Au premier semestre 2026, BNA affiche un produit net bancaire de 560,1 MDT, en hausse de 4,3 %, malgré le recul des marges d’intérêts et de commissions. La progression des revenus du portefeuille, la maîtrise du coût du risque et la disparition d’une charge fiscale ordinaire exceptionnelle permettent au résultat net d’atteindre 156,3 MDT.
Une collecte dynamique, mais des créances nettes presque stables
Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle atteignent 15 393,1 MDT, contre 13 913,9 MDT à fin décembre 2025. La banque a ainsi collecté 1 479,1 MDT en six mois, soit une progression de 10,6 %.
Les dépôts à vue se sont renforcés de 456,2 MDT, ou 10,7 %, pour s’établir à 4 739,6 MDT. Ils ont généré 30,8 % de la collecte du semestre et représentent 30,8 % des dépôts, une proportion quasiment inchangée par rapport à décembre 2025.
Les comptes d’épargne, intérêts rattachés compris, ont progressé plus modérément, de 142,5 MDT ou 3,0 %, à 4 838,1 MDT. Leur contribution à la collecte s’est limitée à 9,6 %, tandis que leur poids dans les dépôts a reculé de 33,7 % à 31,4 %.
Le reliquat, regroupé sous la rubrique « autres sommes dues à la clientèle », constitue le principal moteur de la hausse. Cette masse a augmenté de 880,4 MDT, ou 17,8 %, pour atteindre 5 815,3 MDT. Elle explique 59,5 % de la collecte totale et voit son poids passer de 35,5 % à 37,8 %. Cette évolution traduit notamment la progression des certificats de dépôt, des comptes à terme et des autres sommes dues à la clientèle en dinars.
Du côté des emplois, les créances nettes sur la clientèle demeurent pratiquement stables à 14 548,1 MDT, contre 14 536,2 MDT à fin décembre 2025, soit une hausse limitée à 11,9 MDT ou 0,1 %. Les crédits bruts avant provisions et agios réservés progressent davantage, de 150,3 MDT ou 0,9 %, à 17 702,9 MDT. L’écart entre ces deux trajectoires reflète le renforcement des provisions et des intérêts et agios réservés, dont le total est passé de 3 016,4 MDT à 3 154,8 MDT.
Au 30 juin 2026, les engagements sains, correspondant aux classes 0 et 1 et intégrant les créances au bilan et hors bilan, progressent de 10,4 % sur un an, à 15 313,5 MDT. Les engagements classés augmentent moins rapidement, de 4,6 %, à 4 216,4 MDT. Le taux des créances classées recule ainsi de 22,51 % à 21,59 %
Le taux de couverture atteint 59,35 % au 30 juin 2026 contre 56,43% un an plus tôt.
La banque a par ailleurs inscrit 21,964 MDT de crédits d’honneur parmi ses engagements de financement donnés. Ce montant correspond à l’affectation de 8 % du bénéfice de l’exercice 2025 aux lignes de microfinancement d’honneur prévues par l’article 412 ter du Code de commerce et son décret d’application.
Le portefeuille-titres global atteint 9 773,2 MDT, en hausse de 207,5 MDT ou 2,2 % depuis décembre 2025. Le portefeuille commercial a diminué de 85,0 MDT, ou 39,4 %, à 131,0 MDT, principalement sous l’effet de 90,0 MDT de cessions ou liquidations de titres de transaction. À l’inverse, le portefeuille d’investissement a progressé de 292,5 MDT, ou 3,1 %, à 9 642,3 MDT. La hausse provient surtout des BTA d’investissement, des fonds gérés et de l’augmentation des créances rattachées, malgré 47,0 MDT de remboursements d’emprunts obligataires.
Les revenus du portefeuille compensent l’érosion des marges bancaires.
Les produits d’exploitation bancaire s’élèvent à 1 233,7 MDT, en hausse de 1,2 %, tandis que les charges d’exploitation bancaire diminuent de 1,3 %, à 673,6 MDT. Le produit net bancaire ressort ainsi à 560,1 MDT, contre 537,0 MDT un an auparavant, soit une progression de 23,2 MDT ou 4,3 %.
