Au troisième trimestre 2026, Ennakl Automobiles a poursuivi la progression de son activité, sans parvenir à préserver la marge dégagée sur ses ventes. Les revenus hors taxes atteignent 153,003 millions de dinars (MD), contre 147,330 MD au troisième trimestre 2025, soit une hausse de 3,85 %. Cette croissance s’accompagne toutefois d’une augmentation plus rapide du coût d’achat des marchandises vendues, qui passe de 122,830 MD à 132,974 MD, en progression de 8,26 %.
Ce décalage pèse directement sur la marge commerciale, calculée par différence entre les revenus hors taxes et le coût d’achat des marchandises vendues. Celle-ci se replie à 20,028 MD, contre 24,500 MD un an auparavant, accusant une baisse de 18,25 %. Ainsi, les 5,673 MD de revenus supplémentaires du trimestre ne suffisent pas à absorber une hausse de 10,145 MD du coût des marchandises vendues. Rapportée au chiffre d’affaires, la marge commerciale ressort à 13,09 %, contre 16,63 % au troisième trimestre 2025, soit une contraction de 3,54 points de pourcentage.
Sur les neuf premiers mois de l’exercice, la même tendance se confirme. Le chiffre d’affaires cumulé s’établit à 465,482 MD, contre 452,365 MD au 30 septembre 2025, enregistrant une croissance de 2,90 %, conformément à l’évolution annoncée par la société. En parallèle, le coût d’achat des marchandises vendues augmente de 7,44 %, pour atteindre 398,508 MD, contre 370,922 MD. À une progression des revenus de 13,117 MD répond donc un alourdissement de 27,586 MD du coût des marchandises vendues.
La marge commerciale cumulée se contracte en conséquence de 17,77 %, passant de 81,443 MD à 66,974 MD, soit une diminution de 14,469 MD. L’enjeu de la période réside ainsi dans la capacité à convertir la croissance commerciale en marge : l’activité progresse, mais chaque dinar de revenus dégage une contribution commerciale plus faible.
Le taux de marge commerciale, défini ici comme la marge commerciale rapportée aux revenus hors taxes, s’établit à 14,39 % au 30 septembre 2026, contre 18,00 % au 30 septembre 2025 et 17,67 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. Il perd ainsi 3,62 points sur un an et se situe 3,28 points sous son niveau annuel de 2025. Le taux du troisième trimestre seul, inférieur au taux cumulé des neuf mois, souligne la persistance de cette pression durant la période estivale.
Face à cette érosion, les dépenses de personnel demeurent contenues. La masse salariale cumulée s’établit à 19,681 MD, contre 19,759 MD un an plus tôt, soit une baisse de 0,39 %. Cette quasi-stabilité, permet une légère amélioration de son poids dans les revenus : 4,23 %, contre 4,37 % à fin septembre 2025, soit un allègement de 0,14 point. Ce ratio reste toutefois supérieur aux 4,03 % enregistrés sur l’ensemble de 2025, de 0,20 point, la comparaison avec une année complète devant tenir compte de la répartition des revenus et des charges au fil de l’exercice.
L’effectif en fin de période revient à 326 personnes, contre 335 au 30 septembre 2025 et 334 au 31 décembre 2025. Le réseau commercial demeure, pour sa part, inchangé à 27 agences officielles, aussi bien par rapport à septembre 2025 qu’à décembre 2025.
Les opérations financières apportent un soutien appréciable aux réalisations cumulées. Les produits financiers progressent de 37,47 %, passant de 20,324 MD à 27,939 MD. La publication ne détaille pas leur composition, ce qui ne permet pas d’attribuer cette hausse à une catégorie précise de revenus financiers. Les charges financières augmentent néanmoins beaucoup plus rapidement : elles atteignent 4,533 MD, contre 1,388 MD, soit une hausse de 226,63 %. Dans ses commentaires, Ennakl mentionne notamment le recours aux opérations d’escompte.
Malgré cet alourdissement, le résultat financier, obtenu par différence entre produits et charges financières, s’améliore de 23,60 %, à 23,406 MD, contre 18,936 MD sur les neuf premiers mois de 2025. Son augmentation de 4,470 MD amortit partiellement la diminution de la marge commerciale. Elle ne suffit toutefois pas à la compenser intégralement, et les indicateurs disponibles ne permettent pas de conclure sur l’évolution du résultat net, faute de disposer de l’ensemble des charges et produits de la période.
La situation financière présente parallèlement un changement d’échelle. Le solde de trésorerie nette atteint 136,473 MD au 30 septembre 2026, contre 10,198 MD au 31 décembre 2025, soit un renforcement de 126,275 MD. La société explique principalement cette évolution par un emprunt obligataire de 60 MD, réalisé sans recours à l’appel public à l’épargne, ainsi que par la mise en place d’un compte courant d’associé de 50 MD. Ces deux financements représentent ensemble 110 MD. L’amélioration de la trésorerie repose donc largement sur la mobilisation de ressources financières ; elle ne peut être assimilée à une génération équivalente de liquidités par l’exploitation.
Cette liquidité accrue s’accompagne d’un raccourcissement marqué du délai moyen de règlement des fournisseurs étrangers. Celui-ci revient à 91 jours, contre 150 jours au 30 septembre 2025 comme au 31 décembre 2025, soit une réduction de 59 jours dans les deux comparaisons. Toutes choses égales par ailleurs, des règlements plus rapides réduisent le financement procuré par le crédit fournisseur et accroissent les ressources à mobiliser pour financer le cycle d’exploitation.
Ennakl Automobiles aborde ainsi la fin de l’exercice avec des revenus en progression et une trésorerie nettement renforcée, mais une marge commerciale sensiblement affaiblie. La maîtrise de la masse salariale et l’amélioration du résultat financier apportent des compensations partielles. La capacité à restaurer la marge sur les ventes demeure déterminante pour que la croissance de l’activité se traduise plus pleinement dans la performance de la société.




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