Essoukna a clôturé le premier semestre 2026 sur un chiffre d’affaires de 8,13 millions de dinars, en recul de 35,1 % par rapport aux 12,53 millions enregistrés à fin juin 2025. Malgré cette contraction marquée de l’activité, la société est parvenue à préserver son bénéfice net, qui s’établit à 344 mille dinars, contre 346 mille dinars un an auparavant.
Le repli des revenus provient principalement des ventes de logements, passées de 12,12 à 6,95 millions de dinars, soit une baisse de 42,7 %. Cette diminution a toutefois été partiellement compensée par la progression des ventes de bureaux et de magasins. Celles-ci ont généré ensemble 1,11 million de dinars, contre 315 mille dinars au premier semestre 2025. Les ventes de terrains lotis sont restées marginales, à 78 mille dinars.
Une marge d’exploitation en amélioration
La valeur ajoutée brute a reculé de 23,2 %, à 2,86 millions de dinars, tandis que l’excédent brut d’exploitation s’est contracté de 20,9 %, à 1,86 million. Ces baisses restent néanmoins moins prononcées que celle du chiffre d’affaires, traduisant une amélioration relative de la rentabilité opérationnelle.
Le résultat d’exploitation ressort ainsi à 1,83 million de dinars, contre 2,28 millions une année auparavant, soit un repli de 19,8 %. Rapporté aux produits d’exploitation, il représente une marge de 22,4 %, contre 18,1 % à fin juin 2025. Cette évolution s’explique notamment par la diminution des charges de personnel, passées de 1,27 million à 940 mille dinars, ainsi que par la baisse de plusieurs charges directement liées aux projets.
La quasi-stabilité du bénéfice net a également été soutenue par les produits de placements, qui ont atteint 129 mille dinars, contre seulement 18 mille dinars au premier semestre 2025. Parallèlement, les charges financières nettes ont diminué de 13,6 %, à 1,62 million de dinars. Elles continuent néanmoins d’absorber près de 89 % du résultat d’exploitation, limitant fortement la rentabilité finale. La marge nette s’améliore ainsi de 2,8 % à 4,2 %, malgré un bénéfice pratiquement inchangé.
Les projets en cours augmentent les stocks.
Au bilan, les stocks nets ont atteint 59,35 millions de dinars au 30 juin 2026, en hausse de 2,3 % par rapport à fin décembre 2025. Leur composition traduit l’avancement du programme de construction : le stock de travaux en cours a progressé de 34,9 %, à 30,13 millions de dinars, tandis que le stock de produits finis a diminué de 24,4 %, à 18,35 millions. Le stock de terrains à bâtir s’est, pour sa part, légèrement replié à 10,95 millions de dinars.
Cette évolution est principalement liée aux deux projets en construction à Nouvelle Médina 3 et à Manouba. Au cours du semestre, Essoukna a consacré 2,86 millions de dinars aux travaux du projet Manouba Lot 1. Le projet Nouvelle Médina 3 devrait constituer le principal relais commercial des prochains mois. La société prévoit d’obtenir son procès-verbal de récolement durant le second semestre 2026 et estime son chiffre d’affaires potentiel à 27,9 millions de dinars.
À fin juin, les ventes déjà réalisées et les promesses fermes totalisaient 15,36 millions de dinars, dont 7,22 millions de promesses susceptibles d’être concrétisées au cours de l’exercice. Leur transformation en contrats définitifs sera déterminante pour le niveau d’activité du second semestre.
Une consommation de trésorerie à surveiller
Le principal point de vigilance concerne les flux de trésorerie. Les activités d’exploitation ont consommé 2,19 millions de dinars au premier semestre 2026, alors qu’elles avaient généré 916 mille dinars un an auparavant. Cette dégradation résulte notamment de la hausse des stocks et des créances, de l’augmentation des autres actifs courants et de la diminution nette des dettes d’exploitation.
Les flux d’investissement sont restés positifs à 181 mille dinars. En revanche, la société a dû mobiliser davantage de financements : elle a contracté 6 millions de dinars de nouveaux emprunts et en a remboursé 5,05 millions, dégageant un flux de financement positif de 922 mille dinars.
Au total, la trésorerie nette est devenue négative de 38 mille dinars, contre un solde positif de 1,05 million à fin décembre 2025. L’endettement bancaire brut a augmenté de 5,4 %, à 32,81 millions de dinars, avec une nette remontée des échéances à court terme et l’apparition d’un découvert bancaire de 741 mille dinars.
Essoukna termine ainsi le semestre avec une rentabilité mieux maîtrisée, malgré la baisse des ventes. La concrétisation des promesses fermes et surtout la commercialisation de Nouvelle Médina 3 seront essentielles pour accélérer le déstockage, restaurer les flux d’exploitation et contenir le recours à l’endettement.


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