Les entreprises industrielles tunisiennes peuvent déposer leur candidature jusqu’au 13 septembre 2026 pour bénéficier d’un diagnostic de maturité digitale, d’une feuille de route personnalisée et de la conception du cahier des charges d’un projet pilote. Cette première étape est intégralement financée par la coopération allemande.
L’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) a annoncé la prolongation du délai de candidature à son appel à projets Industrie 4.0. Initialement fixée au 16 août, la date limite de dépôt des dossiers est désormais reportée au dimanche 13 septembre 2026 à 23h59.
Cette prolongation doit accorder aux entreprises industrielles intéressées un délai supplémentaire pour finaliser leurs dossiers et favoriser une participation plus large au programme.
Porté par le HUB Industrie 4.0 de l’APII, le dispositif est mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’initiative spéciale allemande « Emploi décent pour une transition juste » – Invest for Jobs, relevant du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mise en œuvre par la GIZ Tunisie.
Ce premier appel à projets lancé par le HUB Industrie 4.0 devrait permettre de sélectionner une cohorte de 10 à 20 entreprises industrielles tunisiennes.
Préparer la transformation numérique avant d’investir
L’appel à projets vise à accompagner les entreprises dans la phase de préparation de leur transformation numérique. Il ne s’agit pas, à ce stade, de financer directement l’acquisition de robots, de machines, de logiciels ou d’autres équipements technologiques.
Le programme intervient en amont de ces investissements afin d’aider chaque entreprise sélectionnée à déterminer son niveau de maturité digitale, à identifier ses besoins prioritaires et à définir un projet technologique adapté à ses contraintes opérationnelles et financières.
L’accompagnement comprend trois principaux livrables :
- un diagnostic de maturité digitale et industrielle ;
- une feuille de route de transformation personnalisée ;
- un cahier des charges détaillé pour un Proof of Concept, ou PoC.
Cette démarche doit permettre aux entreprises d’éviter des investissements technologiques mal dimensionnés ou insuffisamment adaptés à leurs besoins. Elle vise également à relier la transformation numérique à des objectifs mesurables, tels que l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts, le renforcement de la qualité, la traçabilité, la diminution des arrêts de production ou l’optimisation de la consommation énergétique.
Qu’est-ce que l’Industrie 4.0 ?
L’Industrie 4.0 désigne une nouvelle étape de la modernisation industrielle fondée sur l’intégration des technologies numériques aux processus de production.
Elle repose notamment sur l’interconnexion des machines et des systèmes, la collecte et l’exploitation des données en temps réel, l’automatisation intelligente, la robotisation et l’utilisation de solutions capables d’améliorer le pilotage des opérations industrielles.
Dans une entreprise, cette transformation peut prendre différentes formes :
- installation de capteurs pour suivre les équipements en temps réel ;
- maintenance prédictive destinée à anticiper les pannes ;
- automatisation ou robotisation de certaines opérations ;
- utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les procédés ;
- contrôle automatisé de la qualité par vision industrielle ;
- amélioration de la traçabilité des matières premières et des produits ;
- intégration des systèmes de gestion ERP et des systèmes de pilotage de la production MES ;
- exploitation des données industrielles à travers des tableaux de bord ;
- optimisation de la consommation d’énergie et des ressources ;
- amélioration de la planification de la production et de la chaîne d’approvisionnement.
L’Industrie 4.0 ne se limite donc pas à l’achat d’équipements sophistiqués. Elle suppose une transformation plus globale de l’organisation, des processus, des compétences et de la manière dont l’entreprise utilise ses données.
Un accompagnement organisé en trois phases
La première phase consiste à réaliser un diagnostic de la maturité digitale, technologique et organisationnelle de l’entreprise.
Cette évaluation portera notamment sur les processus de production, les systèmes d’information, les flux de données, le niveau d’automatisation, l’organisation interne et les compétences disponibles. Elle permettra également d’identifier les principaux cas d’usage susceptibles d’améliorer la performance de l’entreprise.
La deuxième phase sera consacrée à l’élaboration d’une feuille de route. Les besoins identifiés seront classés selon leur pertinence, leur faisabilité et leur impact potentiel. L’entreprise pourra ainsi disposer d’un plan de transformation réaliste, progressif et adapté à ses moyens.
La troisième phase portera sur la conception du cahier des charges d’un Proof of Concept.
Le PoC est une expérimentation ciblée destinée à tester, à petite échelle et dans des conditions réelles, la faisabilité et l’utilité d’une solution avant d’envisager son déploiement plus large.
Le cahier des charges du PoC précisera notamment :
- le problème opérationnel à résoudre ;
- les objectifs et les résultats attendus ;
- le périmètre du projet pilote ;
- les spécifications fonctionnelles et techniques ;
- les technologies et l’architecture envisagées ;
- les prérequis nécessaires ;
- les indicateurs de performance ;
- les hypothèses de gains ;
- les critères permettant d’évaluer le succès du projet ;
- le budget prévisionnel et les conditions de mise en œuvre.
Deux cahiers des charges à ne pas confondre
Le document publié avec l’appel à projets est le cahier des charges général du programme. Il définit les critères d’éligibilité, la procédure de candidature, les modalités de sélection, le financement et les obligations des bénéficiaires.
Le cahier des charges du PoC est, quant à lui, un document technique propre à chaque entreprise. Il sera élaboré au cours de l’accompagnement et décrira précisément le futur projet pilote à mettre en œuvre.
Le premier document fixe donc les règles de l’appel à projets, tandis que le second constituera l’un des résultats de l’accompagnement proposé aux entreprises sélectionnées.
Quelles entreprises peuvent candidater ?
L’appel à projets est ouvert aux entreprises industrielles de tous secteurs répondant aux conditions suivantes :
- être implantées et exercer une activité en Tunisie ;
- disposer d’une activité opérationnelle en cours ;
- présenter une situation financière saine ;
- avoir la capacité d’envisager un projet de transformation ;
- démontrer l’engagement de la direction dans une démarche Industrie 4.0 ;
- être en mesure de mobiliser des équipes internes pour participer au diagnostic et aux ateliers de travail.
Les entreprises peuvent candidater lorsqu’elles souhaitent initier un projet de transformation digitale, structurer une démarche Industrie 4.0 ou préparer le déploiement d’une solution technologique à travers un projet pilote.
Le besoin présenté doit être concret et lié aux activités de l’entreprise. Il doit également comporter un potentiel de création de valeur mesurable et, si possible, une capacité de généralisation à une plus grande échelle.
Ne sont pas éligibles les entreprises ne relevant pas du secteur industriel, celles qui se trouvent en situation de difficulté financière avérée ou de cessation d’activité, ainsi que les projets purement académiques, exploratoires ou dépourvus d’application opérationnelle concrète.
Quels projets peuvent être proposés ?
Les projets peuvent notamment porter sur :
- l’intelligence artificielle ;
- l’analyse prédictive ;
- la vision industrielle ;
- la maintenance prédictive ;
- l’Internet industriel des objets ;
- les capteurs et le suivi en temps réel ;
- l’automatisation et la robotisation ;
- l’analyse des données industrielles ;
- la traçabilité et le contrôle qualité ;
- la digitalisation des opérations ;
- l’intégration des systèmes MES et ERP ;
- l’efficacité énergétique ;
- l’optimisation des procédés et des ressources.
Cette liste n’est pas exhaustive. Une entreprise peut proposer un autre cas d’usage dès lors qu’il répond à un besoin industriel réel et s’inscrit dans le périmètre de l’Industrie 4.0.
L’entreprise candidate n’est pas tenue de disposer dès le départ d’une solution technique entièrement définie. Elle doit toutefois être capable d’exposer clairement le problème rencontré, le processus concerné, les résultats recherchés et les moyens qu’elle pourrait mobiliser.
