Valeur sélectionnée :

Sociétés Analyses financières Technique
Outils avancés analyse technique
Publicité
BOURSE

BTE : le PNB progresse de 25,3 % et le résultat net redevient bénéficiaire, mais la solvabilité reste négative

BTE : le PNB progresse de 25,3 % et le résultat net redevient bénéficiaire, mais la solvabilité reste négative

Au premier semestre 2026, la Banque de Tunisie et des Émirats a dégagé un bénéfice net de 1,4 MDT, contre une perte de 5,5 MDT un an auparavant. Cette amélioration repose presque entièrement sur les revenus du portefeuille, tandis que la qualité des créances reste fragile et que les ratios réglementaires de solvabilité demeurent négatifs.

Une collecte modérée face à une progression soutenue des crédits

Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle de la BTE atteignent 1 308,6 MDT, contre 1 264,2 MDT à fin décembre 2025. La collecte a ainsi progressé de 44,5 MDT en six mois, soit 3,5 %.

Retraités en trois grandes masses, les dépôts à vue hors épargne s’établissent à 269,5 MDT, en hausse de 64,2 MDT ou 31,3 %. Ils représentent désormais 20,6 % du total des dépôts de la clientèle, contre 16,2 % à fin 2025, et apportent à eux seuls 144,5 % de sa progression nette.

Les comptes d’épargne augmentent de 9,4 MDT, à 221,3 MDT, soit une croissance de 4,4 %. Leur poids demeure presque stable, à 16,9 % des dépôts contre 16,8 % six mois auparavant.

Les autres sommes dues à la clientèle, qui regroupent ici les dépôts à terme, les certificats de dépôt et tout le reliquat, reculent en revanche de 29,1 MDT, ou 3,4 %, à 817,8 MDT. Leur contribution à la variation totale est ainsi négative à hauteur de 65,6 %. Elles restent toutefois prédominantes, avec 62,5 % des dépôts, contre 67,0 % à fin 2025.

Les créances nettes sur la clientèle progressent plus rapidement que les dépôts. Elles atteignent 1 166,9 MDT, en hausse de 83,1 MDT ou 7,7 %. Avant déduction des provisions et des agios réservés, les crédits bruts ressortent à 1 401,0 MDT, contre 1 312,2 MDT à fin décembre 2025, soit une augmentation de 88,8 MDT ou 6,8 %.

Par rapport à juin 2025, les engagements sains figurant au bilan progressent de 992,8 à 1 089,0 MDT, tandis que les engagements classés passent de 308,0 à 312,0 MDT. Le taux de créances classées (nos calculs) s’améliore ainsi de 23,7 % à 22,3 %.

Les provisions individuelles et additionnelles ainsi que les agios réservés affectés aux créances classées totalisent 213,7 MDT, portant leur taux de couverture (calculs Tera Finances) à 68,5 %, contre 64,8 % un an auparavant. Les provisions collectives ont été exclues de ce calcul puisqu’elles couvrent les engagements courants et ceux nécessitant un suivi particulier, et non les actifs classés.

Les notes ne permettent toutefois pas d’étendre ces ratios aux engagements hors bilan. Les commissaires aux comptes relèvent, de surcroît, l’absence d’une base exhaustive et actualisée des garanties reçues, notamment pour les engagements non classés.

Les revenus du portefeuille portent presque toute la croissance du PNB

L’encours global des portefeuilles commercial et d’investissement s’établit à 350,8 MDT, contre 358,4 MDT à fin décembre 2025, soit un recul limité de 7,6 MDT ou 2,1 %. Cette quasi-stabilité masque des évolutions opposées.

Le portefeuille commercial chute de 44,9 %, à 46,7 MDT, principalement sous l’effet de la baisse de l’encours des bons du Trésor assimilables. À l’inverse, le portefeuille d’investissement progresse de 11,1 %, à 304,2 MDT. La hausse des placements en BTA a largement compensé le recul des obligations et des titres de participation.

Au premier semestre, les produits d’exploitation bancaire augmentent de 7,7 %, à 92,4 MDT, tandis que les charges d’exploitation bancaire diminuent de 4,3 %, à 48,8 MDT. Le produit net bancaire s’élève ainsi à 43,6 MDT, contre 34,8 MDT un an plus tôt, en progression de 8,8 MDT ou 25,3 %.