Cette croissance repose entièrement sur les activités de portefeuille. La marge nette d’intérêts recule de 22,5 %, à 65,2 MDT, et retranche 19,0 MDT à la variation du PNB. Son poids tombe de 15,7 % à 11,6 %. La marge sur commissions diminue de 5,8 %, à 78,8 MDT, réduisant le PNB de 4,8 MDT ; sa contribution passe de 15,6 % à 14,1 %.
À l’opposé, le résultat de change progresse de 28,1 %, à 12,7 MDT, apportant 2,8 MDT à la croissance du PNB. Son poids s’élève de 1,8 % à 2,3 %. Les revenus du portefeuille atteignent surtout 403,4 MDT, en hausse de 44,2 MDT ou 12,3 %. Ils expliquent à eux seuls 190,7 % de la variation du PNB, compensant largement le recul des deux marges traditionnelles, et représentent désormais 72,0 % du PNB, contre 66,9 % un an auparavant.
Les charges opérationnelles augmentent de 6,6 %, à 213,0 MDT. Les frais de personnel progressent de 5,9 %, à 150,2 MDT, et les charges générales d’exploitation de 11,0 %, à 56,2 MDT. Les dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations diminuent en revanche de 9,1 %, à 6,6 MDT. Le coefficient d’exploitation se dégrade légèrement, passant de 37,2 % à 38,0 %.
Avant coût du risque, le résultat d’exploitation atteint 347,5 MDT, en hausse de 2,9 %. Le coût du risque économique se replie de 106,9 MDT à 105,5 MDT et représente 18,8 % du PNB, contre 19,9 % au premier semestre 2025. Le résultat d’exploitation publié progresse ainsi de 4,8 %, à 242,1 MDT.
Le solde des autres éléments ordinaires s’améliore fortement, passant d’une perte de 8,4 MDT à une perte résiduelle de 0,035 MDT. Cette évolution tient essentiellement à la disparition de la pénalité fiscale comptabilisée au premier semestre 2025 à la suite du contrôle de SICAR INVEST. La charge d’impôt sur les bénéfices reste presque stable à 77,9 MDT, en hausse de 0,7 %, sans ventilation complémentaire dans les notes relatives au résultat. Les éléments extraordinaires comprennent une charge de 7,790 MDT correspondant à la contribution sociale de solidarité.
Le résultat net atteint finalement 156,3 MDT, contre 137,3 MDT un an plus tôt, soit une progression de 13,8 %. La marge nette s’améliore de 11,3 % à 12,7 % des produits d’exploitation bancaire. Sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période, le ROE semestriel non annualisé ressort à 6,79 %, contre 6,54 % au 30 juin 2025.
Une forte reconstitution de la trésorerie
Les activités d’exploitation dégagent un flux positif de 1 109,0 MDT, contre une sortie de 465,0 MDT un an auparavant. Ce retournement est principalement porté par les flux nets de dépôts de la clientèle, qui atteignent 1 450,4 MDT, et par la réduction des décaissements nets liés aux prêts et avances, ramenés de 559,2 MDT à 140,8 MDT.
Le flux d’investissement devient également positif à 196,1 MDT, contre une sortie de 454,2 MDT au premier semestre 2025. Les intérêts et dividendes encaissés atteignent 362,8 MDT, tandis que les acquisitions nettes sur le portefeuille d’investissement sont ramenées à 163,6 MDT, contre 763,3 MDT un an auparavant.
Les activités de financement absorbent 100,2 MDT, principalement au titre de 73,6 MDT de dividendes, de 18,8 MDT de remboursements d’emprunts et d’une diminution de 10,0 MDT des ressources spéciales.
Au total, la variation de trésorerie ressort positive à 1 204,9 MDT, après une contraction de 1 028,5 MDT au premier semestre 2025. La trésorerie de clôture demeure négative à 5 291,9 MDT, mais s’améliore sensiblement par rapport au déficit de 6 496,8 MDT enregistré à fin décembre 2025.


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