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Sociétés cotées : les revenus progressent de 4,2 % au premier semestre 2026, mais les trajectoires divergent
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Sociétés cotées : les revenus progressent de 4,2 % au premier semestre 2026, mais les trajectoires divergent

05/08/2026 00:15 59 vues Par La rédaction

Les sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont poursuivi leur croissance au premier semestre 2026, mais derrière la progression d’ensemble se dessinent des trajectoires profondément contrastées. Portés principalement par les sociétés financières, les groupes agroalimentaires et certaines valeurs industrielles, leurs revenus cumulés ont atteint 12,686 milliards de dinars à fin juin, contre 12,171 milliards de dinars un an auparavant, soit une hausse de 4,2 %. Cette évolution représente un apport supplémentaire de près de 515 millions de dinars en un an. La croissance demeure toutefois concentrée : les sociétés financières et les biens de consommation expliquent, à eux seuls, l’essentiel de l’augmentation observée. À l’opposé, les matériaux de base enregistrent une contraction marquée, tandis que la santé, le pétrole et gaz ainsi que plusieurs entreprises de distribution ou de biens durables terminent le semestre en recul. Sur les 71 sociétés ayant publié leurs indicateurs à la date d’élaboration du rapport, 46 ont amélioré leurs revenus par rapport au premier semestre 2025, soit près des deux tiers de l’échantillon. Les données de quatre sociétés — AETECH, TUNISAIR, SIPHAT et UADH — n’étaient pas encore disponibles. Les sociétés financières, premier moteur de la croissance Avec 5,203 milliards de dinars de revenus cumulés, contre 4,910 milliards un an plus tôt, les sociétés financières affichent une progression de 6 %. Elles génèrent ainsi près de 57 % de l’augmentation totale des revenus des sociétés cotées. Les banques, qui constituent le premier compartiment de ce secteur, ont réalisé un produit net bancaire cumulé de 3,786 milliards de dinars, en hausse de 4,9 %. Onze des douze établissements cotés améliorent leur PNB, mais avec des rythmes très différenciés. La BTE enregistre la plus forte progression relative, avec une hausse de 25,6 %, à 43,8 millions de dinars. Elle devance Wifack International Bank, dont le PNB augmente de 19,9 %, et Amen Bank, qui affiche une croissance de 17,7 %, à 362,4 millions de dinars. En valeur absolue, Amen Bank réalise l’une des contributions les plus importantes du secteur, avec près de 54,4 millions de dinars de PNB supplémentaire. La Banque de Tunisie se distingue également par une progression de 11,8 %, tandis que l’UBCI enregistre une hausse de 10,1 %. La BIAT conserve, de loin, le premier PNB du secteur, à 802,7 millions de dinars, mais sa croissance se limite à 1,9 %. Elle devance la BNA, dont le PNB atteint 559,1 millions de dinars, en hausse de 4,1 %. La STB constitue la seule exception à la tendance positive. Son PNB recule de 10,5 %, passant de 350,4 à 313,8 millions de dinars, soit une diminution de 36,6 millions de dinars. Les assurances accélèrent. Les compagnies d’assurances cotées réalisent une performance plus soutenue. Leurs primes émises cumulées progressent de 9,8 %, pour atteindre 1,082 milliard de dinars contre 985,2 millions un an auparavant. BH Assurance signe la plus forte croissance du compartiment, avec une hausse de 28,1 % de ses primes émises, à 140,1 millions de dinars. Assurances Maghrebia Vie progresse de 14,2 %, tandis qu’Assurances Maghrebia affiche une augmentation de 12,1 %. STAR demeure la première compagnie cotée en matière de primes émises, avec 271,3 millions de dinars au premier semestre 2026, en progression de 7,6 %. Toutes