Une première étape financée à 100 %
Les prestations relatives au diagnostic, à l’élaboration de la feuille de route et à la conception du cahier des charges du PoC sont intégralement prises en charge par la coopération allemande.
Le financement couvre les prestations réalisées par les Centres de compétences Industrie 4.0 et les prestataires habilités dans le cadre du programme. Il ne correspond donc pas à une subvention versée directement à l’entreprise bénéficiaire.
Les investissements lourds, le déploiement industriel à grande échelle, les dépenses sans lien direct avec la préparation du PoC, les coûts internes de l’entreprise et les dépenses engagées avant la signature de la convention ne sont pas couverts.
Toute dépense dépassant les plafonds arrêtés par le programme restera également à la charge de l’entreprise.
Le déploiement du projet pilote soumis à une seconde sélection
À l’issue de la première étape, les entreprises accompagnées seront automatiquement positionnées comme candidates potentielles à une phase ultérieure de déploiement du PoC sur le terrain.
Cette inscription dans le vivier de candidats ne signifie toutefois pas qu’elles seront automatiquement retenues ou que leur projet pilote sera intégralement financé.
L’accès à cette deuxième étape dépendra d’une nouvelle sélection restrictive. Celle-ci tiendra notamment compte :
- du score de maturité digitale de l’entreprise ;
- de ses capacités techniques et organisationnelles ;
- de la faisabilité du PoC ;
- de sa capacité à mettre en œuvre le projet ;
- de sa capacité financière à supporter la poursuite et, éventuellement, la généralisation de la transformation.
Cette seconde étape nécessitera un cofinancement obligatoire de l’entreprise bénéficiaire. Les modalités de sélection, le calendrier et la répartition du financement seront précisés ultérieurement par les responsables du programme.
Comment les candidatures seront-elles sélectionnées ?
Après la clôture de l’appel à projets, les dossiers seront examinés par une commission comprenant des représentants du HUB Industrie 4.0, de la GIZ et, éventuellement, des experts externes ou des représentants institutionnels.
La sélection se déroulera en trois temps :
- vérification de la complétude du dossier ;
- contrôle de l’éligibilité de l’entreprise et du projet ;
- évaluation technique des candidatures recevables.
La conformité administrative, la complétude du dossier et la santé financière constituent des critères éliminatoires.
La notation technique est ensuite répartie entre deux blocs :
- la capacité technique et organisationnelle de l’entreprise, qui représente 80 % de l’évaluation ;
- le potentiel du cas d’usage proposé, qui représente 20 % de l’évaluation.
La commission examinera notamment la motivation de l’entreprise, l’engagement de sa direction, l’existence d’une équipe projet, son niveau de maturité digitale, la clarté du besoin exprimé, la cohérence du cas d’usage et son impact potentiel sur la productivité, la qualité, les coûts ou les opérations.
Les candidatures obtenant un score supérieur à 3,75 seront considérées comme prioritaires. Celles obtenant un score compris entre 2 et 3,75 pourront être jugées recevables mais non prioritaires et placées sur liste d’attente. Un score inférieur à 2 conduira au refus de la candidature.
En cas d’égalité, la priorité pourra être accordée successivement à l’entreprise ayant déjà réalisé un diagnostic Industrie 4.0, à celle présentant le meilleur niveau de maturité digitale, puis à celle démontrant la meilleure capacité de financement.
Les entreprises non retenues pourront demander le réexamen de leur candidature dans un délai maximal de cinq jours ouvrables à compter de la notification des résultats.
Comment constituer le dossier ?
