Les avoirs nets en devises de la Banque centrale de Tunisie ont atteint 25,512 milliards de dinars au 28 août 2026. La progression des recettes touristiques et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, conjuguée au recul du service de la dette extérieure, contribue à la reconstitution du matelas de change.
Les réserves en devises de la Tunisie ont retrouvé, le 28 août 2026, l’équivalent de 100 jours d’importation, selon les indicateurs monétaires et financiers quotidiens publiés par la Banque centrale de Tunisie (BCT). Leur valeur s’est établie à 25 512,1 millions de dinars, contre 25 292,7 millions de dinars la veille, soit une progression journalière de 219,4 millions de dinars.
Ce retour au seuil symbolique des 100 jours confirme le redressement progressif observé depuis la forte baisse enregistrée à la mi-juillet. Les réserves restent néanmoins légèrement inférieures à leur niveau de couverture précédant le remboursement de l’Eurobond, qui atteignait 101 jours d’importation.
Huit jours de couverture reconstitués depuis l’Eurobond
Le règlement en date de valeur du 14 juillet 2026 de l’Eurobond arrivé à échéance avait provoqué une diminution immédiate de neuf jours de couverture. Les réserves étaient alors passées de 101 à 92 jours d’importation, sous l’effet de la sortie de devises mobilisées pour honorer cette échéance extérieure.

Depuis le remboursement de l’Eurobond, la Tunisie a reconstitué huit des neuf jours de couverture perdus, mais cette remontée s’est opérée en plusieurs étapes. Le rebond le plus important est intervenu le 6 août 2026, lorsque les réserves sont passées de 92 à 98 jours d’importation, à la faveur de l’encaissement probable de la première tranche de 427 millions de dollars du prêt accordé par Afreximbank. La couverture a ensuite gagné trois jours supplémentaires pour atteindre 100 jours au 28 août. Le choc provoqué par l’échéance obligataire a ainsi été presque entièrement absorbé, sans être totalement effacé, puisque le niveau atteint demeure inférieur d’une journée à celui observé avant le règlement de l’Eurobond.
Cette reconstitution ne résulte toutefois pas uniquement des flux courants de devises. Une part substantielle du redressement provient d’un nouvel emprunt extérieur, qui renforce immédiatement les avoirs en devises mais accroît parallèlement les engagements futurs de la Tunisie. Les recettes touristiques, les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, les exportations, les importations, les investissements, les autres financements extérieurs et le service de la dette ont également contribué à l’évolution des réserves, notamment à leur progression entre le 6 et le 28 août.
Tourisme et transferts dépassent 10,9 milliards de dinars
Les deux principales sources courantes de devises ont continué de progresser. Au 20 août 2026, les recettes touristiques cumulées ont atteint 5 127,5 millions de dinars, contre 4 885 millions de dinars à la même date de 2025, soit une hausse de 5 % correspondant à 242,5 millions de dinars supplémentaires.
Les revenus du travail, constitués principalement des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger, se sont élevés à 5 868,7 millions de dinars, en progression de 5,4 % par rapport aux 5 568,3 millions de dinars enregistrés un an auparavant. L’apport additionnel ressort ainsi à 300,4 millions de dinars.
Réunies, les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens à l’étranger ont atteint 10 996,2 millions de dinars, contre 10 453,3 millions de dinars au 20 août 2025. Leur augmentation globale s’établit à 5,2 %, soit 542,9 millions de dinars.
Une charge de la dette extérieure nettement allégée
Parallèlement à l’amélioration de ces entrées, les paiements cumulés au titre du service de la dette extérieure ont sensiblement diminué. Ils se sont établis à 7 962,9 millions de dinars au 20 août 2026, contre 9 584,1 millions de dinars un an plus tôt.
Le recul atteint ainsi 16,9 %, soit une diminution de 1 621,2 millions de dinars. Cette baisse réduit la pression exercée par les remboursements extérieurs sur les ressources en devises, après une première partie de l’année marquée par d’importantes échéances, dont celle de l’Eurobond en juillet.
La combinaison d’entrées courantes en progression et d’un service de la dette moins élevé améliore donc l’environnement des réserves de change. Le retour à 100 jours d’importation constitue un signal de normalisation après le choc de juillet, même si la solidité durable du matelas de devises dépendra également de l’évolution du déficit commercial et de la capacité de l’économie tunisienne à générer des ressources extérieures plus diversifiées.


Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.