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BOURSE

Banque de Tunisie : un PNB en hausse de 10,5 % à fin septembre 2026

Banque de Tunisie : un PNB en hausse de 10,5 % à fin septembre 2026

Au terme des neuf premiers mois de 2026, la Banque de Tunisie (BT) affiche un Produit Net Bancaire de 423,5 millions de dinars (MD), en progression de 40,1 MD (+10,5 %) par rapport au 30 septembre 2025. Cette performance doit beaucoup au recul du coût des ressources, qui a permis à la marge d’intérêt de bondir de 15,3 %.

Les indicateurs d’activité publiés par l’établissement dessinent le portrait d’une banque qui étend ses financements, consolide ses dépôts d’épargne et allège son endettement, tout en contenant la progression de ses charges opératoires sous le rythme de croissance de ses revenus.

Les emplois : des crédits en hausse et un portefeuille entièrement orienté vers l’investissement

L’encours net des crédits à la clientèle s’élève à 6 759,5 MD au 30 septembre 2026. Il était de 6 585,4 MD au 31 décembre 2025, soit une hausse de 174,2 MD (+2,6 %) en neuf mois. Cet encours s’entend net des provisions constituées durant la période, ce qui reflète la poursuite de l’effort de financement de la clientèle.

Le portefeuille titres atteint 1 457,6 MD, contre 1 358,3 MD à fin 2025. Il progresse ainsi de 99,4 MD (+7,3 %).

Sa structure est sans ambiguïté. Le portefeuille titres commercial, c’est-à-dire les titres de transaction (trading book), est nul aussi bien à fin septembre 2026 qu’à fin 2025. La totalité de l’encours relève donc du portefeuille titres d’investissement (banking book), qui atteint 1 457,6 MD. La banque privilégie ainsi une détention durable de ses titres plutôt qu’une gestion de court terme orientée vers les marchés.

Les ressources : l’épargne, moteur de la collecte

L’encours des dépôts de la clientèle s’établit à 7 103,7 MD au 30 septembre 2026. Il était de 6 957,7 MD au 31 décembre 2025, soit une progression de 146,1 MD (+2,1 %). Rapporté à ces dépôts, l’encours des crédits atteint 95,2 %, contre 94,6 % à fin 2025.

Cette hausse repose presque entièrement sur les comptes d’épargne, les deux autres composantes reculant légèrement :

  • Les dépôts à vue, ressource la moins chère, s’élèvent à 2 167,7 MD, quasiment stables (−1,4 MD, soit −0,1 %). Leur poids dans le total des dépôts revient de 31,2 % à 30,5 %.
  • Les dépôts d’épargne, les plus stables et moins onéreux que les dépôts à terme, augmentent de 156,1 MD (+6,4 %) pour atteindre 2 605,4 MD. Ils deviennent la première composante des ressources, avec 36,7 % du total contre 35,2 % à fin 2025.
  • Les dépôts à terme, ressource la plus coûteuse, totalisent 2 330,7 MD. Ils sont en léger repli de 8,7 MD (−0,4 %) et leur poids passe de 33,6 % à 32,8 %.

La composition des ressources évolue donc favorablement : la part des dépôts à terme recule au profit d’une épargne à la fois plus stable et moins chère. Ce glissement contribue à la baisse du coût des ressources observée au compte de résultat.

Les emprunts et ressources spéciales poursuivent leur repli. Ils s’établissent à 94,8 MD, contre 126,4 MD à fin 2025, soit une baisse de 31,6 MD (−25,0 %).

Les capitaux propres, hors résultat de la période, atteignent quant à eux 1 412,7 MD. Ils étaient de 1 223,1 MD à fin 2025, soit une hausse de 189,6 MD (+15,5 %).

