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Solaire : 630 MW installés, mais la Tunisie dépend encore des importations d’électricité
ECONOMIE

Solaire : 630 MW installés, mais la Tunisie dépend encore des importations d’électricité

17/08/2026 15:09 16 vues Par Moez Hadidane

La capacité photovoltaïque tunisienne a atteint environ 630 MW à fin juin 2026, tandis que la part des énergies renouvelables s’est élevée à 9,2 % de la production électrique nationale. Cette progression ne suffit toutefois pas encore à absorber la hausse de la demande : les achats extérieurs couvrent toujours 10 % des besoins du marché local. Le solaire occupe une place croissante dans le système électrique tunisien. À fin juin 2026, le pays disposait d’environ 630 mégawatts de capacités photovoltaïques installées, selon la dernière note de conjoncture de l’Observatoire national de l’énergie et des mines. Ce total comprend près de 500 MW de panneaux installés sur les toitures résidentielles et 130 MW sur les réseaux de moyenne et haute tension, principalement dans l’industrie, les services et l’agriculture. Cette montée en puissance commence à modifier le mix électrique. La part des énergies renouvelables a atteint 9,2 % de la production nationale au premier semestre 2026, contre environ 6 % durant la même période de 2025. Le gaz naturel continue néanmoins de dominer très largement la production, tandis que les achats d’électricité auprès des pays voisins restent nécessaires pour répondre aux besoins du marché local et maintenir l’équilibre du réseau. Une production nationale en hausse de 5 % La production nationale d’électricité a atteint 9 550 gigawattheures au premier semestre 2026, contre 9 058 GWh à fin juin 2025. Elle a ainsi progressé de 5 % en un an. Ce total inclut la production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, celle des producteurs indépendants, les achats auprès de producteurs tiers locaux et l’autoproduction solaire raccordée aux réseaux de basse et moyenne tension. La STEG reste le principal producteur du pays. Sa production s’est établie à 8 655 GWh, en hausse de 1 % par rapport au premier semestre 2025. Elle représente environ 91 % de la production électrique nationale. Le gaz naturel a fourni à lui seul 8 565 GWh, contre 8 388 GWh un an auparavant. Sa contribution a augmenté de 2 % et représente encore 90,8 % du mix électrique. Les installations fonctionnant au fuel et au gasoil n’ont produit que 0,5 GWh. La production hydraulique est restée marginale, à 6 GWh, tandis que l’éolien a enregistré une forte contraction. Malgré l’accélération du photovoltaïque, le système électrique tunisien demeure donc presque entièrement tributaire du gaz naturel. Le solaire devient la principale énergie renouvelable La progression des renouvelables au premier semestre provient essentiellement du solaire. La production photovoltaïque des producteurs indépendants est passée de 30 GWh à fin juin 2025 à 290 GWh un an plus tard. L’Observatoire fait ainsi apparaître une hausse de 871 %. L’autoproduction solaire a, de son côté, progressé de 42 %, pour atteindre 485 GWh contre 341 GWh au premier semestre 2025. La production solaire directement assurée par la STEG s’est établie à 18,6 GWh, en légère baisse de 3 %. En additionnant la production de la STEG, celle des producteurs indépendants et l’autoproduction, le photovoltaïque a fourni près de 794 GWh au cours des six premiers mois de 2026. Le solaire représente ainsi l’essentiel des 9,2 % d’électricité renouvelable produits en Tunisie. Sa part dans le mix national est évaluée à 8,41 %, contre seulement 0,7 % pour l’éolien et 0,06 % pour l’hydraulique. La forte augmentation de la production des producteurs indépendants doit cependant être interprétée avec prudence. Depuis décembre 2025, l’électricité produite par les centrales solaires réalisées sous le régime des concessions est intégrée à la rubrique consacrée aux producteurs indépendants. L’évolution constatée entre les deux semestres reflète donc à la fois la mise en service de nouvelles capacités et une modification du périmètre statistique. La production éolienne recule fortement La progression du solaire a été partiellement neutralisée par la baisse de la production éolienne. Les installations éoliennes n’ont produit