les sociétés du compartiment enregistrent une évolution positive, même si Tunis Re affiche une croissance plus modérée de 2,2 %. Les services financiers progressent, pour leur part, de 6,3 %, à 334,9 millions de dinars. La hausse est notamment portée par CIL, BH Leasing et Tunisie Leasing et Factoring. Les évolutions spectaculaires de certaines petites structures doivent néanmoins être interprétées avec prudence : la progression de 835,3 % de Tuninvest Sicar repose sur une base de comparaison particulièrement faible, ses revenus passant de 305 000 dinars à 2,9 millions de dinars. Distribution : la grande distribution compense le recul de l’automobile Les services aux consommateurs affichent une croissance plus contenue de 2,6 %, avec des revenus cumulés de 1,957 milliard de dinars. Cette évolution masque une nette divergence entre la grande distribution et les concessionnaires automobiles. Magasin Général et Monoprix enregistrent respectivement des progressions de 7,3 % et 7,5 %. Leurs chiffres d’affaires cumulés dépassent désormais le milliard de dinars, atteignant près de 1,003 milliard. Dans la distribution de produits technologiques, Smart Tunisie réalise une croissance de 15,3 %, à 222,3 millions de dinars. STA se distingue également avec une hausse de 23,2 %, portant son chiffre d’affaires à 90,6 millions de dinars. Le bilan est en revanche beaucoup moins favorable pour plusieurs concessionnaires. Le chiffre d’affaires d’ARTES recule de 26,7 %, soit une baisse de près de 49 millions de dinars, tandis que City Cars enregistre une contraction de 8,6 %. ENNAKL Automobiles résiste mieux, avec une progression de 2,2 %. Cellcom affiche, de son côté, une baisse de 30,2 %, son chiffre d’affaires revenant de 27,3 à 19,1 millions de dinars. L’agroalimentaire consolide son rôle de pilier. Les biens de consommation réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 4,016 milliards de dinars, en progression de 5 %. Ce secteur apporte près de 192 millions de dinars de revenus supplémentaires par rapport au premier semestre 2025. L’agroalimentaire et les boissons en constituent le principal moteur, avec une croissance de 6,3 %, à 3,361 milliards de dinars. Poulina Group Holding joue un rôle déterminant dans cette évolution. Son chiffre d’affaires augmente de 7,9 %, passant de 1,964 à 2,118 milliards de dinars. À elle seule, la holding génère près de 154,5 millions de dinars de revenus supplémentaires, soit environ 30 % de la hausse globale enregistrée par l’ensemble des sociétés cotées. Land’Or réalise la plus forte progression du compartiment, avec une croissance de 14,9 %, à 110,8 millions de dinars. SFBT améliore son chiffre d’affaires de 6 %, à 379,3 millions de dinars, tandis que Délice Holding affiche une progression plus limitée de 1 %, à 752,8 millions. La situation est nettement plus difficile dans les produits ménagers et de soins personnels, dont les revenus cumulés stagnent, avec une légère baisse de 0,1 %. La progression de SAH Lilas, dont le chiffre d’affaires augmente de 5,5 %, et celle d’OfficePlast, en hausse de 4,8 %, compensent presque entièrement les fortes contractions d’Euro-Cycles et de New Body Line. Euro-Cycles voit ainsi son chiffre d’affaires chuter de 45 %, à 30,8 millions de dinars, tandis que celui de New Body Line recule de 41 %, à 2,6 millions. Dans les automobiles et équipementiers, le chiffre d’affaires cumulé diminue de 5,2 %. La hausse de 7,1 % enregistrée par la STIP ne suffit pas à compenser la baisse de 19,7 % d’ASSAD. L’industrie progresse malgré les difficultés des cimentiers. Les sociétés industrielles cotées réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 1,022 milliard de dinars, en hausse de 5,4 %. Les biens et services industriels enregistrent une progression de 7 %, portée notamment par One Tech Holding, dont les revenus atteignent 576 millions de dinars, en hausse de 5,7 %. SOTUVER affiche une croissance plus vigoureuse de 27,2 %, avec un chiffre d’affaires de 69,8 millions de dinars. À l’inverse, SIAME accuse un recul de 11,6 %. Dans le bâtiment et les matériaux de construction, la croissance globale se limite à 2,3 %. MPBS progresse de 22 %, SOMOCER de 11,6 % et SITS de 50,7 %. La hausse de 1 691,1 % affichée par SIMPAR doit cependant être relativisée, le chiffre d’affaires de la société passant d’une base exceptionnellement faible de 697 000 dinars à 12,5 millions de dinars. Les cimentiers demeurent sous pression. Le chiffre d’affaires de Carthage Cement recule de 5,7 %, à 173,1 millions de dinars, tandis que celui des Ciments de Bizerte diminue de 16,9 %. Essoukna enregistre également une contraction prononcée de 35,1 %. Les matériaux de base enregistrent la plus forte contraction Les matériaux de base constituent le principal point faible du semestre. Les revenus cumulés du secteur chutent de 21,4 %, passant de 379,2 à 297,9 millions de dinars, soit une perte de plus de 81 millions. La branche chimique est la plus touchée, avec une contraction de 33,6 %. ICF voit son chiffre d’affaires diminuer de 38,7 %, à 64,2 millions de dinars, tandis qu’Alkimia accuse un recul de 31,2 %. Les revenus d’Air Liquide Tunisie baissent, pour leur part, de 8,5 %. La tendance reste également négative dans les matières premières. SOTIPAPIER enregistre une baisse de 19,7 %, alors que le chiffre d’affaires de TPR recule de 11,2 %, à 152,3 millions de dinars. Les télécommunications en tête des progressions sectorielles Avec une hausse de 23,3 %, les télécommunications réalisent la meilleure performance sectorielle du premier semestre. Leur chiffre d’affaires cumulé atteint 69,6 millions de dinars. SOTETEL affiche une croissance de 24,8 %, à 20,2 millions de dinars, tandis que Tawasol Group Holding progresse de 22,7 %, à 49,3 millions. Le poids encore limité de ce secteur dans les revenus globaux des sociétés cotées réduit toutefois son influence sur la croissance d’ensemble. La technologie progresse plus modérément de 3,3 %, sur la seule base des indicateurs publiés par Telnet Holding. Le secteur du pétrole et gaz, représenté par SOTRAPIL, recule de 11,9 %, tandis que la santé affiche une baisse de 5,6 %, correspondant aux revenus d’Unimed, les indicateurs de SIPHAT n’ayant pas encore été communiqués. Une croissance solide en apparence, mais fortement concentrée La hausse de 4,2 % des revenus des sociétés cotées confirme la résilience de l’activité au premier semestre 2026. Elle ne traduit cependant pas une dynamique uniforme. La progression repose principalement sur quelques grands contributeurs, au premier rang desquels Poulina Group Holding, les sociétés financières, les enseignes de grande distribution et certaines valeurs industrielles. Parallèlement, plusieurs branches subissent des contractions importantes, notamment la chimie, les matières premières, certains concessionnaires automobiles et les biens de consommation durables. Cette concentration invite à nuancer la lecture du chiffre global. La croissance reste positive, mais elle repose davantage sur la solidité de quelques grands pôles que sur une amélioration généralisée de l’activité au sein de la cote. Les revenus correspondent au produit net bancaire pour les banques, aux primes émises pour les assurances, aux revenus nets de leasing pour les sociétés de leasing et au chiffre d’affaires hors taxes pour les autres secteurs. Leur agrégation constitue donc un indicateur général du niveau d’activité, et non une mesure homogène de la rentabilité.

Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet 4/4 : Résultat brut d’exploitation et Rentabilité opérationnelle
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Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet 4/4 : Résultat brut d’exploitation et Rentabilité opérationnelle

31/07/2026 14:35 1198 vues Par Moez Hadidane

Au premier semestre 2026, les douze banques cotées tunisiennes ont dégagé un résultat brut d’exploitation cumulé de 2,050 milliards de dinars, contre 1,976 milliard de dinars un an auparavant. Le RBE du secteur progresse ainsi de 74,4 millions de dinars, soit 3,8 %. Cette évolution demeure positive, mais elle est inférieure à la croissance de 4,9 % du produit net bancaire. Les banques n’ont donc pas transformé intégralement l’augmentation de leurs revenus en résultat opérationnel supplémentaire. La principale explication réside dans la progression des charges opératoires, qui ont augmenté de 6,3 %, soit plus rapidement que le PNB. Les autres produits d’exploitation ont parallèlement reculé de 7,6 %, mais leur montant reste très faible au regard du PNB et leur incidence sur le RBE sectoriel demeure limitée. Le taux de marge sur RBE, qui mesure la proportion du PNB conservée après déduction des salaires et des charges générales d’exploitation, hors dotations aux amortissements des immobilisations propres, est ainsi passé de 54,73 % au premier semestre 2025 à 54,14 % au premier semestre 2026. Le secteur conserve donc un niveau de rentabilité opérationnelle élevé, mais sa marge se contracte de 0,59 point de pourcentage, soit environ 59 points de base. Cette évolution masque toutefois des situations très contrastées. Amen Bank enregistre la plus forte augmentation du RBE en valeur, tandis que la Banque de Tunisie combine une forte croissance du résultat opérationnel avec la meilleure marge du secteur. À l’inverse, la STB subit une baisse très importante de son RBE, sous l’effet simultané du recul de son PNB et de la hausse de ses charges. Le RBE du secteur franchit les 2 milliards de dinars. Le résultat brut d’exploitation cumulé des banques cotées atteint 2,050 milliards de dinars au 30 juin 2026, contre 1,976 milliard de dinars au 30 juin 2025. La hausse de 74,4 millions de dinars, soit 3,8 %, résulte de trois mouvements : une progression de 177 millions de dinars du PNB (+4,9%) ; une augmentation de 102,6 millions de dinars des charges opératoires (+6,3%) ; une baisse d’environ 0,9 million de dinars des autres produits d’exploitation. L’augmentation des charges a donc absorbé près de 58 % du PNB supplémentaire généré par les banques au cours du semestre. Cette évolution explique pourquoi le RBE progresse moins rapidement que les revenus. Pour chaque dinar de PNB supplémentaire, le secteur n’a conservé qu’environ 42 centimes sous forme de résultat brut d’exploitation additionnel. La performance opérationnelle demeure néanmoins positive, puisque les revenus ont encore permis de couvrir l’intégralité de la hausse des coûts et de dégager un supplément de RBE. La qualité de cette croissance varie cependant fortement selon les banques. Certains établissements ont enregistré une amélioration reposant sur une progression rapide du PNB, tandis que d’autres ont vu leurs charges absorber une part importante, voire la totalité, des revenus supplémentaires. Amen Bank réalise la plus forte hausse du RBE Amen Bank enregistre la première progression du secteur en valeur absolue. Son résultat brut d’exploitation passe de 194,8 millions de dinars au premier semestre 2025 à 240,3 millions de dinars au premier semestre 2026. Il augmente ainsi de 45,5 millions de dinars, soit 23,3 %. Cette performance explique plus de 61 % de la hausse totale du RBE des banques cotées. La progression provient principalement de l’augmentation de 54,4 millions de dinars du PNB. Les charges opératoires ont parallèlement augmenté de 8,9 millions de dinars, tandis que les autres produits d’exploitation sont restés presque stables. Amen Bank a donc conservé sous forme de RBE plus de 83 % de la hausse de son PNB. Cette forte conversion des revenus supplémentaires en résultat opérationnel lui permet également d’améliorer sensiblement son taux de marge. Le RBE représente désormais 66,29 % du PNB d’Amen