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ECONOMIE

Éolien d’El Fahs : comment les crédits carbones japonais pourraient soutenir un investissement de 100 millions d’euros

Éolien d’El Fahs : comment les crédits carbones japonais pourraient soutenir un investissement de 100 millions d’euros

Le futur parc éolien de 75 mégawatts d’El Fahs a été sélectionné pour bénéficier du dispositif japonais de soutien aux projets générant des crédits carbones. Cette nouvelle étape pourrait faciliter le financement d’un investissement estimé à 100 millions d’euros, sans que le montant de la subvention ni la répartition future des crédits aient encore été communiqués.

Le projet éolien d’El Fahs vient de franchir une nouvelle étape dans la préparation de son montage financier. Le ministère japonais de l’Environnement l’a sélectionné, le 14 juillet 2026, dans le cadre du programme de subvention associé au Joint Crediting Mechanism, ou JCM, mis en place par le Japon avec plusieurs pays partenaires.

D’une capacité de 75 mégawatts, le parc doit produire de l’électricité destinée au réseau de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz. En remplaçant une partie de l’électricité issue des combustibles fossiles, il permettrait d’éviter l’émission de 88 367 tonnes équivalent CO₂ par an, selon l’estimation publiée par les autorités japonaises.

Cette quantité demeure prévisionnelle. Les réductions effectivement obtenues devront être mesurées, déclarées et vérifiées avant de pouvoir être converties en crédits carbone.

Une subvention dont le montant reste inconnu

Le dispositif japonais peut prendre en charge jusqu’à la moitié du coût d’investissement initial des projets sélectionnés. Ce plafond constitue toutefois une règle générale du programme et non le montant nécessairement accordé au parc d’El Fahs.

L’enveloppe propre au projet n’a pas été rendue publique. Il serait donc prématuré d’évaluer la subvention à 50 millions d’euros en appliquant mécaniquement le plafond de 50 % à l’investissement estimé.

La sélection annoncée est par ailleurs présentée par l’organisme gestionnaire japonais comme préliminaire. Le contenu du projet doit encore être examiné avant la notification de la décision définitive au participant japonais. Le soutien attendu pourrait néanmoins réduire le besoin de financement externe et améliorer l’équilibre économique de l’investissement.

Le mécanisme ne repose pas uniquement sur une aide financière. En contrepartie de son concours, le Japon doit pouvoir comptabiliser une partie des réductions d’émissions réalisées grâce au projet dans ses propres engagements climatiques. Les crédits sont répartis entre les deux pays selon des modalités bilatérales et font l’objet d’ajustements destinés à éviter qu’une même réduction soit comptabilisée simultanément par la Tunisie et le Japon.

Un contrat de 25 ans avec la STEG

Le parc d’El Fahs avait déjà franchi une étape structurante en janvier 2026 avec l’attribution à Scatec d’un contrat d’achat d’électricité de 25 ans conclu avec la STEG.

L’investissement total est estimé à environ 100 millions d’euros. Le groupe norvégien Scatec prévoit de détenir 50 % de la société de projet, aux côtés d’Aeolus SAS, appartenant au groupe japonais Toyota Tsusho, pour les 50 % restants. Dans le dispositif japonais de crédits carbone, Eurus Energy Holdings Corporation intervient comme participant de référence.

Le financement doit combiner fonds propres et dette sans recours, c’est-à-dire une dette remboursée principalement à partir des flux de trésorerie générés par le parc. Scatec indique être encore en discussion avec plusieurs institutions financières et prévoit la clôture du financement au premier semestre 2027.

Le projet ne peut donc pas encore être considéré comme intégralement financé. Le montant définitif de la subvention japonaise, les conditions des emprunts, le calendrier des travaux et la date de mise en service restent à préciser.

Un financement climatique à portée économique

Pour la Tunisie, l’intérêt du projet dépasse les seules réductions d’émissions. La production éolienne devrait diminuer la quantité de gaz nécessaire à la génération électrique et limiter, à terme, l’exposition du pays aux importations énergétiques et aux fluctuations des prix internationaux.

La sélection d’El Fahs montre également comment les mécanismes de l’article 6 de l’Accord de Paris peuvent être mobilisés pour améliorer le financement des infrastructures renouvelables. Leur apport réel dépendra toutefois de la transparence du partage des crédits carbone et de la capacité du soutien japonais à accélérer la clôture financière puis la réalisation effective du parc.

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