que 66 GWh au premier semestre 2026, contre 154 GWh durant la même période de 2025. Leur production a ainsi chuté de 57 % en un an. Cette diminution rappelle que la performance des énergies renouvelables ne dépend pas uniquement de la capacité installée. Elle varie également en fonction des conditions météorologiques, de la disponibilité technique des installations et de leur raccordement effectif au réseau. La production hydraulique a augmenté de 17 %, mais elle est passée de seulement 5 à 6 GWh. Son poids dans le mix électrique reste donc très faible. Au total, les énergies renouvelables ont fourni environ 866 GWh au premier semestre 2026. Leur progression est importante, mais leur volume demeure encore très inférieur aux 8 565 GWh produits à partir du gaz naturel. Pourquoi les 630 MW ne peuvent pas être comparés directement à la pointe La capacité photovoltaïque installée est exprimée en mégawatts, alors que la production électrique est mesurée en mégawattheures ou en gigawattheures. Les 630 MW correspondent à la puissance maximale théorique que les installations solaires pourraient délivrer simultanément dans des conditions optimales. Ils ne signifient pas que cette quantité d’électricité est disponible en permanence. La production effective dépend de l’ensoleillement, de l’heure de la journée, des saisons, du rendement des équipements, des arrêts techniques et de la capacité du réseau à recevoir l’électricité produite. Cette distinction est essentielle pour comparer le solaire à la pointe de consommation, qui a atteint 4 750 MW à fin juin 2026, contre 4 531 MW un an auparavant. La pointe a ainsi progressé de 5 %. Même si l’ensemble des 630 MW photovoltaïques produisait simultanément à sa puissance maximale, il ne représenterait qu’environ 13 % de cette pointe. Dans la pratique, la contribution instantanée peut être inférieure et devient nulle pendant la nuit en l’absence de stockage. La capacité solaire installée ne peut donc pas être soustraite mécaniquement de la pointe de consommation. Son apport dépend de la concordance entre les heures de production photovoltaïque et les périodes durant lesquelles la demande atteint son maximum. Les achats extérieurs couvrent encore 10 % des besoins En additionnant la production nationale, les échanges transfrontaliers et les achats extérieurs, l’électricité disponible pour le marché local a atteint 10 596 GWh au premier semestre 2026. Elle a augmenté de 4 % par rapport aux 10 149 GWh enregistrés à fin juin 2025. Les achats auprès de Sonelgaz en Algérie et de la General Electricity Company of Libya, ou Gecol, se sont établis à 1 016 GWh, contre 1 030 GWh un an auparavant. Ils ont donc légèrement diminué de 1 %. Ces achats, réalisés principalement auprès de l’Algérie, ont néanmoins couvert environ 10 % des besoins du marché local. Le terme d’importations doit être distingué des « achats tiers » figurant dans le tableau de l’Observatoire. Ces derniers, évalués à 120 GWh, correspondent à de l’électricité achetée auprès de producteurs présents sur le marché national et sont intégrés à la production nationale. Les 1 016 GWh achetés à Sonelgaz et à la Gecol constituent, pour leur part, les approvisionnements extérieurs. Le recours aux importations ne signifie pas nécessairement que la Tunisie manque en permanence d’une quantité équivalente de capacités de production. Les échanges transfrontaliers peuvent également servir à équilibrer le réseau, à couvrir les pointes ou à compenser l’indisponibilité temporaire de certaines unités. Le maintien d’une part de 10 % montre toutefois que l’augmentation de la production nationale et le développement du solaire ne permettent pas encore au pays de satisfaire seul l’ensemble de ses besoins électriques. La hausse de la demande absorbe une partie des nouvelles capacités La progression de la production renouvelable intervient dans un contexte de hausse continue de la consommation et de la pointe électrique. Entre les premiers semestres 2025 et 2026, la production nationale a augmenté de 492 GWh. Dans le même temps, l’électricité disponible pour le marché local a progressé de 447 GWh. L’augmentation de l’offre a donc été largement absorbée par la croissance des besoins. La pointe de 4 750 MW exerce également une pression accrue sur les