Au premier semestre 2026, la Compagnie Internationale de Leasing porte son produit net de leasing à 26,2 MDT, en hausse de 14,8 %, et son résultat net à 11,7 MDT. La progression des revenus de leasing, conjuguée à la quasi-stabilité des charges financières, soutient la performance. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une remontée du taux de créances classées et d’un repli de leur couverture.
Une production plus soutenue, avec une qualité des actifs sous pression
Les décaissements consacrés au financement des contrats de leasing ont atteint 232,2 MDT, contre 182,4 MDT un an plus tôt, soit une progression de 27,3 %. L’encours des contrats s’est ainsi établi à 691,0 MDT à fin juin, en hausse de 8,5 % depuis décembre 2025. Les créances brutes de leasing ont progressé de 9,8 % sur six mois, à 754,1 MDT, tandis que les créances nettes ont augmenté de 9,9 %, à 704,6 MDT.
Cette expansion s’est accompagnée d’une dégradation des indicateurs prudentiels. Le taux des actifs non performants est remonté à 9,64 %, contre 8,17 % à fin 2025, tout en demeurant inférieur aux 10,60 % enregistrés un an auparavant. Leur taux de couverture par les provisions et les produits réservés s’est replié à 50,83 %, après 61,01 % en décembre 2025 et 51,65 % en juin 2025. Les produits réservés ont augmenté de 2,1 MDT depuis le début de l’année, à 10,7 MDT, tandis que les provisions constituées sur les créances ont atteint 38,8 MDT, contre 36,8 MDT à fin 2025.
La croissance du bilan mobilise davantage de ressources financières
Les emprunts et dettes rattachées ont augmenté de 14,1 % depuis décembre, à 596,8 MDT. Cette hausse repose surtout sur les crédits des banques locales, qui progressent de 44,7 MDT, et sur les certificats de leasing, dont l’encours passe de 25,0 à 60,0 MDT. À l’inverse, les emprunts auprès des banques étrangères reculent de 7,0 MDT, les emprunts obligataires de 6,0 MDT et les certificats de dépôt de 4,5 MDT.
La liquidité s’est parallèlement renforcée : les caisses et avoirs auprès des banques atteignent 47,3 MDT, contre 13,5 MDT à fin 2025. Le portefeuille commercial, qui s’élevait à 21,2 MDT en décembre, a été intégralement liquidé, alors que le portefeuille d’investissement a progressé de 10,1 %, à 62,9 MDT. La dette nette ressort ainsi à 549,5 MDT, en hausse de 12,5 % sur six mois. Le gearing s’établit à 3,89 fois les capitaux propres, contre 3,45 fois à fin 2025.
Le produit net bénéficie d’un effet de ciseaux favorable.
Les intérêts et produits assimilés de leasing ont progressé de 11,6 %, à 47,6 MDT. Dans le même temps, les intérêts et charges assimilées n’ont augmenté que de 0,9 %, à 24,0 MDT. Cet écart favorable a largement compensé la baisse de 35,7 % des produits des placements, ramenés à 2,5 MDT. Le produit net de leasing a ainsi gagné 3,4 MDT (+14,8%) pour atteindre 26,2 MDT.
Les charges d’exploitation ont augmenté de 6,7 %, à 7,8 MDT, soit un rythme nettement inférieur à celui du produit net. La hausse de 12,1 % des charges de personnel a été partiellement compensée par le recul de 3,0 % des autres charges d’exploitation. Le résultat d’exploitation avant provisions s’est amélioré de 18,7 %, à 18,4 MDT.
Une hausse du résultat opérationnel freinée par la fiscalité
Les dotations nettes sur risques clients ont augmenté de 2,5 %, à 1,9 MDT, tandis que les dotations nettes aux autres provisions ont diminué de 12,2 %, à 0,3 MDT. Le coût du risque client représente 7,2 % du produit net de leasing, contre 8,1 % un an auparavant. Au total, les charges nettes de provisionnement sont restées pratiquement stables à 2,2 MDT, ramenant leur poids dans le produit net de 9,8 % à 8,5 %. Le résultat d’exploitation a dès lors progressé de 21,8 %, à 16,1 MDT.
Le résultat avant impôt s’est accru de 21,3 %, à 16,2 MDT. La charge fiscale et les contributions ont toutefois augmenté de 44,6 %, à 4,5 MDT, notamment sous l’effet d’une contribution supplémentaire de 0,4 MDT. Cette évolution limite la progression du résultat net à 14,3 %, soit 11,7 MDT. La marge nette demeure élevée à 44,9 %, contre 45,1 % un an auparavant. Le ROE semestriel non annualisé, calculé sur les capitaux propres avant résultat, s’améliore à 9,1 %, après 8,6 % au premier semestre 2025 ; le ratio annuel 2025 s’établissait à 17,8 %.
Les nouveaux emprunts reconstituent la trésorerie.
La trésorerie d’exploitation a absorbé 13,3 MDT au premier semestre, contre une génération de 20,8 MDT un an plus tôt, sous l’effet notamment de l’accélération des investissements dans les contrats de leasing. Les activités d’investissement ont mobilisé 3,3 MDT, contre 7,4 MDT, tandis que les flux de financement sont devenus positifs à hauteur de 50,4 MDT, après une sortie nette de 8,7 MDT.
CIL a encaissé 228,5 MDT de nouveaux emprunts et en a remboursé 166,3 MDT. Après 16,6 MDT de dividendes et autres distributions, la trésorerie a progressé de 33,8 MDT sur le semestre pour atteindre 47,3 MDT. La société clôt ainsi la période avec une activité et une rentabilité en progression, mais également avec un recours accru à l’endettement et des indicateurs de qualité des actifs moins favorables qu’à fin 2025.


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