La Banque de Tunisie et des Emirats (BTE) termine les neuf premiers mois de 2026 avec un produit net bancaire de 62,7 MD, soit 20 % de plus qu'un an auparavant. La hausse s'appuie surtout sur les revenus du portefeuille titres, qui intègrent une plus-value de cession ponctuelle. Côté bilan, les crédits et les dépôts progressent nettement depuis la fin de 2025, tandis que l'endettement sur ressources spéciales diminue.
Des emplois en progression, avec un portefeuille titres réorienté
Au 30 septembre 2026, l'encours net des crédits à la clientèle atteint 1 214,9 MD. Il était de 1 083,7 MD au 31 décembre 2025, ce qui représente une hausse de 131,1 MD (+12,1 %) en neuf mois. La banque a donc fortement accéléré sa distribution de crédit.
Le portefeuille titres s'établit à 370,5 MD, contre 358,4 MD à la fin de l'exercice précédent, soit une hausse modérée de 12,1 MD (+3,4 %). Sa composition a en revanche beaucoup changé. Le portefeuille titres commercial (trading book) recule de 36,9 MD (−43,6 %), de 84,6 MD à 47,7 MD. Le portefeuille titres d'investissement (banking book) augmente de 49,0 MD (+17,9 %) et atteint 322,8 MD. Le portefeuille commercial ne pèse plus que 12,9 % du total, contre 23,6 % fin 2025. La BTE privilégie ainsi des placements détenus sur le moyen et le long terme.
Des ressources en hausse, avec une part plus importante de dépôts à vue
Les dépôts de la clientèle s'élèvent à 1 393,0 MD au 30 septembre 2026, contre 1 264,2 MD au 31 décembre 2025. La hausse est de 128,8 MD (+10,2 %). Le rapport crédits/dépôts passe de 85,7 % à 87,2 %, car les crédits ont progressé plus vite que les dépôts.
Les dépôts à vue, augmentent de 36,4 MD (+17,8 %) et atteignent 241,7 MD. Leur part dans le total des dépôts passe de 16,2 % à 17,4 %.
Les dépôts d'épargne, progressent de 19,6 MD (+9,3 %) à 231,6 MD. Leur part reste presque inchangée, à 16,6 % contre 16,8 %.
Les dépôts à échéance regroupent les dépôts à terme et les autres produits financiers. Ils s'établissent à 919,7 MD, en hausse de 72,7 MD (+8,6 %). Les dépôts à terme gagnent 88,2 MD (+12,0 %) et atteignent 820,3 MD. Les autres produits financiers baissent de 15,4 MD (−13,4 %) à 99,4 MD.
Les dépôts à échéance représentent encore 66,0 % des dépôts, contre 67,0 % fin 2025. Leur poids recule donc légèrement, mais le financement de la banque reste majoritairement assuré par des ressources rémunérées. Avec l'épargne, les ressources plus coûteuses que les dépôts à vue représentent 82,6 % du total.
Les emprunts et ressources spéciales diminuent de 11,7 MD (−17,5 %), de 66,8 MD à 55,1 MD. Cette baisse résulte de l'amortissement des emprunts obligataires, dont l'encours passe de 42,1 MD à 33,9 MD (−19,3 %), et du recul des lignes de crédit, qui passent de 21,6 MD à 19,4 MD (−10,6 %).
Les capitaux propres s'établissent à 29,6 MD, en hausse de 0,5 MD (+1,8 %) par rapport au 31 décembre 2025.
Un PNB soutenu par la baisse des charges d'exploitation bancaire
Les produits d'exploitation bancaire (PEB) atteignent 137,9 MD au 30 septembre 2026, contre 129,4 MD un an plus tôt, soit +8,5 MD (+6,6 %). Les charges d'exploitation bancaire (CEB) reculent de 2,0 MD (−2,6 %) à 75,1 MD. Les CEB absorbaient 59,6 % des PEB à fin septembre 2025 ; elles n'en absorbent plus que 54,5 %.
Le produit net bancaire (PNB), égal à la différence entre PEB et CEB, s'établit ainsi à 62,7 MD, en hausse de 10,5 MD (+20,0 %).
La banque précise que les revenus du portefeuille comprennent une plus-value de 5,9 MD réalisée sur la cession d'une participation. Hors cet élément non récurrent, le PNB aurait atteint environ 56,8 MD, soit une progression d'environ 8,7 %.
La contribution de chaque composante à la hausse du PNB
La marge d'intérêt atteint 14,2 MD, en hausse de 1,8 MD (+15,0 %). Les intérêts perçus sont presque stables (+0,3 %), mais les intérêts encourus baissent de 2,1 %. Cette composante explique 17,6 % de la hausse du PNB.
La marge sur commissions s'établit à 17,1 MD, en léger recul de 0,2 MD (−1,0 %). Les commissions perçues diminuent de 3,0 %, ce que la baisse des commissions payées (−14,7 %) ne compense pas entièrement. Cette composante pèse pour −1,7 % dans l'évolution du PNB.
Les revenus nets du portefeuille titres et des gains de change atteignent 31,5 MD, en hausse de 8,8 MD (+38,7 %). Les revenus du portefeuille augmentent de 10,2 MD (+55,7 %), alors que les gains de change baissent de 1,4 MD (−30,9 %). Cette composante explique à elle seule 84,0 % de la hausse du PNB.
La structure du PNB évolue en conséquence. Le poids de la marge d'intérêt passe de 23,5 % à fin septembre 2025 à 22,6 % à fin septembre 2026 ; il était de 23,6 % sur l'ensemble de 2025. Le poids des revenus nets du portefeuille titres et des gains de change monte à 50,2 %, contre 43,5 % à fin septembre 2025 et 43,6 % sur l'année 2025. Les activités de marché génèrent donc désormais la moitié du PNB, alors que la marge d'intérêt en représente moins d'un quart.
Des charges opératoires en hausse, mais nettement moins vite que le PNB
Les charges opératoires atteignent 49,4 MD au 30 septembre 2026, contre 45,4 MD un an plus tôt, soit une hausse de 4,0 MD (+8,9 %). Les frais de personnel, qui en représentent la plus grande part, augmentent de 1,9 MD (+5,7 %) pour atteindre 34,8 MD. Les charges générales progressent plus vite : +2,2 MD (+17,3 %), à 14,6 MD. Le PNB a progressé de 20,0 % sur la même période, soit plus de deux fois plus vite que ces charges.
Conclusion
À fin septembre 2026, la BTE affiche un développement soutenu de son bilan. Depuis la fin de 2025, les crédits augmentent de 12,1 % et les dépôts de 10,2 %, tandis que l’endettement obligataire recule et que la part des dépôts à vue progresse.
La hausse de 20 % du PNB repose cependant surtout sur le portefeuille titres, qui fournit désormais la moitié des revenus de la banque. Ce gain est en partie lié à une plus-value de cession non récurrente. La marge d’intérêt s’améliore, mais elle reste limitée par le coût élevé des ressources, dominées par les dépôts à échéance. La marge sur commissions, elle, ne progresse pas.
Les charges opératoires augmentent nettement moins vite que le PNB, mais les fonds propres restent modestes face à un bilan qui s’élargit. Pour le dernier trimestre, l’enjeu sera de voir si la marge d’intérêt et les commissions peuvent prendre le relais du portefeuille titres, dont la contribution exceptionnelle de 2026 ne se reproduira pas nécessairement.




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