capacités de production, les interconnexions et les moyens de gestion du réseau. Cette situation explique pourquoi le développement du solaire ne se traduit pas immédiatement par une disparition des achats extérieurs. Les nouvelles capacités doivent simultanément accompagner l’augmentation de la demande, remplacer progressivement la production fossile et réduire les importations. Le développement du solaire doit s’accompagner d’une adaptation du réseau Le passage de 6 % à 9,2 % d’électricité renouvelable en un an marque une évolution significative. Il montre que les investissements photovoltaïques commencent à produire un effet mesurable sur le mix national. Cette progression reste cependant concentrée sur une source intermittente. Plus la part du solaire augmente, plus le réseau doit être capable de gérer des variations rapides de production entre les heures ensoleillées, la soirée et la nuit. Le développement des renouvelables doit donc s’accompagner d’investissements dans le réseau de transport et de distribution, les interconnexions, les outils de pilotage, les capacités de réserve et, lorsque cela est économiquement justifié, les solutions de stockage. L’efficacité énergétique constitue également un levier essentiel. Sans maîtrise de la consommation, une partie des nouvelles capacités continuera d’être absorbée par la hausse de la demande, sans réduire sensiblement la dépendance au gaz et aux achats extérieurs. Une transition désormais visible, mais encore incomplète Les chiffres du premier semestre montrent que le solaire tunisien a franchi une nouvelle étape. Avec environ 630 MW installés et près de 794 GWh produits, le photovoltaïque représente désormais une composante identifiable du système électrique national. Cette évolution n’a toutefois pas encore transformé la structure fondamentale du secteur. Le gaz naturel fournit toujours plus de 90 % de la production et les achats extérieurs couvrent 10 % des besoins du marché local. L’enjeu ne consiste donc plus seulement à installer de nouvelles capacités photovoltaïques. Il faut s’assurer qu’elles produisent effectivement, qu’elles peuvent être intégrées au réseau et que leur développement progresse plus rapidement que la demande. La Tunisie avance ainsi dans sa transition électrique, mais la progression du solaire reste, pour l’instant, insuffisante pour réduire fortement sa dépendance au gaz et aux importations d’électricité. Source : Observatoire national de l’énergie et des mines, « Conjoncture énergétique à fin juin 2026 » et « Conjoncture énergétique à fin décembre 2025 ».  

Énergie : l’indépendance de la Tunisie tombe à 34 % au premier semestre 2026 et 27% sans la redevance
ECONOMIE

Énergie : l’indépendance de la Tunisie tombe à 34 % au premier semestre 2026 et 27% sans la redevance

17/08/2026 14:22 25 vues Par Moez Hadidane

Le déficit du bilan d’énergie primaire s’est creusé de 10 % à fin juin, pour atteindre 3,1 millions de tonnes équivalent pétrole. Le recul de la redevance sur le transit du gaz algérien et la hausse de la consommation de produits pétroliers ont pesé davantage que la forte progression de l’électricité renouvelable. La dépendance énergétique de la Tunisie s’est encore accentuée au premier semestre 2026. D’après la nouvelle note de conjoncture de l’Observatoire national de l’énergie et des mines, les ressources d’énergie primaire ont diminué de 8 % sur un an, tandis que la demande progressait de 3 %. L’écart entre les ressources disponibles et les besoins du pays a ainsi atteint 3,129 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), contre 2,838 Mtep à fin juin 2025. Le déficit du bilan d’énergie primaire s’est donc aggravé d’environ 10 % en un an. Cette évolution ne se résume pas à la facture des importations. Elle traduit un déséquilibre physique : la Tunisie produit et reçoit sous forme de redevance une part de plus en plus faible de l’énergie qu’elle consomme. Le taux d’indépendance énergétique est ainsi tombé à 34 %, contre 38 % un an auparavant. Des ressources en baisse face à une demande croissante Les ressources d’énergie primaire se sont établies à 1,615 Mtep au premier semestre 2026, contre 1,756 Mtep durant la même période de 2025. Elles ont donc reculé de près de 141 000 tonnes équivalent pétrole. La production de