Bank, contre 63,24 % un an auparavant. La marge augmente de 3,05 points de pourcentage, soit 305 points de base. Amen Bank se rapproche ainsi de la Banque de Tunisie, qui conserve la meilleure rentabilité opérationnelle du secteur. La performance d’Amen Bank résulte néanmoins en grande partie de la forte progression des revenus du portefeuille-titres, qui avait compensé la baisse de sa marge nette d’intérêt. La qualité de la croissance du RBE demeure donc étroitement liée à la capacité de la banque à maintenir ses revenus financiers. La Banque de Tunisie affiche la deuxième plus forte progression. La Banque de Tunisie enregistre une augmentation de 24,9 millions de dinars de son RBE, qui atteint 200,3 millions de dinars au premier semestre 2026. La croissance ressort à 14,2 %. Cette progression est inférieure en valeur à celle d’Amen Bank, mais elle repose sur une structure de revenus différente. La Banque de Tunisie avait bénéficié d’une forte hausse de sa marge nette d’intérêt, contrairement à la majorité des banques du secteur. Son PNB progresse de 30,9 millions de dinars, alors que ses charges opératoires augmentent de 6 millions de dinars. Les autres produits d’exploitation apportent parallèlement une contribution positive limitée. La banque convertit ainsi environ 81 % de la progression de son PNB en RBE supplémentaire. Son taux de marge sur RBE passe de 67,16 % à 68,58 %, soit une amélioration de 1,42 point de pourcentage. Avec un RBE représentant près de 69 % de son PNB, la Banque de Tunisie affiche la meilleure marge opérationnelle parmi les douze banques cotées. Cette performance est cohérente avec son coefficient d’exploitation particulièrement faible. Seulement 31,4 % de son PNB est absorbé par les salaires et les charges générales, contre 45,9 % pour le secteur. La Banque de Tunisie combine ainsi une bonne dynamique de revenus, une maîtrise relative des coûts et une forte capacité à transformer son PNB en résultat opérationnel. Attijari Bank, UIB et BNA soutiennent également la croissance. Attijari Bank augmente son RBE de 14,1 millions de dinars, soit 7,8 %, pour atteindre 194,5 millions de dinars. La banque bénéficie d’une progression de 18,3 millions de dinars de son PNB, alors que ses charges opératoires n’augmentent que de 4,2 millions de dinars. Cette évolution favorable lui permet d’améliorer son taux de marge de 1,28 point, à 51,90 %. L’UIB affiche une hausse de 13,3 millions de dinars de son RBE, soit 11,2 %, à 132,5 millions de dinars. La croissance repose sur une augmentation de 14,8 millions de dinars du PNB, accompagnée d’une hausse très limitée des charges opératoires, de seulement 1,4 million de dinars. L’UIB parvient ainsi à conserver plus de 90 % de son PNB supplémentaire sous forme de RBE. Son taux de marge passe de 46,12 % à 48,52 %, soit une amélioration de 2,39 points de pourcentage. La banque reste légèrement en dessous de la moyenne sectorielle, mais elle réduit sensiblement l’écart. La BNA enregistre une augmentation de 12,7 millions de dinars de son résultat brut d’exploitation, soit 3,7 %, à 357,2 millions de dinars. Son PNB progresse de 22,1 millions de dinars, mais les charges opératoires absorbent 9,5 millions de dinars supplémentaires. La marge opérationnelle de la banque recule légèrement, de 64,16 % à 63,88 %, tout en restant nettement supérieure à la moyenne du secteur. Avec un RBE de 357,2 millions de dinars, la BNA demeure la deuxième banque du secteur par le niveau absolu du résultat brut d’exploitation, derrière la BIAT. La BIAT conserve le premier RBE, mais sa croissance s’interrompt. La BIAT affiche le résultat brut d’exploitation le plus élevé du secteur, à 456,5 millions de dinars au premier semestre 2026. Son RBE est toutefois presque stable par rapport aux 457,1 millions de dinars enregistrés un an auparavant. Il diminue légèrement de 0,5 million de dinars, soit 0,1 %. Cette stagnation résulte d’un effet de ciseaux défavorable. Le PNB de la BIAT progresse de 14,6 millions de dinars, soit seulement 1,9 %, alors que ses charges opératoires augmentent de 15,1 millions de dinars. Les autres produits d’exploitation diminuent parallèlement de 0,6 million de dinars. La totalité du PNB supplémentaire est donc absorbée par la hausse des coûts. Le