Au terme des neuf premiers mois de 2026, Attijari Leasing affiche une activité commerciale dynamique en amont, avec des approbations en progression de 18 %, mais une production effective qui avance plus lentement. Le produit net de leasing se maintient, tandis que la hausse des charges d’exploitation érode la marge brute. Le bilan, lui, se consolide : des fonds propres renforcés et un levier financier en recul.
Des approbations vigoureuses, une production plus mesurée
Au 30 septembre 2026, les mises en force d’Attijari Leasing totalisent 208,944 millions de dinars (MD), contre 205,938 MD un an plus tôt, soit une progression de 3,006 MD (+1,5 %). Ce rythme modéré tranche avec celui des approbations, qui atteignent 305,617 MD contre 258,910 MD à fin septembre 2025, en hausse de 46,707 MD (+18,0 %). Rapportées à l’ensemble de l’exercice 2025, ces réalisations représentent déjà 75,8 % des mises en force annuelles (275,560 MD) et 87,8 % des approbations annuelles (348,240 MD).
L’écart entre les deux agrégats s’est creusé : les mises en force ne représentent plus que 68,4 % des approbations, contre 79,5 % sur les neuf premiers mois de 2025. Ce décalage traduit un volume important de contrats approuvés mais dont la facturation n’a pas encore démarré, ce qui constitue un réservoir de production pour les mois à venir. Sur le plan sectoriel, le segment « Services et commerce » demeure prépondérant avec 64,1 % des mises en force, mais il recule de 7,5 % (129,674 MD en mobilier contre 141,170 MD). Ce repli est compensé par la progression de l’agriculture (+6,250 MD en mobilier, +25 %), de l’industrie (+14 %) et du tourisme (+37 %).
Des engagements en hausse et un taux de créances classées qui remonte légèrement depuis décembre
Le total des engagements en cours s’établit à 562,364 MD au 30 septembre 2026, contre 550,031 MD au 31 décembre 2025, soit une hausse de 12,333 MD (+2,2 %). Ce total se répartit entre 516,218 MD d’engagements courants, en hausse de 10,049 MD (+2,0 %) par rapport à fin 2025, et 46,146 MD d’engagements classés, en hausse de 2,284 MD (+5,2 %). Selon les notes de la société, ces engagements classés regroupent le leasing et le factoring, sans ventilation publiée par activité. Le taux de créances classées par activité ne peut donc pas être calculé séparément.
Le taux d’engagements classés ressort à 8,21 %. Attijari Leasing souligne une amélioration par rapport à fin septembre 2025, où ce taux s’élevait à 8,63 %, les engagements classés ayant reculé de 1,630 MD sur douze mois. Comparé à la clôture de l’exercice 2025, en revanche, ce taux progresse de 24 points de base, puisqu’il s’établissait à 7,97 % au 31 décembre 2025.
Des revenus en léger retrait, un produit net de leasing stable
Les revenus nets de leasing, tels que publiés par la société (revenus bruts diminués des amortissements financiers), s’élèvent à 54,245 MD contre 55,243 MD à fin septembre 2025. Ils reculent ainsi de 0,998 MD (-1,8 %), alors même que les revenus bruts progressent de 4,2 % à 240,737 MD. Après déduction des charges financières, le produit net de leasing atteint 25,138 MD contre 24,904 MD, en légère hausse de 0,234 MD (+0,9 %).
Des charges en hausse qui pèsent sur la productivité
Les charges d’exploitation hors provisions, qui regroupent les charges de personnel, les dotations aux amortissements et les autres charges d’exploitation, s’établissent à 15,193 MD contre 14,386 MD. Elles augmentent de 0,807 MD (+5,6 %), soit un rythme nettement supérieur à celui du produit net de leasing. Le coefficient d’exploitation se dégrade par conséquent à 60,4 %, contre 57,8 % à fin septembre 2025 et 55,2 % pour l’ensemble de l’exercice 2025, soit une hausse de 2,7 points sur un an.
Un résultat brut d’exploitation et une marge en repli
Le résultat brut d’exploitation (RBE), c’est-à-dire le résultat avant coût du risque, s’établit à 9,945 MD contre 10,518 MD un an plus tôt. Il recule de 0,573 MD (-5,4 %). Le taux de marge brute, qui rapporte le RBE aux revenus nets de leasing, ressort à 18,3 %. Il était de 19,0 % à fin septembre 2025 et de 20,1 % sur l’ensemble de l’exercice 2025 (RBE annuel de 14,901 MD). La société conserve donc une part plus réduite de ses revenus avant provisionnement.
Un bilan qui se renforce : fonds propres en hausse, levier en baisse
Les ressources d’emprunt, assimilées à la dette financière brute, atteignent 419,426 MD au 30 septembre 2026 contre 412,225 MD à fin 2025, en hausse de 7,201 MD (+1,7 %). Leur structure s’est sensiblement modifiée : les emprunts bancaires représentent désormais 82 % des ressources, contre 77 % à fin 2025, tandis que la part des emprunts obligataires revient de 23 % à 18 %. Aucun recours aux emprunts étrangers ni aux certificats de dépôt n’est enregistré.
Les capitaux propres, hors résultat de la période, s’élèvent à 74,406 MD contre 70,706 MD à fin 2025, soit une hausse de 3,700 MD (+5,2 %). Le taux d’endettement (gearing) s’en trouve amélioré : il revient à 5,64 fois, contre 5,89 fois à fin septembre 2025 et 5,83 fois à fin 2025. Ce ratio est par ailleurs légèrement surestimé, puisque les capitaux propres publiés n’intègrent pas le bénéfice des neuf premiers mois.
La trésorerie nette se contracte en revanche à 1,639 MD, contre 3,724 MD au 31 décembre 2025. Elle recule ainsi de 2,085 MD (-56,0 %), ce qui reflète une gestion plus serrée des liquidités.
Conclusion
Les neuf premiers mois de 2026 dessinent pour Attijari Leasing un tableau contrasté. Sur le plan commercial, la forte hausse des approbations laisse entrevoir une accélération de la production au dernier trimestre et en 2027, à condition que ces dossiers soient effectivement mis en force. Sur le plan de la rentabilité, la stabilité du produit net de leasing ne suffit pas à absorber la progression des charges : le RBE se replie et le coefficient d’exploitation franchit la barre des 60 %.
Le bilan sort néanmoins consolidé, avec des fonds propres renforcés, un levier en recul et un taux de créances classées inférieur à son niveau d’il y a un an, bien qu’en légère hausse depuis décembre. Le plan stratégique 2026-2030, lancé par la société pour renforcer sa croissance et améliorer durablement ses performances opérationnelles, devra notamment s’attaquer à ce défi de productivité.




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