pétrole brut a diminué de 6 %, passant de 648 000 à 609 000 tep. Les ressources de GPL primaire ont reculé de 12 %, à 55 000 tep. Les ressources gazières, qui regroupent la production nationale (-1%) et la redevance sur le transit du gaz algérien (-27%), ont baissé de 12 %, de 997 000 à 877 000 tep. Dans le même temps, la demande nationale d’énergie primaire est passée de 4,594 à 4,744 Mtep. Cette progression de 3 % provient principalement des produits pétroliers, dont la consommation a augmenté de 7 %, à 2,420 Mtep. Les produits pétroliers représentent désormais 51 % de la demande primaire, contre 49 % un an plus tôt. La part du gaz naturel a, en revanche, diminué de 50 % à 47 %, sa consommation ayant reculé de 2 %, à 2,250 Mtep. La hausse des besoins pétroliers, associée à la diminution des ressources nationales et de la redevance-gaz, explique ainsi l’élargissement du déficit primaire. Un taux d’indépendance qui tomberait à 27 % sans la redevance-gaz Le taux d’indépendance énergétique correspond au rapport entre les ressources d’énergie primaire et la consommation primaire. Avec 1,615 Mtep de ressources pour une demande de 4,744 Mtep, il s’établit à environ 34 % au premier semestre 2026. Ce calcul inclut la redevance perçue par l’État tunisien au titre du passage, sur le territoire national, des gazoducs transportant du gaz algérien vers l’Italie. L’Observatoire considère cette redevance comme une ressource énergétique nationale lorsqu’elle est reçue en nature ou mise à la disposition de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. Sans cette redevance, le taux d’indépendance ne serait que de 27 %, contre 29 % à fin juin 2025. Le déficit primaire atteindrait alors 3,440 Mtep, au lieu de 3,129 Mtep dans le calcul qui intègre la redevance. Cette double présentation permet de distinguer les ressources effectivement produites dans le pays de l’avantage énergétique tiré du transit du gaz algérien. Elle montre également que la dépendance extérieure de la Tunisie est plus importante que ne le suggère le seul taux officiel de 34 %. La redevance sur le gaz algérien recule de 27 % La redevance-gaz s’est limitée à 311 000 tep au premier semestre, contre 424 000 tep un an auparavant, soit une diminution de 27 %. Cette baisse de 113 000 tep représente à elle seule environ 80 % du recul total des ressources d’énergie primaire enregistré entre les deux périodes. Le niveau de la redevance dépend notamment des quantités de gaz algérien transitant par la Tunisie vers l’Italie. Une diminution des flux réduit donc directement la quantité ou la valeur revenant à l’État tunisien. À fin juin 2026, la totalité de la redevance disponible a été cédée à la STEG. L’Observatoire signale également un dépassement de 41 millions de mètres cubes des prélèvements de l’entreprise publique sur la part revenant à l’État, en cours de régularisation. Cette comptabilisation énergétique doit être distinguée de celle de la balance des paiements. La Banque centrale classe la redevance-gaz parmi les crédits des services de transport, qu’elle soit versée en espèces ou reçue en nature. En 2024, sa valeur totale avait atteint 1,688 milliard de dinars, dont 230,6 millions sous forme de flux financiers et 1,458 milliard en nature. Dans le bilan énergétique de l’Observatoire, c’est la quantité de gaz disponible qui est déterminante. Dans la balance des paiements, c’est la valeur économique du service de transit fourni par la Tunisie qui est enregistrée. Les deux traitements répondent donc à des objectifs statistiques différents. Les achats de gaz algérien compensent la baisse de la redevance La production nationale de gaz commercial sec a relativement résisté, avec un recul limité à 1 %, de 574 000 à 566 000 tep. Mais cette stabilité ne suffit pas à couvrir les besoins. Les achats de gaz algérien ont augmenté de 7 %, pour atteindre 1,376 Mtep. Ils représentent désormais 61 % de l’approvisionnement national en gaz, contre 56 % au premier semestre 2025. La production tunisienne en fournit environ 25 %, tandis que la part de la redevance cédée à la STEG est tombée de 19 % à 14 %. La structure de l’approvisionnement s’est donc déplacée vers des achats payants. La baisse de la redevance ne provoque pas nécessairement une pénurie physique si elle est compensée