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ECONOMIE

Tunisie : les réserves en devises perdent 623 MD en une journée, le refinancement des banques bondit de 680 MD

Tunisie : les réserves en devises perdent 623 MD en une journée, le refinancement des banques bondit de 680 MD

Les avoirs nets en devises de la Banque centrale de Tunisie (BCT) ont reculé de 623,1 millions de dinars (MD) sur la seule journée du mercredi 30 septembre 2026. Le même jour, le volume global de refinancement des banques a bondi de 680 MD. La simultanéité des deux mouvements n'est pas fortuite, mais elle n'est pas mécanique non plus.

Selon les indicateurs quotidiens de la BCT, les réserves en devises sont passées de 24 465,7 MD le 29 septembre à 23 842,6 MD le 30 septembre. Exprimées en jours d'importation, elles reculent de 96 à 93 jours, le coût d'une journée d'importation étant estimé à 255,5 MD.

Dans le même temps, l'encours du refinancement accordé par la BCT aux banques a atteint 8 846,9 MD, contre 8 166,9 MD la veille et 7 783,9 MD deux jours plus tôt. En deux séances, les banques ont donc sollicité 1 063 MD supplémentaires auprès de l'Institut d'émission.

Réserves : l'échéance Afreximbank pèse pour moitié

La moitié de la baisse des réserves s'explique par le remboursement d'une échéance due par l'État à l'Afreximbank. Son montant s'élève à 314,2 MD.

Ce paiement a été effectué depuis le compte courant du Trésor à la BCT. Ce compte n'a pourtant reculé que de 50,6 MD, de 1 612,1 MD à 1 561,5 MD. L'explication tient au calendrier : le 30 septembre était aussi la date de règlement de l'adjudication des bons du Trésor assimilables (BTA) du 22 septembre. Le Trésor y a levé 223,5 MD en nominal, à des taux moyens pondérés compris entre 8,34 % et 8,79 %.

Voir notre article : Adjudication de BTA : le Trésor lève 223,5 MDT

Le reliquat de la baisse des réserves, soit 308,9 MD, correspondrait à des cessions de devises par la BCT au système bancaire. Elles serviraient notamment au règlement d'importations, sans exclure d'autres paiements extérieurs.

Refinancement : trois besoins cumulés

La hausse de 680 MD du refinancement est passée exclusivement par la facilité de prêt à 24h. Son encours est remonté de 390 MD à 1 070 MD. Les autres instruments sont restés inchangés : appel d'offres à 2 600 MD, opérations à plus long terme à 1 896 MD, open market à 3 845,9 MD. Ce recours au guichet de dernière heure signale un besoin de liquidité constaté en fin de journée.

Trois facteurs l'expliquent :

  1. Le règlement des BTA. En souscrivant les titres, les banques ou leurs clients institutionnels ont transféré environ 223,5 MD au compte du Trésor. Ces dinars ont contribué à financer l'échéance de l'Afreximbank. Le remboursement de la dette extérieure a donc pesé sur la trésorerie des banques, de façon indirecte.
  2. La fin de trimestre. Les comptes courants des banques à la BCT ont bondi de 277,2 MD, de 359,7 MD à 636,9 MD. Cette part du refinancement n'a pas servi à couvrir une fuite de liquidité. Elle reflète la constitution des réserves obligatoires ou une précaution avant l'arrêté des comptes au 30 septembre.
  3. Les achats de devises. Le reliquat, de l'ordre de 180 MD, correspondrait à une partie des devises achetées par les banques auprès de la BCT, réglées en dinars.

Le retour de 27 MD de billets dans les caisses de la BCT a légèrement atténué ces besoins.

Lecture croisée de la journée du 30 septembre 2026

Ventilation indicative, établie à partir des indicateurs quotidiens de la BCT et du calendrier de l'adjudication des BTA. La liquidité étant fongible, l'affectation de chaque montant à un usage précis relève de la reconstitution comptable. Le chiffre des réserves du jour est provisoire.

Un lien réel, mais partiel

La baisse des réserves et la hausse du refinancement sont bien liées, par deux canaux. Le premier est indirect : les dinars levés auprès des banques par l'émission de BTA ont servi à honorer l'échéance de l'Afreximbank. Le second est direct : les devises cédées aux banques ont été payées en dinars, aux dépens de leur trésorerie.

Mais près de 280 MD du refinancement supplémentaire sont restés sous forme de dépôts des banques à la BCT. C'est le signe d'un besoin propre à la fin de trimestre, sans lien avec les devises. Les indicateurs des prochains jours diront si le recours à la facilité de prêt à 24h retombe une fois cette échéance passée.

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