Au premier semestre 2026, Attijari Bank a accru son produit net bancaire de 5,1 % et son résultat net de 5,9 %. La forte contribution du portefeuille d’investissement et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle ont toutefois été accompagnées d’une hausse du coût du risque et d’une légère détérioration des indicateurs de qualité des engagements.
Une collecte dynamique, principalement portée par les dépôts à vue
Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle d’Attijari Bank atteignent 11 969,6 MDT, contre 11 435,0 MDT à fin décembre 2025. La collecte a ainsi progressé de 534,6 MDT en six mois, soit 4,7 %.
Les dépôts à vue, dettes rattachées comprises, constituent le premier moteur de cette hausse. Leur encours s’est renforcé de 304,1 MDT, ou 5,6 %, à 5 689,3 MDT. Ils ont généré 56,9 % de la collecte nette et représentent désormais 47,5 % des dépôts, contre 47,1 % à fin 2025.
Les comptes d’épargne ont augmenté de 142,8 MDT, ou 3,7 %, pour atteindre 4 046,2 MDT. Leur contribution à la croissance totale ressort à 26,7 %, tandis que leur poids s’est légèrement replié de 34,1 % à 33,8 %.
Les autres sommes dues à la clientèle, se sont élevées à 2 234,1 MDT, en progression de 87,8 MDT ou 4,1 %. Elles comprennent notamment les bons de caisse, les comptes et placements à terme, les pensions livrées, les certificats de dépôt et les autres dettes rattachées. Cette masse a contribué à hauteur de 16,4 % à la collecte et représente 18,7 % du total, contre 18,8 % six mois auparavant.
Repli des crédits et remontée du taux des créances classées
Les créances nettes sur la clientèle ont reculé de 248,7 MDT, ou 3,5 %, à 6 887,6 MDT. Avant provisions et agios réservés, les crédits bruts au bilan ressortent à 7 264,1 MDT, contre 7 492,8 MDT à fin décembre 2025, soit une baisse de 228,7 MDT ou 3,1 %.
Cette contraction provient principalement des crédits à court terme, en diminution de 325,4 MDT, et des financements en devises, en recul de 72,8 MDT. Elle a été partiellement compensée par une hausse de 129,1 MDT des crédits à long terme et de 98,1 MDT des comptes courants débiteurs.
Les engagements sains, comprenant les créances de bilan et les engagements hors bilan concernés, se sont établis à 8 538,5 MDT, en baisse de 95,6 MDT. Dans le même temps, les engagements classés ont augmenté de 34,9 MDT, ou 7,1 %, à 528,7 MDT.
Le taux des créances classées (calculs de Tera Finances) ressort ainsi à 5,83 %, contre 5,41 % à fin décembre 2025. Le calcul rapporte 528,7 MDT d’engagements classés à un total brut de 9 067,3 MDT, constitué de 8 538,5 MDT d’engagements sains et de 528,7 MDT d’engagements classés.
Le taux de couverture (calcul de Tera Finances) s’établit à 72,21 %, contre 73,16 % à fin 2025.
Dans sa note consacrée aux événements postérieurs à la clôture, Attijari Bank mentionne le décret encadrant les financements d’honneur et indique qu’elle mettra en œuvre ce dispositif conformément aux nouvelles exigences réglementaires. Les états financiers ne chiffrent toutefois ni l’enveloppe à mobiliser ni les engagements correspondant au seuil d’au moins 8 % du bénéfice réalisé en 2025.
Le portefeuille-titres global a progressé de 95,2 MDT, ou 2,8 %, à 3 494,6 MDT. Le portefeuille commercial s’est contracté de 16,4 MDT, à 9,3 MDT, notamment sous l’effet des cessions de SICAV et de titres cotés, dont une partie a été transférée vers le portefeuille d’investissement. Celui-ci a augmenté de 111,6 MDT, à 3 485,3 MDT, porté principalement par les bons du Trésor assimilables, en hausse de 167,0 MDT, et les fonds gérés, en progression de 71,7 MDT. La disparition des BTCT, dont l’encours atteignait 124,0 MDT à fin 2025, a atténué cette croissance.
