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Sociétés Analyses financières Technique

Économie – Économie nationale

Conjoncture tunisienne, politiques publiques, finances publiques et indicateurs locaux suivis par TeraFinances.

Budget de l’État 2027 : le déficit budgétaire bondit de 31,7 % à près de 15 milliards de dinars
ECONOMIE

Budget de l’État 2027 : le déficit budgétaire bondit de 31,7 % à près de 15 milliards de dinars

15/10/2026 23:22 35 vues Par Tera Finances

Le budget de l’État tunisien pour l’exercice 2027 devrait atteindre 82,402 milliards de dinars, contre 79,624 milliards de dinars inscrits dans la loi de finances 2026, soit une progression de 3,5 %. Derrière cette hausse relativement modérée de l’enveloppe globale se dessine une dégradation plus marquée de l’équilibre budgétaire : le déficit avant dons devrait s’établir à 14,965 milliards de dinars, en augmentation de 31,7 % par rapport aux prévisions initiales pour 2026. Le recours à l’endettement intérieur demeurerait prépondérant, avec notamment 9,8 milliards de dinars de financement auprès de la Banque Centrale de Tunisie (BCT). Des dépenses qui progressent plus rapidement que les recettes Les prévisions budgétaires pour 2027 font apparaître un décalage croissant entre le rythme d’évolution des recettes propres de l’État et celui de ses dépenses courantes. Les recettes propres, hors dons, devraient atteindre 53,930 milliards de dinars, en progression de 3,3 % par rapport aux montants inscrits dans la loi de finances 2026. En parallèle, les dépenses courantes sont projetées à 68,895 milliards de dinars, enregistrant une hausse nettement plus soutenue de 8,4 %. Cette divergence constitue l’un des principaux traits du budget 2027 : alors que les recettes augmenteraient à un rythme relativement limité, les dépenses progresseraient plus de deux fois plus rapidement, accentuant mécaniquement le déséquilibre des finances publiques. Un déficit budgétaire avant dons proche de 15 milliards de dinars Conséquence directe de cette évolution, le déficit budgétaire avant dons devrait atteindre 14,965 milliards de dinars en 2027 (7,5% du PIBe), contre 11,365 milliards de dinars (6,1% du PIBe) prévus par la loi de finances 2026. L'aggravation serait ainsi de 3,6 milliards de dinars en une seule année, soit une augmentation de 31,7 %. En valeur nominale, ce montant constituerait un niveau historique pour le déficit budgétaire avant dons. Les dons extérieurs, pour leur part, resteraient inchangés à 350 millions de dinars. Leur contribution ne permettrait donc pas de compenser la dégradation du solde budgétaire. Après prise en compte de ces dons, le déficit budgétaire ressortirait à 14,615 milliards de dinars. Le remboursement du principal de la dette recule de 16 % Parallèlement à l'élargissement du déficit, les remboursements du principal de la dette publique devraient diminuer de 16 % par rapport aux prévisions de 2026, pour s'établir à 13,307 milliards de dinars. Cette enveloppe se répartirait entre : 6,823 milliards de dinars au titre du remboursement du principal de la dette intérieure ; 6,484 milliards de dinars au titre du remboursement du principal de la dette extérieure. Les dépenses relatives aux prêts et avances nets du Trésor resteraient, quant à elles, inchangées à 200 millions de dinars. La diminution des remboursements en principal contribuerait à limiter la progression du besoin global de financement, malgré l'aggravation significative du déficit budgétaire. Un besoin de financement de 28,122 milliards de dinars En additionnant le déficit budgétaire après dons, les remboursements du principal de la dette et les prêts et avances nets du Trésor, le besoin global de financement de l'État atteindrait 28,122 milliards de dinars en 2027, soit une augmentation de 3,9 % par rapport à 2026. La mobilisation de 1,4 milliard de dinars de ressources de trésorerie permettrait de ramener les besoins de financement à couvrir par l'emprunt à 26,722 milliards de dinars, en hausse de 3,3 %. Ce montant illustre l'importance des ressources que l'État devra mobiliser pour financer simultanément son déficit et les échéances de remboursement de sa dette. Près des trois quarts des emprunts attendus du marché intérieur La structure prévisionnelle des emprunts confirme la place prépondérante du financement intérieur dans la couverture des besoins de l'État. Les emprunts extérieurs devraient atteindre 6,877 milliards de dinars, soit une progression limitée de 1 % par rapport à 2026. À l'inverse, les emprunts intérieurs sont projetés à 19,846 milliards de dinars, en augmentation de 4,1 %. Ainsi, le financement intérieur représenterait environ 74,3 % des emprunts prévus pour 2027, contre 25,7 % pour les ressources extérieures. Cette répartition confirme la forte sollicitation des sources domestiques de financement, dans un contexte où les besoins de l'État demeurent élevés. Banque Centrale de Tunisie : 9,8 milliards de dinars de financement prévus L'un des éléments marquants du schéma de financement 2027 réside dans le maintien d'un recours substantiel aux ressources de la Banque Centrale de Tunisie. Le montant prévu auprès de la BCT s'élèverait à 9,8 milliards de dinars, contre 11 milliards de dinars inscrits au budget 2026. Le financement prévu auprès de l'institut d'émission diminuerait ainsi de 1,2 milliard de dinars, soit 10,9 %. Malgré ce recul, la contribution attendue de la BCT représenterait encore près de 49,4 % des emprunts intérieurs et 36,7 % de l'ensemble des emprunts budgétaires. Cette configuration met en évidence le rôle toujours central que devrait jouer la Banque Centrale dans le financement du Trésor en 2027. Un budget marqué par la hausse du déficit et la prédominance de l'endettement intérieur Le budget prévisionnel de 2027 fait ainsi apparaître une évolution contrastée des finances publiques tunisiennes. D'un côté, l'enveloppe globale du budget progresserait de 3,5 %, tandis que les remboursements du principal de la dette diminueraient de 16 %, limitant la progression des besoins globaux de financement. De l'autre, le déficit budgétaire avant dons augmenterait de 31,7 %, sous l'effet d'une croissance des dépenses nettement supérieure à celle des recettes propres. La structure de financement resterait, par ailleurs, largement orientée vers les ressources intérieures, avec une contribution importante attendue de la BCT. L'enjeu central du budget 2027 résidera donc dans la capacité de l'État à maîtriser la dynamique de ses dépenses et à mobiliser les ressources nécessaires à son financement, sans accentuer excessivement les contraintes pesant sur la liquidité et le financement de l'économie. © 2026 Tera Finances Note méthodologique : les comparaisons sont effectuées entre les prévisions budgétaires de 2027 et les montants inscrits dans la loi de finances initiale de 2026, et non avec les réalisations effectives de cet exercice.