taux de marge de la BIAT passe ainsi de 57,99 % à 56,87 %, soit une baisse de 1,12 point de pourcentage. La banque reste néanmoins au-dessus de la moyenne sectorielle de 54,14 %. Son niveau absolu de RBE demeure également le plus élevé des douze banques, grâce à la taille de son PNB. La performance montre cependant qu’une forte position sectorielle ne suffit pas à garantir une croissance du résultat opérationnel lorsque les revenus progressent moins rapidement que les charges. UBCI poursuit l’amélioration de sa rentabilité opérationnelle. L'UBCI augmente son RBE de 8,5 millions de dinars, soit 12,1 %, pour atteindre près de 79 millions de dinars. Le PNB de la banque progresse de 17,7 millions de dinars, tandis que les charges opératoires augmentent de 9,2 millions de dinars. La croissance des revenus demeure donc supérieure à celle des coûts, ce qui permet à UBCI d’améliorer légèrement sa marge opérationnelle. Le taux de RBE sur PNB passe de 40,09 % à 40,83 %, soit une progression d’environ 74 points de base. Malgré cette amélioration, UBCI demeure nettement en dessous de la moyenne sectorielle. Près de 59 % de son PNB reste absorbé par ses charges opératoires. La banque affiche toutefois une dynamique positive, portée par une croissance simultanée de son activité de crédit et de son PNB. La BTE enregistre la plus forte croissance relative. La BTE réalise la plus forte progression relative du résultat brut d’exploitation parmi les banques cotées. Son RBE passe de 4,1 millions de dinars à 9,6 millions de dinars, soit une augmentation de 5,5 millions de dinars et de 132,6 %. Cette évolution résulte de la hausse de 25,6 % de son PNB, très supérieure à l’augmentation de 11,2 % de ses charges opératoires. La BTE enregistre également la plus forte amélioration du taux de marge. Celui-ci passe de 11,88 % à 22,00 %, soit une hausse de 10,12 points de pourcentage. Cette progression est importante, mais elle doit être appréciée à partir d’un niveau initial très faible. Avec un taux de marge de seulement 22 %, la BTE reste la banque la moins rentable sur le plan opérationnel. Ses charges absorbent encore près de 78 % du PNB. La forte progression du semestre constitue donc davantage un mouvement de rattrapage qu’un alignement sur les niveaux de rentabilité du secteur. Wifak améliore son RBE grâce à la croissance de son PNB Wifak International Bank affiche une progression de 25,4 % de son résultat brut d’exploitation, qui passe de 14,8 millions de dinars à 18,5 millions de dinars. La hausse atteint 3,8 millions de dinars. Le PNB de la banque augmente de près de 10 millions de dinars, tandis que ses charges opératoires progressent de 6,2 millions de dinars. Wifak parvient ainsi à préserver une croissance positive du RBE, mais une part importante de l’amélioration des revenus est absorbée par la hausse des coûts. Le taux de marge progresse de 29,54 % à 30,91 %, soit une augmentation de 1,37 point. Malgré cette amélioration, la rentabilité opérationnelle de Wifak demeure très inférieure à la moyenne sectorielle. Cette situation peut notamment refléter sa taille plus réduite et les charges associées à son développement. Le RBE de BH Bank recule malgré la hausse du PNB. BH Bank enregistre une baisse de 6,4 millions de dinars de son résultat brut d’exploitation. Le RBE revient de 179,4 millions de dinars au premier semestre 2025 à 173 millions de dinars au premier semestre 2026, soit un recul de 3,5 %. Cette contraction intervient alors que le PNB de la banque progresse de 13,2 millions de dinars. La hausse des revenus est cependant insuffisante pour couvrir l’augmentation de 19,6 millions de dinars des charges opératoires. Les autres produits d’exploitation diminuent également légèrement. BH Bank enregistre ainsi un effet de ciseaux particulièrement défavorable : ses charges progressent de 14,1 %, contre seulement 4,2 % pour son PNB. Son taux de marge chute de 56,38 % à 52,21 %, soit une baisse de 4,17 points de pourcentage. La banque passe ainsi d’un niveau supérieur à la moyenne sectorielle à un taux légèrement inférieur à celle-ci. La dégradation reflète principalement la forte hausse des frais de personnel et des charges générales d’exploitation observée au cours du semestre. La STB concentre l’essentiel de la baisse sectorielle. La STB enregistre de loin la plus forte contraction du résultat brut d’exploitation. Son RBE passe de 184 millions de dinars au premier semestre 2025 à 135,2 millions de dinars au premier semestre 2026. La baisse atteint 48,8 millions de dinars, soit 26,5 %. À elle seule, la contraction du RBE de la STB représente près de quatre fois les baisses cumulées enregistrées par BH Bank et la BIAT. Cette évolution s’explique par la combinaison de deux facteurs défavorables : le PNB de la banque diminue de 36,6 millions de dinars, soit 10,5 % ; les charges opératoires augmentent de 12,2 millions de dinars, soit 7,3 %. Les autres produits d’exploitation progressent très légèrement, mais leur contribution reste négligeable. La banque enregistre ainsi un effet de ciseaux particulièrement marqué. La baisse des revenus et la hausse des coûts se cumulent et amplifient la contraction du résultat opérationnel. Le taux de marge de la STB chute de 52,50 % à 43,08 %, soit une baisse de 9,43 points de pourcentage, ou environ 943 points de base. Il s’agit de la plus forte détérioration parmi les banques cotées. Au premier semestre 2025, la STB conservait encore plus de la moitié de son PNB sous forme de RBE. Un an plus tard, cette proportion tombe à seulement 43 %. La banque se situe désormais plus de onze points sous la moyenne sectorielle. L’ATB affiche une rentabilité opérationnelle toujours faible. L’ATB enregistre une légère progression de son résultat brut d’exploitation, qui passe de 51,5 millions de dinars à 53,3 millions de dinars. La hausse se limite à 1,8 million de dinars, soit 3,6 %. Le PNB progresse de 8,7 millions de dinars, mais les charges opératoires augmentent de 6,8 millions de dinars. La banque ne conserve ainsi qu’environ 21 % de son PNB supplémentaire sous forme de RBE additionnel. Son taux de marge diminue légèrement, passant de 30,03 % à 29,60 %, soit une baisse de 43 points de base. L’ATB demeure ainsi parmi les banques les moins rentables sur le plan opérationnel, devant seulement la BTE. Près de 70 % de son PNB est absorbé par les charges opératoires. La banque dispose donc d’une marge limitée avant prise en compte des amortissements, du coût du risque et de la fiscalité. Les autres produits d’exploitation restent marginaux. Les autres produits d’exploitation cumulés des banques cotées s’établissent à 10,9 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 11,8 millions de dinars un an auparavant. Ils reculent de 0,9 million de dinars, soit 7,6 %. Leur poids dans le calcul du RBE reste toutefois très faible. Ils représentent moins de 0,3 % du PNB sectoriel. La BIAT concentre plus de la moitié de ces produits, avec 5,8 millions de dinars. BH Bank arrive loin derrière, avec 2,1 millions de dinars, suivie par la STB, à 1,1 million de dinars. Pour l’ATB, Attijari Bank et Wifak International Bank, aucun autre produit d’exploitation significatif n’est présenté au premier semestre. La BTE enregistre même un montant négatif de 153 000 dinars. À l’échelle du secteur, l’évolution du RBE dépend donc presque exclusivement de l’écart entre le PNB et les charges opératoires. Les autres produits ne modifient que marginalement la lecture de la rentabilité. La marge opérationnelle du secteur recule de 59 points de base. Le taux de marge sur RBE des banques cotées passe de 54,73 % au premier semestre 2025 à 54,14 % au premier semestre 2026. Il diminue de 0,59 point de pourcentage, soit environ 59 points de base. Ce ratio constitue le complément du coefficient d’exploitation, sous réserve de la faible incidence des autres produits d’exploitation. Il indique que, pour 100 dinars de PNB, les banques cotées conservent en moyenne un peu plus de 54 dinars sous forme de résultat brut d’exploitation, avant dotations aux amortissements, coût du risque, éléments exceptionnels, impôts et résultat net. Le recul sectoriel reste modéré, mais il confirme que la hausse des charges absorbe une part croissante des revenus. Cette détérioration intervient alors que la progression du PNB repose très largement sur les revenus du portefeuille-titres. La capacité du secteur à préserver sa marge dépend donc à la fois de la maîtrise des coûts et de la pérennité de cette source de revenus