Euro-Cycles clôture le premier semestre 2026 sur un net ralentissement de son activité à l'export. Le chiffre d'affaires recule de 43,0%, entraînant dans son sillage l'ensemble des soldes de gestion : la marge brute, l'EBITDA et le résultat d'exploitation perdent chacun plusieurs points de rentabilité, et le résultat net de la période retombe à 1,491 MDT, contre 6,827 MDT un an plus tôt. Si la société a continué à réduire son endettement brut, la forte contraction de sa trésorerie disponible dessine un semestre où la génération de cash a nettement pâti du repli commercial.
Un semestre pénalisé par le repli commercial et la compression des marges
Le fabricant de cycles de Kalaa Kébira, dont l'activité reste tournée pour l'essentiel vers les marchés européens, voit ses revenus reculer de 56,054 MDT au 30 juin 2025 à 31,976 MDT au 30 juin 2026, soit une baisse de 24,078 MDT (-42,95%), portée principalement par les ventes de vélos (-45,65%), les ventes d'accessoires résistant mieux (-11,98%). En intégrant les autres produits d'exploitation, le total des produits d'exploitation s'établit à 32,099 MDT, contre 56,167 MDT un an plus tôt (-42,85%).
Les achats consommés reculent moins vite que l'activité (-39,27%), ce qui comprime la marge brute : elle passe de 17,378 MDT à 8,490 MDT, et son taux recule de 31,00% à 26,55% des revenus. Cet effet de ciseau se propage à l'EBITDA, en repli de 68,47% à 2,960 MDT (taux de marge de 9,26%, contre 16,75% un an plus tôt), puis au résultat d'exploitation, qui chute de 72,44% à 2,430 MDT, pour un taux de marge ramené à 7,57%, contre 15,69% au 30 juin 2025 et 13,23% sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Un résultat net et une rentabilité financière fortement réduits
Les charges financières nettes s'allègent, de 1,871 MDT à 1,338 MDT, grâce au recul des intérêts sur emprunts, partiellement contrarié par un solde de change devenu négatif. Les produits des placements, dominés par le dividende de la participation dans Tunindustrie, reculent pour leur part de 1,208 MDT à 0,632 MDT. Le résultat des activités ordinaires avant impôt s'établit ainsi à 1,750 MDT, contre 8,210 MDT au 30 juin 2025 (-78,69%).
Imposable au taux de l'IS de 15% (Note 1.3 page 7), la société enregistre une charge d'impôt de 0,259 MDT, contre 1,383 MDT un an plus tôt, en cohérence avec le recul du résultat imposable. Au final, le résultat net de la période s'établit à 1,491 MDT au 30 juin 2026, contre 6,827 MDT au 30 juin 2025 (-78,16%) et 8,431 MDT sur l'ensemble de l'exercice 2025, ramenant le taux de marge nette à 4,64%, contre 12,16% un an plus tôt. Rapporté aux capitaux propres avant résultat, le ROE non annualisé recule de 12,20% à 2,59% ; annualisé, il ressortirait à environ 5,19% pour l'exercice 2026, à comparer à 15,06% réalisés sur l'ensemble de 2025.
Conclusion
Au niveau du bilan, le besoin en fonds de roulement progresse modérément par rapport au 31 décembre 2025 (+3,11%), tiré par la hausse des créances clients. La dette financière brute continue de se réduire (-10,93%), mais la trésorerie disponible chute de 82,09% sur la même période, si bien que la dette financière nette se dégrade de 23,344 MDT à 30,379 MDT (+30,13%). Les flux de trésorerie d'exploitation basculent en territoire négatif, entraînant un repli de la trésorerie de clôture à 2,531 MDT, contre 14,105 MDT au 31 décembre 2025 (-82,06%). Ce premier semestre 2026 dessine ainsi le profil d'une société dont l'allègement de l'endettement brut et la maîtrise partielle des charges financières ne suffisent pas à compenser un ralentissement commercial qui pèse à la fois sur la rentabilité et sur la génération de trésorerie.


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