Cette croissance provient presque intégralement des revenus du portefeuille. Ceux-ci bondissent de 73,4 %, de 11,9 à 20,7 MDT, et expliquent 99,6 % de la hausse du PNB. Leur poids atteint 47,5 % du PNB, contre 34,3 % au premier semestre 2025. Les revenus du portefeuille d’investissement ont notamment bénéficié de la plus-value de 5,9 MDT générée par la cession de la participation dans BNA Bank.

La marge nette d’intérêts progresse de 12,1 %, à 9,6 MDT, grâce à une baisse des charges d’intérêts plus prononcée que celle des revenus. Sa contribution à la croissance du PNB atteint 11,8 %, mais son poids recule de 24,5 % à 21,9 %.

La marge sur commissions se contracte de 4,3 %, à 11,1 MDT, et ne représente plus que 25,4 % du PNB, contre 33,2 % un an auparavant. Le résultat de change baisse également de 18,1 %, à 2,3 MDT, ramenant sa part dans le PNB de 8,0 % à 5,2 %. Ces deux replis ont retranché chacun près de 5,7 % à la variation du PNB.

Un retour au bénéfice, mais une assise prudentielle toujours critique

Les frais de personnel augmentent de 9,0 %, à 23,5 MDT, et les charges générales d’exploitation de 11,4 %, à 10,2 MDT. Cette hausse est partiellement compensée par le recul de 19,5 % des dotations aux amortissements, à 2,5 MDT. Au total, les charges opérationnelles progressent de 7,0 %, à 36,2 MDT.

La croissance plus rapide du PNB permet néanmoins une nette amélioration du coefficient d’exploitation, qui revient de 97,1 % à 82,9 %. Le résultat d’exploitation avant coût du risque atteint ainsi 7,4 MDT, contre seulement 1,0 MDT un an auparavant.

Le coût du risque net ressort à 6,1 MDT, soit 13,9 % du PNB, contre 6,3 MDT et 18,0 % un an plus tôt. Après sa prise en compte, le résultat d’exploitation redevient positif à 1,4 MDT, contre une perte de 5,3 MDT au premier semestre 2025.

Un solde positif de 0,2 MDT sur les autres éléments ordinaires, après un niveau quasiment nul un an auparavant, absorbe la charge d’impôt de 0,2 MDT. En l’absence d’éléments extraordinaires, le résultat net ressort à 1,4 MDT, contre une perte de 5,5 MDT. La marge nette s’améliore ainsi de −6,4 % à 1,5 % des produits d’exploitation bancaire.

Le ROE semestriel non annualisé atteint 5,1 %, sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période, contre −14,5 % un an auparavant. Ce redressement doit cependant être relativisé par la faiblesse de l’assise financière de la banque.

Après prise en compte de 1,36 MDT de modifications comptables liées au contrôle fiscal portant notamment sur les exercices 2021 à 2024, le résultat après modification comptable est ramené à seulement 0,05 MDT.

Les capitaux propres comptables s’établissent à 29,1 MDT, tandis que les fonds propres nets de base réglementaires sont négatifs de 2,7 MDT. Les ratios de solvabilité et Tier I ressortent tous deux à −0,21 %, très en dessous des minima réglementaires respectifs de 10 % et 7 %, ce qui a conduit les commissaires aux comptes à assortir leur conclusion d’une réserve.

Une trésorerie de clôture plus déficitaire

Les activités d’exploitation dégagent un flux positif de 31,6 MDT, contre un flux négatif de 20,4 MDT un an auparavant. Les décaissements nets d’investissement diminuent fortement, de 43,3 à 8,4 MDT, tandis que les flux de financement deviennent positifs à 5,8 MDT, contre −9,0 MDT.

L’état des flux présente toutefois une incohérence de signe : la somme de ces trois sous-totaux donne une variation positive de 28,9 MDT, alors que la variation publiée est négative de 28,9 MDT. Cette dernière concorde avec la trésorerie de clôture, qui se dégrade de −158,9 MDT à fin décembre 2025 à −187,8 MDT au 30 juin 2026.

0 Connectez-vous pour aimer et mettre en favori.

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter.