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ELINOJA Patrimoine : le CMF met en garde contre des services de gestion de portefeuilles proposés sur les réseaux sociaux

ELINOJA Patrimoine : le CMF met en garde contre des services de gestion de portefeuilles proposés sur les réseaux sociaux

Le Conseil du marché financier alerte le public sur les activités d’ELINOJA PATRIMOINE, qui proposerait, selon le régulateur, des services de gestion de portefeuilles pour le compte de tiers sous couvert de conseil en investissement. Dans un communiqué daté du 27 octobre 2026, il annonce des mesures légales, notamment le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République.

Sur les réseaux sociaux, une offre présentée comme du conseil financier peut soulever une question déterminante : quelle est la nature réelle du service proposé et son prestataire dispose-t-il des autorisations nécessaires pour l’exercer ? C’est au cœur de cette distinction que se situe la mise en garde publiée par le Conseil du marché financier à propos de la société ELINOJA PATRIMOINE.

L’alerte s’inscrit dans un appel plus général à la vigilance à l’égard des services financiers touchant à l’investissement en valeurs mobilières placées par appel public à l’épargne, proposés sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques par des personnes ou des entités ne disposant ni d’agréments ni d’autorisations.

Derrière cette formulation large, le communiqué désigne une activité précise : la gestion de portefeuilles de valeurs mobilières pour le compte de tiers.

Une activité que le CMF distingue du conseil affiché

Selon le régulateur, ELINOJA PATRIMOINE propose, via un réseau social, des services relevant de cette gestion, « sous couvert de conseil en investissement et de recommandations en matière financière ». Le CMF précise qu’aucune demande d’agrément ou d’autorisation n’a été déposée auprès de ses structures par l’entité proposant ces prestations.

Le point soulevé porte donc sur la nature des services offerts, au-delà de leur présentation commerciale. Le CMF ne se limite pas à relever la diffusion de conseils ou d’opinions sur les marchés : il considère que l’offre en question relève de la gestion de portefeuilles pour autrui, une activité soumise à agrément.

Le communiqué ne détaille cependant pas les éléments sur lesquels repose cette appréciation. Il ne précise ni les modalités d’intervention de la société sur les portefeuilles, ni les éventuels mandats proposés, ni les conditions d’exécution des opérations. Il ne fait pas davantage état de fonds effectivement collectés auprès d’investisseurs, de montants engagés ou de pertes constatées.

Cette distinction est essentielle pour comprendre la portée de l’alerte : le CMF vise des services qu’il qualifie de gestion de portefeuilles pour le compte de tiers ; son communiqué ne permet pas de conclure à l’existence d’une collecte de fonds.

L’agrément, une protection qui dépasse la formalité administrative

Le régulateur rappelle que la gestion de portefeuilles pour le compte de tiers ne peut être exercée que par les intermédiaires en bourse, les sociétés de gestion et les banques, sous réserve de l’obtention d’un agrément du CMF.

Ces professionnels sont soumis à des exigences de compétence, de diligence et de protection des investisseurs, ainsi qu’au contrôle du régulateur. L’agrément inscrit ainsi leur intervention dans un cadre légal et réglementaire destiné à protéger les investisseurs et l’épargne investie.

À l’inverse, souligne le CMF, le recours à des personnes ou à des entités dépourvues des agréments ou autorisations nécessaires peut priver les investisseurs des garanties attachées à l’intervention de professionnels réglementés et les exposer à des risques financiers accrus.

L’appel à la vigilance concerne donc autant le contenu des offres que l’identité et le statut de ceux qui les diffusent. Une présence sur les réseaux sociaux ou une communication axée sur le conseil financier ne dispense pas de vérifier les autorisations correspondant au service proposé.

Une plainte annoncée, une qualification juridique encore à déterminer

La mise en garde comporte également un volet judiciaire. Le CMF indique que, compte tenu de leur nature, les faits reprochés à ELINOJA PATRIMOINE sont susceptibles de constituer des actes contraires à la législation en vigueur et de revêtir un caractère pénal.

Il assortit expressément cette appréciation d’une réserve : la qualification juridique des faits appartient aux autorités compétentes. À ce titre, le régulateur annonce qu’il prendra les mesures légales nécessaires, notamment par le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République.

Le communiqué annonce donc une démarche à venir ; il ne fait pas état d’une plainte déjà déposée ni d’une décision judiciaire établissant une infraction. Les faits exposés demeurent ceux reprochés à la société par le régulateur, sans préjuger des suites qui leur seront données.

Vérifier le prestataire avant de s’engager

Au-delà du cas nommément cité, le CMF invite les investisseurs à vérifier systématiquement, auprès de ses sources officielles, le statut et les autorisations des personnes ou entités proposant de tels services, et à ne traiter qu’avec des professionnels dûment agréés.

Pour l’épargnant, l’enjeu consiste à identifier ce qui lui est réellement proposé : une recommandation financière ou une prestation de gestion de son portefeuille. C’est précisément cette frontière que la mise en garde place au premier plan, tout en laissant aux autorités compétentes le soin d’apprécier juridiquement les faits reprochés à ELINOJA PATRIMOINE.

Source : communiqué du Conseil du marché financier du 27 octobre 2026.

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