Au premier semestre 2026, la hausse des revenus du portefeuille d’investissement et la baisse des charges bancaires soutiennent le produit net bancaire. Mais l’alourdissement du coût du risque réduit fortement le bénéfice. Les commissaires aux comptes assortissent leur examen limité de réserves.
Une collecte portée par l’épargne, des créances classées en hausse
Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle atteignent 10 209,7 MDT, en hausse de 181,2 MDT (+1,8 %) par rapport au 31 décembre 2025 retraité. Les comptes d’épargne portent l’essentiel de cette progression : ils gagnent 161,3 MDT (+3,9 %), contribuent à 89,0 % de la hausse totale et représentent 42,5 % des dépôts, contre 41,7 % à fin 2025.
Les dépôts à vue reculent de 49,1 MDT (−1,7 %), à 2 919,8 MDT. Leur poids passe de 29,6 % à 28,6 % et leur contribution à la variation totale est de −27,1 %. Le reliquat, regroupé ici sous l’intitulé « autres sommes dues à la clientèle », augmente de 69,0 MDT (+2,4 %), à 2 948,2 MDT. Il contribue à 38,1 % de la variation et représente 28,9 % des dépôts, contre 28,7 % six mois auparavant. Cette masse comprend notamment les comptes à échéance et les bons à échéance ; elle est plus large que la rubrique comptable portant le même nom dans la note.
Les créances nettes sur la clientèle progressent légèrement, de 32,3 MDT (+0,3 %), à 10 350,2 MDT. Avant provisions et agios réservés, les créances brutes inscrites au bilan augmentent davantage : 12 389,4 MDT, contre 12 223,3 MDT à fin 2025, soit +166,2 MDT (+1,4 %).
La qualité des engagements se détériore. Sur le périmètre des créances au bilan et des engagements hors bilan présenté dans la note, les engagements sains s’établissent à 11 239,8 MDT et les engagements classés à 3 021,3 MDT. Ces derniers représentaient 2 928,4 MDT à fin 2025. Leur taux dans les engagements bruts passe ainsi de 20,74 % à 21,19 %. La couverture calculée par les provisions individuelles, les provisions additionnelles et les agios réservés affectés aux créances classées progresse de 59,54 % à 62,04 %.
Les commissaires aux comptes attirent l’attention sur deux relations dont les engagements, nets des couvertures, atteignent respectivement 105 MDT et 72 MDT. Ils indiquent que la banque a renforcé la couverture de l’une d’elles par 50 MDT de provisions complémentaires. La note relative aux engagements donnés fait par ailleurs apparaître 3,182 MDT de « crédits sur l’honneur » au 30 juin 2026, au titre du dispositif de microfinancement d’honneur qu’elle décrit.
Le portefeuille-titres commercial et le portefeuille d’investissement totalisent ensemble 4 011,0 MDT, en hausse de 152,4 MDT (+3,9 %) depuis fin 2025. Le premier se contracte de 48,3 MDT, à 29,0 MDT, notamment après la cession de 50 MDT de bons du Trésor à court terme. Le second progresse de 200,6 MDT, à 3 981,9 MDT, principalement sous l’effet de l’augmentation des bons du Trésor.
Le coût du risque absorbe la progression des revenus
Les produits d’exploitation bancaire s’établissent à 694,5 MDT, en léger retrait de 0,5 % sur le premier semestre 2025 retraité. Les charges d’exploitation bancaire diminuent de 8,1 %, à 348,8 MDT. Le produit net bancaire (PNB) augmente ainsi de 27,5 MDT (+8,7 %), à 345,7 MDT.
Les revenus de portefeuille, hors résultat de change, constituent le principal moteur de cette hausse : ils atteignent 160,8 MDT, contre 140,9 MDT, et expliquent 72,6 % de la progression du PNB. Leur poids dans celui-ci passe de 44,3 % à 46,5 %. La marge nette d’intérêts gagne 3,8 MDT, à 106,3 MDT ; elle contribue à 13,7 % de la hausse du PNB, mais son poids recule de 32,2 % à 30,7 %. La marge sur commissions atteint 67,3 MDT, soit +1,4 MDT et une contribution de 5,3 % ; son poids passe de 20,7 % à 19,5 %. Enfin, le résultat de change s’élève à 11,2 MDT, contre 8,9 MDT : il apporte 8,5 % de la hausse du PNB et en représente 3,2 %, contre 2,8 % un an plus tôt.
Les frais de personnel montent à 109,0 MDT (+11,4 %), les charges générales à 45,9 MDT (+12,3 %) et les dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations à 8,2 MDT (+3,9 %). Ensemble, ces charges opérationnelles atteignent 163,1 MDT, contre 146,7 MDT. Le coefficient d’exploitation se dégrade de 46,1 % à 47,2 %. Le résultat d’exploitation avant coût du risque progresse néanmoins de 173,7 à 184,6 MDT.
Cette amélioration est dépassée par le coût du risque, qui atteint 158,2 MDT, contre 87,3 MDT un an plus tôt. Il absorbe 45,8 % du PNB, contre 27,4 % au premier semestre 2025 retraité. Le résultat d’exploitation après coût du risque tombe dès lors à 26,4 MDT, contre 86,5 MDT. Après un solde des autres éléments ordinaires de −0,3 MDT, un impôt sur les bénéfices de 9,2 MDT et des éléments extraordinaires de −1,7 MDT, le résultat net ressort à 15,2 MDT, contre 54,4 MDT : une baisse de 72,0 %. La marge nette sur les produits bancaires revient de 7,8 % à 2,2 % et le ROE semestriel non annualisé, calculé sur les capitaux propres de clôture hors résultat, de 4,08 % à 1,12 %.
Une trésorerie de clôture plus négative
Au premier semestre 2026, les activités d’exploitation consomment 13,4 MDT de trésorerie, celles d’investissement 75,0 MDT et celles de financement 166,1 MDT. Après l’incidence positive du change, la variation nette publiée est de −243,2 MDT. Les liquidités et équivalents de liquidités passent ainsi de −1 257,6 MDT au 31 décembre 2025 retraité à −1 500,8 MDT au 30 juin 2026.
La lecture de ces performances appelle la prudence. Dans leur rapport d’examen limité, les commissaires aux comptes formulent des réserves concernant notamment le système d’information, la justification de certains soldes et la documentation des garanties. Ils indiquent aussi ne pas pouvoir déterminer les éventuelles incidences sur le résultat et les capitaux propres d’une analyse encore en cours sur 37 MDT de dépenses liées au projet T24, reclassées en charges à répartir.


Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.