Bazma-Kébili : les offres pour la centrale solaire de 300 MW avec stockage reportées au 15 février 2027
ECONOMIE

Bazma-Kébili : les offres pour la centrale solaire de 300 MW avec stockage reportées au 15 février 2027

15/10/2026 00:01 36 vues Par Tera Finances

Le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie prolonge le calendrier de l’appel d’offres relatif à la centrale photovoltaïque de Bazma-Kébili. Dans un avis publié le 12 octobre 2026, il fixe au 15 février 2027 la nouvelle date limite de soumission des offres, contre le 14 octobre 2026 à midi initialement. Les inscriptions des promoteurs sont, quant à elles, prolongées jusqu’au 15 novembre 2026. Le projet solaire de Bazma-Kébili bénéficie d’un délai supplémentaire d’environ quatre mois pour la remise des offres. Ce report concerne l’appel d’offres n°01-2026, lancé pour la réalisation, en régime de concession, d’une centrale photovoltaïque de 300 mégawatts (MW) intégrant un système de stockage d’énergie par batteries. L’avis ministériel invite les candidats à finaliser leurs démarches d’inscription en ligne. Il ne précise toutefois pas les raisons de cette prolongation ni le nombre de promoteurs déjà inscrits. Une centrale associant production solaire et stockage Prévu sur un terrain d’environ 440 hectares, à Bazma, dans le gouvernorat de Kébili, le projet associe les 300 MW de capacité photovoltaïque à un système de batteries d’une puissance de 150 MW, pour une capacité énergétique de 540 mégawattheures (MWh). Cette combinaison donne au stockage une place centrale dans la conception du projet. Les batteries permettent de décaler dans le temps l’injection d’une partie de l’électricité solaire produite, afin de mieux adapter sa disponibilité aux besoins du réseau. La puissance exprimée en MW indique la capacité instantanée du système, tandis que les MWh mesurent la quantité d’énergie qu’il peut stocker. Un calendrier d’inscription déjà prolongé en juin L’appel d’offres initial, publié le 6 mars 2026, prévoyait une clôture des inscriptions le 8 mai et une remise des offres le 14 octobre 2026 à midi, heure de Tunis. Un premier avis, daté du 19 juin 2026, avait prolongé les inscriptions jusqu’au 15 juillet. La publication du 12 octobre fixe désormais deux nouvelles échéances : le 15 novembre 2026 pour l’inscription et le 15 février 2027 pour la soumission des offres. Il s’agit donc d’une modification du calendrier de mise en concurrence. L’avis ne constitue ni une annonce d’attribution de la concession ni une confirmation de signature d’un contrat. Les prochaines étapes restent à préciser. Sur le plan économique, ce délai supplémentaire pourrait permettre aux candidats d’approfondir leurs études techniques et de consolider leurs offres, notamment leurs schémas de financement. Il pourrait également faciliter la participation de nouveaux promoteurs. Ces effets possibles relèvent toutefois de l’analyse : le ministère ne fournit aucun motif officiel au report. La nouvelle échéance repousse la clôture de la consultation. Son incidence sur la sélection du concessionnaire, le bouclage financier et le démarrage des travaux dépendra des étapes qui suivront. Aucun calendrier révisé de réalisation ou de mise en service n’est communiqué dans cet avis. Pour Bazma-Kébili, la prochaine échéance annoncée est ainsi celle des inscriptions, le 15 novembre. La remise des offres, trois mois plus tard, constituera une nouvelle étape dans la préparation de ce projet associant production solaire à grande échelle et stockage par batteries. Sources : ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie — avis de report du 12 octobre 2026, appel d’offres initial du 6 mars 2026 et avis du 19 juin 2026.

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