse de 15,4 millions de dinars ou 9,1 %. Le taux de marge nette s’est amélioré de 47,4 % à 48,8 %, tandis que le résultat par action est passé de 0,633 à 0,690 dinar. La rentabilité financière ressort à 19,4 % au 30 juin 2026, contre 18,7 % un an auparavant. Ce ROE semestriel est calculé en rapportant le résultat net aux capitaux propres avant affectation, qui atteignent 955,6 millions de dinars. Une structure financière toujours très solide La SFBT n’affiche aucun emprunt au 30 juin 2026. Sa dette financière brute ressort à 106,1 millions de dinars, contre 99,8 millions de dinars à fin décembre 2025. Elle se compose presque exclusivement de 105,5 millions de dinars d’autres passifs financiers, correspondant aux consignations de casiers, bouteilles, fûts, palettes et intercalaires en plastique auprès de la clientèle. Les concours bancaires restent limités à 0,5 million de dinars. Dans le même temps, les placements et autres actifs financiers ont fortement diminué, passant de 125,5 millions de dinars à fin 2025 à 2,8 millions de dinars au 30 juin 2026. La société ne détenait plus de placements bancaires à plus de trois mois à la clôture du semestre. Les liquidités et équivalents de liquidités ont, en revanche, progressé de 93,3 millions de dinars, pour atteindre 406,3 millions de dinars, contre 313,0 millions de dinars au 31 décembre 2025. Après déduction des placements et des liquidités, la dette financière nette ressort à -303,1 millions de dinars. La SFBT dispose donc d’une trésorerie financière nette de 303,1 millions de dinars, contre 338,8 millions de dinars à fin 2025. La trésorerie de clôture présentée dans l’état des flux s’élève à 408,6 millions de dinars. Sur le semestre, la société a notamment consacré 48,4 millions de dinars à l’acquisition d’immobilisations corporelles et incorporelles et décaissé 120,2 millions de dinars au titre des dividendes et autres distributions. Conclusion La SFBT signe un premier semestre 2026 solide. La croissance de la bière et la maîtrise des achats consommés ont permis une nette amélioration de la marge brute, de l’EBITDA et du résultat d’exploitation. Malgré une charge fiscale en forte hausse, le bénéfice net progresse de 9,1 %, à 185,1 millions de dinars. Avec une marge nette de 48,8 %, un ROE semestriel de 19,4 %, aucun emprunt et plus de 303 millions de dinars de trésorerie financière nette, la société conserve une rentabilité élevée et une structure financière particulièrement robuste.

Tunisair : l’écart se creuse entre les revenus passagers et les charges d’exploitation
BOURSE

Tunisair : l’écart se creuse entre les revenus passagers et les charges d’exploitation

