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ECONOMIE

Coupures d’électricité : un manque à gagner de près de 1,27 Mrds de dinars (0,6% du PIB) pour les entreprises durant l’été 2026

Coupures d’électricité : un manque à gagner de près de 1,27 Mrds de dinars (0,6% du PIB) pour les entreprises durant l’été 2026

Les coupures d’électricité survenues en juillet et août 2026 auraient entraîné un manque à gagner de 1 269,6 millions de dinars pour les entreprises tunisiennes. Cette estimation ressort d’une enquête de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), dont les résultats ont été rapportés par la TAP et repris par Tustex dans un article consacré aux conséquences économiques de ces interruptions. Au-delà des pertes d’activité, l’étude met en évidence des dommages matériels, des difficultés à honorer les engagements commerciaux et des pressions sur les investissements.

Ce chiffre représente un peu plus de 0,63% du PIB 2026, selon les calculs de Tera Finances.

Une perte de valeur ajoutée qui ne couvre pas tous les préjudices

L’enquête, menée auprès d’entreprises industrielles, commerciales et de services marchands, évalue la valeur ajoutée qui n’a pas pu être générée en raison des arrêts d’activité.

Le montant de 1 269,6 MD ne représente donc pas l’ensemble des conséquences financières des coupures. Il exclut notamment les dégâts causés aux équipements, les pertes de clientèle et les éventuelles pénalités liées au non-respect des engagements contractuels. Ces préjudices viennent alourdir le coût économique des interruptions.

Treize jours d’activité perdus en moyenne

Selon les résultats rapportés, 96 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi des coupures d’électricité. Ces perturbations se sont traduites par une perte moyenne de 13 jours d’activité, ainsi que par le report de projets d’investissement.

Pour une partie des répondants, l’impact a été particulièrement marqué : 29 % des entreprises indiquent avoir perdu au moins 20 jours d’activité, soit l’équivalent d’un mois ouvré complet.

Sur le plan commercial, 63,5 % des entreprises font état d’une diminution de leur chiffre d’affaires. Parmi celles ayant déclaré cette baisse, 83 % relèvent du secteur industriel, selon les données présentées.

Des engagements à l’exportation fragilisés

Les perturbations ont également affecté la capacité des entreprises exportatrices à respecter leurs délais. Parmi elles, 29,4 % déclarent avoir enregistré des retards ayant entraîné des pénalités ou la perte d’un client.

Pour compenser les interruptions, 8,3 % des entreprises exportatrices ont eu recours à la sous-traitance ou à l’importation, illustrant les ajustements nécessaires pour maintenir leurs engagements commerciaux.

Parallèlement, 30,5 % des entreprises interrogées signalent une augmentation du coût de leurs intrants. Les hausses des prix de vente restent toutefois rares, ce qui suggère une capacité limitée à répercuter ces surcoûts sur les clients et une pression supplémentaire sur les marges.

Des dommages matériels largement signalés

Près des deux tiers des répondants déclarent avoir subi des dommages matériels. Les équipements concernés comprennent notamment les moteurs, les compresseurs et les machines de production, mais aussi le matériel informatique et les serveurs.

Ces dégâts ajoutent aux pertes d’activité des besoins de réparation ou de remplacement susceptibles de mobiliser davantage de ressources financières. Selon l’IACE, aucune entreprise interrogée n’avait confirmé avoir reçu une indemnisation au moment de l’enquête.

La sécurisation électrique risque de peser sur l’investissement productif

Face à ces difficultés, 74 % des entreprises envisagent d’investir, au cours des douze prochains mois, dans des solutions destinées à sécuriser leur approvisionnement électrique : groupes électrogènes, installations photovoltaïques, batteries ou autres équipements de secours.

Ces investissements peuvent réduire l’exposition aux coupures. Ils mobilisent néanmoins des ressources qui pourraient autrement financer le développement des capacités de production ou la modernisation des entreprises.

L’IACE souligne ainsi un risque d’arbitrage au détriment de l’investissement productif. Les conséquences des coupures pourraient dès lors se prolonger au-delà des pertes enregistrées durant l’été 2026, en pesant sur la capacité de développement et la compétitivité des entreprises.

Source : Tustex, d’après une dépêche de la TAP consacrée à l’enquête de l’IACE sur les conséquences économiques des coupures d’électricité de juillet et août 2026.

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