par des importations supplémentaires, mais elle renforce la dépendance financière de la Tunisie envers le gaz acheté à l’étranger. La production électrique augmente de 5 % La production nationale d’électricité a atteint 9 550 gigawattheures (GWh) au premier semestre, contre 9 058 GWh un an auparavant, soit une progression de 5 %. Ce total inclut l’autoproduction renouvelable. La STEG a produit 8 655 GWh, en hausse de 1 %. Le gaz naturel demeure toutefois la source dominante : il a permis de produire 8 565 GWh, en progression de 2 %, et représente encore 90,8 % du mix électrique national. La quantité d’électricité disponible pour le marché local, qui additionne la production nationale, les échanges et les achats extérieurs, a augmenté de 4 %, à 10 596 GWh. Les achats d’électricité auprès de Sonelgaz en Algérie et de la Gecol en Libye se sont établis à 1 016 GWh, contre 1 030 GWh un an plus tôt. Ils ont donc légèrement diminué de 1 %, mais couvrent encore environ 10 % des besoins du marché local. Les flux proviennent principalement de l’Algérie. L’augmentation de la production nationale n’a donc pas supprimé le recours aux achats extérieurs. Ceux-ci restent nécessaires pour compléter l’offre et équilibrer le réseau, notamment pendant les périodes de forte demande. La pointe électrique a d’ailleurs atteint 4 750 mégawatts à fin juin, en hausse de 5 % sur un an. Le solaire progresse, mais le gaz domine toujours le mix La production d’électricité primaire renouvelable a progressé de 57 %, passant de 47 000 à 74 000 tep. Sa part dans la demande d’énergie primaire a ainsi augmenté de 1 % à 2 %. Elle ne représente toutefois que 5 % de l’ensemble des ressources primaires disponibles. Dans le secteur électrique, la part des renouvelables a atteint 9,2 % de la production nationale, contre environ 6 % au premier semestre 2025. Cette amélioration est principalement portée par le solaire. La production des centrales photovoltaïques exploitées par des producteurs indépendants est passée de 30 à 290 GWh, soit une hausse de 871 %. L’autoproduction solaire a progressé de 42 %, de 341 à 485 GWh. En revanche, la production éolienne a chuté de 57 %, à 66 GWh, tandis que l’hydraulique est resté marginal avec 6 GWh. La Tunisie comptait, à fin juin, environ 500 MW de panneaux photovoltaïques installés sur les toitures résidentielles et 130 MW raccordés aux réseaux de moyenne et haute tension dans l’industrie, les services et l’agriculture. Ces capacités contribuent désormais plus visiblement à la production. Elles restent néanmoins insuffisantes pour modifier rapidement le bilan primaire, car l’électricité renouvelable représente encore une faible part de la consommation énergétique totale, dominée par les produits pétroliers et le gaz. Une dépendance devenue plus coûteuse et plus structurelle Le déficit commercial énergétique a atteint environ 7 milliards de dinars au premier semestre, mais ce montant ne constitue que la traduction financière d’un déséquilibre plus profond. Le pays doit satisfaire une demande de 4,744 Mtep avec seulement 1,615 Mtep de ressources comptabilisées, redevance-gaz comprise. La progression du solaire constitue un signal favorable, mais elle intervient parallèlement à une hausse de la consommation pétrolière, à une baisse de la redevance-gaz et au maintien d’achats importants de gaz et d’électricité. La réduction de la dépendance énergétique suppose donc plusieurs évolutions simultanées : ralentir le recul de la production nationale d’hydrocarbures, maîtriser la demande de produits pétroliers, accélérer les projets renouvelables et améliorer l’intégration de leur production au réseau. À court terme, la redevance sur le transit du gaz algérien continuera également de jouer un rôle déterminant. Incluse dans le calcul officiel, elle porte le taux d’indépendance de 27 % à 34 %. Sa baisse montre cependant que la Tunisie ne peut pas considérer cette ressource comme un substitut stable à sa propre production. Sources : Observatoire national de l’énergie et des mines, « Conjoncture énergétique à fin juin 2026 » et « Conjoncture énergétique à fin décembre 2025 » ; Banque centrale de Tunisie, « Balance des paiements et position extérieure globale de la Tunisie ».

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