17/08/2026 17:52 9 vues Par Tera Finances

Au premier semestre 2026, Tunisair affiche une progression de son activité commerciale, avec davantage de passagers transportés et une amélioration de plusieurs indicateurs opérationnels. Mais cette dynamique est largement éclipsée par la forte augmentation des coûts. Alors que les revenus passagers ne progressent que de 2,1 %, les principales charges d’exploitation retenues dans notre analyse bondissent de près de 20 %. Résultat : l’écart entre ces revenus et ces charges, encore légèrement positif au premier semestre 2025, devient fortement négatif en 2026. Les revenus passagers progressent de seulement 2,1 % Au cours des six premiers mois de 2026, Tunisair a généré 724 millions de dinars (MD) de revenus passagers, contre 709 MD durant la même période de 2025, soit une progression de 2,1 %. Les chiffres monétaires publiés par la compagnie sont provisoires. Cette hausse s’accompagne d’une progression plus importante du trafic. Tunisair a transporté 1,197 million de passagers, contre 1,156 million au premier semestre 2025, soit une augmentation de 3,5 %. La croissance du nombre de voyageurs est ainsi supérieure à celle des revenus qu’ils génèrent. La recette moyenne par passager recule d’ailleurs légèrement, passant de 613 dinars à 605 dinars, soit une baisse de 1,3 %. Le coefficient de remplissage s’établit à 74 %, contre 74,8 % un an auparavant, tandis que la part de marché de Tunisair progresse légèrement, de 21,8 % à 22,3 %. Une nette amélioration de l’utilisation de la flotte Plusieurs indicateurs témoignent parallèlement d’une amélioration de l’exploitation de la flotte. Le taux de ponctualité, correspondant aux vols accusant moins de 15 minutes de retard, atteint 47 %, contre 42 % au premier semestre 2025, soit une amélioration de 5 points. L’utilisation moyenne de la flotte progresse encore plus fortement, passant de 7,50 à 9,42 heures par jour et par avion, soit une hausse de près de 26 %. Cette amélioration intervient alors que le nombre d’avions en exploitation reste inchangé à 19 appareils. La composition de la flotte évolue néanmoins : Tunisair dispose de 7 avions en propriété, contre 5 au premier semestre 2025, tandis que le nombre d’appareils en leasing financier passe de 5 à 3. Les 9 appareils exploités en location longue durée restent inchangés. Les charges augmentent près de dix fois plus vite que les revenus passagers C’est toutefois du côté des coûts que se situe la principale évolution du semestre. Les huit postes de charges retenus dans notre analyse — assistance au sol, catering, redevances aéroportuaires, loyers d’avions, assurances avions, entretien et réparation, carburant et personnel — atteignent ensemble 840 MD au premier semestre 2026, contre 702 MD durant la même période de 2025. Ils augmentent ainsi de 138 MD, soit 19,7 % en un an, alors que les revenus passagers n’ont progressé que de 15 MD, soit 2,1 %. Cette divergence modifie radicalement l’équilibre observé entre ces deux agrégats. Au premier semestre 2025, les 709 MD de revenus passagers permettaient encore de couvrir les 702 MD de charges retenues, laissant un écart positif de 7 MD. Un an plus tard, Tunisair génère 724 MD de revenus passagers, mais supporte 840 MD de charges, faisant apparaître un écart négatif de 116 MD. En douze mois, cet écart s’est donc dégradé de 123 MD. Il ne s’agit pas du résultat d’exploitation comptable de Tunisair, puisque cette comparaison porte uniquement sur les revenus passagers et les postes de charges sélectionnés, sans prendre en compte les autres produits et charges de la compagnie. Elle met néanmoins clairement en évidence le décrochage entre l’évolution des revenus générés par le transport de passagers et celle des principaux coûts d’exploitation. Carburant et maintenance expliquent l’essentiel du dérapage Deux postes concentrent l’essentiel de cette hausse. Les dépenses de carburant atteignent 242 MD au premier semestre 2026, contre 165 MD un an auparavant. Elles augmentent ainsi de 77 MD, soit 46,7 %. Tunisair explique cette évolution notamment par la flambée du Brent et l’élargissement du crack spread entre le prix du pétrole brut et celui du kérosène Jet A-1 au deuxième trimestre 2026. Selon la compagnie, le prix moyen de la tonne de Jet A-1 a quasiment doublé durant cette période. Les charges d’entretien et de réparation enregistrent une augmentation encore plus spectaculaire : elles passent de 15 MD à 60 MD, soit une multiplication par quatre. À eux seuls, le carburant et l’entretien génèrent ainsi 122 MD de charges supplémentaires par rapport au premier semestre 2025. Les autres évolutions sont plus contenues. Les dépenses d’assistance au sol passent de 69 à 79 MD, celles de catering de 20 à 22 MD, les redevances aéroportuaires de 232 à 235 MD et les charges de personnel de 106 à 114 MD. À l’inverse, les loyers d’avions diminuent de 91 à 84 MD, tandis que les assurances restent stables à 4 MD. Les coûts financiers portent l’écart à 170 MD La pression ne s’arrête pas aux charges d’exploitation retenues. Les charges financières atteignent 23 MD au premier semestre 2026, contre 13 MD un an auparavant, soit une hausse de près de 77 %. Les redevances de leasing financier diminuent parallèlement de 39 à 31 MD. Ces deux postes représentent donc ensemble 54 MD, contre 52 MD au premier semestre 2025. En les ajoutant à l’écart de -116 MD entre les revenus passagers et les principales charges d’exploitation retenues, l’écart cumulé atteint ainsi -170 MD au premier semestre 2026. Au premier semestre 2025, le même calcul aboutissait à -45 MD : +7 MD entre revenus passagers et charges retenues, auxquels s'ajoutaient 52 MD de charges financières et de redevances de leasing financier. En un an, l’écart cumulé s’est donc dégradé de 125 MD. L’endettement remonte à 728 MD La structure financière reste également sous pression. Pour l’effectif, l’endettement et la liquidité, la comparaison est effectuée avec la situation à fin 2025. L’endettement atteint 728 MD à fin juin 2026, contre 674 MD à fin décembre 2025, soit une augmentation de 54 MD ou 8 %. Tunisair explique cette hausse par la mise en place de nouveaux crédits en 2025 et au début de 2026. La trésorerie évolue néanmoins favorablement : les liquidités et équivalents de liquidité atteignent 153 MD, contre 121 MD à fin 2025, soit une progression de 32 MD ou 26,4 %. Dans le même temps, l’effectif poursuit sa diminution. Tunisair compte 2 465 employés, contre 2 586 à fin 2025, soit 121 salariés de moins et une baisse de 4,7 %. Le trafic progresse, mais l’écart entre revenus et charges se creuse Le premier semestre 2026 met ainsi en évidence un paradoxe pour Tunisair. La compagnie transporte davantage de passagers, améliore sa part de marché, sa ponctualité et surtout l’utilisation de sa flotte. Mais ces progrès opérationnels ne suffisent pas à absorber l’accélération des coûts. Le constat est particulièrement visible lorsqu’on rapproche les revenus passagers des principales charges d’exploitation : l’écart passe de +7 MD au premier semestre 2025 à -116 MD au premier semestre 2026. Et après prise en compte des charges financières et des redevances de leasing financier, il passe de -45 MD à -170 MD. La problématique centrale pour Tunisair ne semble donc plus être seulement celle du volume de trafic. Avec des revenus passagers en hausse de 2,1 % face à des charges d’exploitation retenues en progression de près de 20 %, le véritable enjeu réside désormais dans la capacité de la compagnie à contenir ses coûts, en particulier ceux du carburant et de la maintenance, afin que l’amélioration de l’activité puisse se traduire par une amélioration de ses équilibres économiques.

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