Un PNB porté par la marge d’intérêt

Les produits d’exploitation bancaire atteignent 704,3 MD au 30 septembre 2026, contre 681,0 MD un an plus tôt, soit une hausse de 23,3 MD (+3,4 %). Dans le même temps, les charges d’exploitation bancaire reculent de 16,8 MD (−5,7 %), à 280,8 MD contre 297,6 MD. L’écart entre les deux, qui constitue le Produit Net Bancaire, s’élargit à 423,5 MD, contre 383,4 MD au 30 septembre 2025. La hausse atteint 40,1 MD (+10,5 %).

La marge d’intérêt est le principal moteur de cette croissance. Les intérêts et revenus assimilés progressent de 11,6 MD (+2,3 %), à 512,2 MD, tandis que les intérêts encourus reculent de 20,8 MD (−7,2 %), à 268,3 MD. La marge d’intérêt s’établit ainsi à 244,0 MD, contre 211,5 MD, en hausse de 32,4 MD (+15,3 %). Elle explique à elle seule 80,8 % de l’amélioration du PNB, soit 8,5 points de croissance sur les 10,5 enregistrés.

La marge sur commissions ne progresse que modestement. Les commissions perçues augmentent de 5,6 MD (+8,0 %), à 75,7 MD. Mais les commissions encourues augmentent bien plus vite, de 4,0 MD (+46,4 %), à 12,5 MD. La marge sur commissions s’établit donc à 63,2 MD, en hausse de 1,7 MD (+2,7 %). Elle n’apporte que 4,1 % de la hausse du PNB, soit 0,4 point de croissance.

Les revenus du portefeuille titres et gains de change atteignent 116,4 MD, contre 110,3 MD, soit une hausse de 6,0 MD (+5,5 %). Aucune perte sur portefeuille-titres commercial et opérations financières n’est enregistrée sur les neuf mois, aussi bien en 2026 qu’en 2025. Ces revenus contribuent à 15,1 % de l’amélioration du PNB, soit 1,6 point de croissance.

Ces évolutions modifient la structure du PNB. La marge d’intérêt en représente désormais 57,6 %, contre 55,2 % au 30 septembre 2025 comme au 31 décembre 2025. À l’inverse, le poids des revenus du portefeuille titres recule à 27,5 %, contre 28,8 % à fin septembre 2025 et 29,0 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. La marge sur commissions pèse pour sa part 14,9 %, contre 16,0 % et 15,8 % respectivement. Le PNB de la BT se recentre donc sur l’activité d’intermédiation.

Des charges opératoires maîtrisées

Les charges opératoires totalisent 131,4 MD au 30 septembre 2026, contre 122,9 MD un an plus tôt, soit une hausse de 8,5 MD (+6,9 %). Les frais de personnel en constituent l’essentiel : ils augmentent de 6,4 MD (+7,4 %), à 93,0 MD. Les charges générales d’exploitation progressent de 2,1 MD (+5,8 %), à 38,4 MD. Les chiffres de septembre 2025 ont été retraités par la banque pour les besoins de comparabilité.

Ces charges progressent à un rythme sensiblement inférieur à celui du PNB : +6,9 %, contre +10,5 %.

Conclusion

À fin septembre 2026, la Banque de Tunisie présente un profil de croissance équilibré. Ses crédits progressent de 2,6 % et son portefeuille d’investissement de 7,3 % depuis fin 2025, financés par une collecte où l’épargne gagne du terrain.

La baisse de 7,2 % des intérêts encourus a permis à la marge d’intérêt de croître de 15,3 % et de porter l’essentiel de la hausse de 10,5 % du PNB. Les revenus du portefeuille titres contribuent de façon plus modeste, tandis que la marge sur commissions est freinée par la forte hausse des commissions encourues.

Les charges opératoires augmentent de 6,9 %, un rythme inférieur à celui du PNB.

Le ratio crédits/dépôts, désormais à 95,2 %, sera l’indicateur à suivre d’ici la clôture de l’exercice. La progression des crédits reste en effet plus rapide que celle des dépôts.

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