La candidature doit être déposée exclusivement en ligne, au plus tard le 13 septembre 2026 à 23h59, à travers le formulaire suivant :
https://forms.gle/srg4rcqk3vJrri5P7
Le formulaire permet de recueillir les principales informations relatives à l’entreprise, notamment :
- son identité et son activité ;
- son chiffre d’affaires et ses effectifs ;
- ses principaux marchés ;
- son organisation interne ;
- sa situation financière ;
- les compétences disponibles ;
- son niveau d’équipement informatique ;
- les systèmes utilisés ;
- son niveau de maturité digitale ;
- les motivations de sa candidature ;
- le besoin ou le problème industriel identifié ;
- le processus ou la ligne de production concernée ;
- le cas d’usage envisagé ;
- les résultats attendus.
Pour renforcer la qualité de son dossier, l’entreprise doit décrire son besoin de manière concrète. Elle gagnera notamment à préciser l’origine du problème, ses effets sur l’activité, le périmètre concerné, les améliorations recherchées et les équipes susceptibles de participer au projet.
Quelles pièces justificatives faut-il joindre ?
Le dossier doit notamment comprendre :
- l’original d’un extrait récent du Registre national des entreprises ;
- le certificat d’affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale ou une attestation de solde valable, originale ou sous forme de copie conforme ;
- une attestation de régularisation de la situation fiscale ;
- une attestation d’identité fiscale valable ;
- une copie de l’attestation d’entrée en production ;
- un document attestant les pouvoirs du signataire ;
- les statuts juridiques de l’entreprise ;
- une déclaration sur l’honneur dûment remplie et signée par le premier responsable légal ;
- les états financiers du dernier exercice clos ;
- une déclaration sur l’honneur de non-faillite.
L’entreprise peut également joindre, à titre facultatif, un diagnostic Industrie 4.0 déjà réalisé, des documents décrivant ses systèmes et ses processus ou tout support permettant d’apprécier son niveau de maturité digitale.
Une candidature incomplète, tardive ou non conforme peut être rejetée. Les entreprises intéressées ont donc intérêt à vérifier suffisamment tôt la validité et la disponibilité de l’ensemble des documents administratifs, sociaux, fiscaux et financiers demandés.
Quelles obligations pour les entreprises sélectionnées ?
Les bénéficiaires devront participer activement à l’ensemble du parcours. Ils devront notamment :
- désigner et mobiliser les interlocuteurs internes concernés ;
- mettre à la disposition des experts les informations et les données nécessaires ;
- participer aux ateliers de travail ;
- respecter les jalons et les procédures du programme ;
- fournir les documents demandés dans le cadre du suivi et des audits ;
- contribuer aux actions de communication et de valorisation, dans les conditions qui seront précisées.
Tout manquement significatif pourra entraîner la suspension, la réduction ou l’annulation du financement accordé.
L’APII précise toutefois que la confidentialité des informations communiquées par les entreprises devra être préservée lors des actions de valorisation et de communication du programme.
Un calendrier à actualiser après la prolongation
Le cahier des charges, établi avant la décision de prolongation, mentionnait initialement une clôture des candidatures au 16 août, une sélection au 30 août et un démarrage des accompagnements à partir du 15 septembre 2026.
La date limite ayant été reportée au 13 septembre, les dates relatives à la sélection et au démarrage du programme devront vraisemblablement être révisées. Les entreprises candidates devront donc se référer aux prochaines communications de l’APII pour connaître le calendrier actualisé.
La clôture de la cohorte était initialement envisagée pour mars 2027, à titre indicatif.
Où obtenir davantage d’informations ?
Les entreprises peuvent consulter le cahier des charges complet avant de remplir le formulaire. Ce document détaille le fonctionnement du programme, les critères de sélection, les modalités de financement, les obligations des bénéficiaires et la grille d’évaluation.
Pour toute demande d’information complémentaire, le cahier des charges indique les coordonnées suivantes :
HUB Industrie 4.0 – APII
63, rue de Syrie, 1002 Tunis Belvédère
E-mail : hubi4.0@apii.tn
Téléphone : 70 162 890 / 70 162 888
Les candidatures doivent être déposées exclusivement en ligne avant le dimanche 13 septembre 2026 à 23h59.


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