financiers. Banque de Tunisie et Amen Bank dominent le secteur La Banque de Tunisie affiche la meilleure marge opérationnelle, à 68,58 %. Amen Bank arrive en deuxième position, avec un taux de 66,29 %, suivie par la BNA, à 63,88 %. Ces trois banques conservent près des deux tiers de leur PNB après couverture des frais de personnel et des charges générales d’exploitation. La BIAT se situe également au-dessus de la moyenne, avec un taux de 56,87 %. Attijari Bank atteint 51,90 %, tandis que BH Bank affiche 52,21 %. Ces deux banques restent proches de la moyenne sectorielle, même si leurs trajectoires sont opposées : Attijari Bank améliore sa marge, alors que BH Bank enregistre une forte détérioration. L’UIB se situe à 48,52 %, la STB à 43,08 % et UBCI à 40,83 %. Les niveaux les plus faibles sont observés chez Wifak International Bank, avec 30,91 %, l’ATB, avec 29,60 %, et la BTE, avec 22,00 %. L’écart entre la meilleure et la moins bonne marge atteint ainsi 46,6 points de pourcentage. Six banques améliorent leur taux de marge. Sur les douze banques cotées, six enregistrent une amélioration de leur taux de marge opérationnelle : la BTE, avec une hausse de 10,12 points ; Amen Bank, avec une progression de 3,05 points ; l’UIB, avec une amélioration de 2,39 points ; la Banque de Tunisie, avec une hausse de 1,42 point ; Wifak International Bank, avec une progression de 1,37 point ; Attijari Bank, avec une amélioration de 1,28 point ; UBCI, avec une hausse plus modérée de 0,74 point. À l’inverse, la marge se contracte à la STB, BH Bank, la BIAT, l’ATB et la BNA. La STB affiche la plus forte baisse, de 9,43 points, suivie par BH Bank, avec un recul de 4,17 points. La BIAT perd 1,12 point, tandis que les replis restent limités à l’ATB et à la BNA. Les améliorations les plus significatives sont généralement observées lorsque la croissance du PNB dépasse nettement celle des charges opératoires. Les détériorations apparaissent, au contraire, lorsque les coûts augmentent plus rapidement que les revenus ou lorsque le PNB recule. Une rentabilité opérationnelle encore solide, mais plus dispersée Le secteur bancaire coté conserve au premier semestre 2026 une rentabilité opérationnelle globalement élevée. Le RBE dépasse 2 milliards de dinars et progresse de 3,8 %. Le secteur conserve plus de 54 % de son PNB après couverture des charges opératoires (hors dotations aux amortissements sur immobilisations propres). Cette performance est toutefois moins favorable que ne le laisse penser la seule croissance du PNB. Les revenus progressent de près de 5 %, mais les charges augmentent de plus de 6 %. La marge opérationnelle se contracte donc légèrement. La moyenne sectorielle dissimule surtout une forte dispersion des performances. Amen Bank et la Banque de Tunisie combinent une croissance importante du RBE et une amélioration de leur marge. La BNA et la BIAT conservent des niveaux de rentabilité élevés, mais leur dynamique est moins favorable. Attijari Bank, l’UIB et UBCI améliorent leur conversion du PNB en résultat opérationnel. À l’inverse, BH Bank subit une hausse des coûts beaucoup plus rapide que celle de ses revenus. La STB cumule une baisse du PNB et une augmentation des charges, entraînant une chute de plus d’un quart de son RBE. La BTE enregistre un rattrapage très important, mais son niveau de marge reste le plus faible du secteur. L’ATB et Wifak International Bank demeurent également confrontées à une structure de coûts lourde par rapport à leur PNB. Le premier semestre 2026 montre ainsi que la croissance des revenus ne suffit pas à elle seule à garantir une amélioration de la rentabilité opérationnelle. La capacité à maîtriser les charges et à transformer le PNB supplémentaire en RBE devient le principal facteur de différenciation entre les banques cotées. Dans un contexte où le PNB dépend de plus en plus des revenus du portefeuille-titres, les banques devront également veiller à ne pas laisser une hausse structurelle de leurs coûts reposer sur une source de revenus potentiellement plus volatile. La rentabilité opérationnelle du secteur reste solide, mais elle devient plus inégale et davantage tributaire de la discipline de coûts propre à chaque établissement.

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