Le portefeuille d’investissement devient le premier moteur du PNB
Les produits d’exploitation bancaire ont atteint 613,1 MDT, en hausse de 4,9 %, tandis que les charges d’exploitation bancaire ont progressé de 4,5 %, à 238,3 MDT. Le produit net bancaire s’est ainsi établi à 374,8 MDT, en augmentation de 18,3 MDT ou 5,1 %.
La composition de cette croissance révèle néanmoins un net déplacement des moteurs de revenus. La marge nette d’intérêts a reculé de 35,9 MDT, ou 22,3 %, à 125,0 MDT, sous l’effet combiné d’une baisse des intérêts perçus et d’une hausse des charges d’intérêts. Son poids dans le PNB est revenu de 45,1 % à 33,4 %.
La marge sur commissions s’est également contractée de 2,4 MDT, à 64,1 MDT, et représente 17,1 % du PNB, contre 18,7 % un an auparavant. À l’inverse, le résultat de change a progressé de 5,0 MDT, ou 14,9 %, à 38,5 MDT, portant sa contribution au PNB de 9,4 % à 10,3 %.
Les revenus du portefeuille ont surtout bondi de 51,6 MDT, à 147,1 MDT. Ils comprennent 1,5 MDT de gains sur le portefeuille commercial hors change et 145,6 MDT de revenus du portefeuille d’investissement. Leur poids dans le PNB est passé de 26,8 % à 39,3 %. Cette hausse représente 281,9 % de la progression nette du PNB et a plus que compensé les contributions négatives de la marge d’intérêts et des commissions.
Les charges opérationnelles ont augmenté à un rythme plus modéré que le PNB. Les frais de personnel ont progressé de 1,2 %, à 133,4 MDT, les charges générales d’exploitation de 5,9 %, à 46,9 MDT, et les dotations aux amortissements de 5,1 %, à 10,4 MDT. Au total, les charges opérationnelles ressortent à 190,7 MDT, en hausse de 2,6 %. Le coefficient d’exploitation s’est ainsi amélioré de 52,2 % à 50,9 %.
Avant coût du risque, le résultat d’exploitation atteint 192,7 MDT, en progression de 8,0 %. Le coût du risque économique s’est toutefois élevé à 21,8 MDT, contre 11,4 MDT, et représente désormais 5,8 % du PNB, contre 3,2 %. Après cette charge, le résultat d’exploitation publié ressort à 170,9 MDT, en hausse de 2,3 %.
Le résultat net progresse, soutenu par les autres éléments ordinaires
Le solde des autres éléments ordinaires s’est redressé de manière significative, passant d’une perte de 0,9 MDT à un gain de 12,4 MDT. Les notes ne fournissent cependant aucune ventilation permettant d’identifier l’origine de cette amélioration.
La charge d’impôt a augmenté de 20,6 %, à 60,3 MDT. Elle représente 32,9 % du résultat avant impôt, contre 30,1 % un an plus tôt.
Le résultat net semestriel atteint ainsi 123,1 MDT, contre 116,2 MDT au premier semestre 2025, soit une progression de 6,9 MDT ou 5,9 %. La marge nette s’améliore légèrement, de 19,9 % à 20,1 % des produits d’exploitation bancaire.
Sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période, le ROE semestriel non annualisé ressort à 13,37 %, contre 12,94 % au 30 juin 2025.
Une forte génération de trésorerie
Les flux nets d’exploitation ont atteint 749,3 MDT, en hausse de 112,4 MDT ou 17,7 %. Les activités d’investissement ont dégagé un flux positif de 24,9 MDT, contre une consommation de 381,4 MDT un an auparavant. Cette évolution reflète notamment la baisse des acquisitions nettes de titres d’investissement et la forte progression des intérêts et dividendes encaissés.
Les activités de financement ont absorbé 210,8 MDT, contre 176,1 MDT, essentiellement sous l’effet des 210 MDT de dividendes versés. La variation nette de trésorerie s’est ainsi élevée à 563,5 MDT, contre 79,4 MDT au premier semestre 2025.
À fin juin 2026, les liquidités et équivalents de liquidités atteignent 1 959,9 MDT, en hausse de 563,5 MDT ou 40,3 % par rapport aux 1 396,4 MDT enregistrés à fin décembre 2025.


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