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Entretiens, portraits et analyses en format interview avec les acteurs de la finance.

Lapresse : une échéance de 700 millions d'euros attendue le 15 juillet, quel impact sur les réserves en devises ?
INTERVIEW

Lapresse : une échéance de 700 millions d'euros attendue le 15 juillet, quel impact sur les réserves en devises ?

11/07/2026 17:51 59 vues Par Tera Finances

L'endettement total de l'économie tunisienne, incluant la dette publique et privée, a atteint 154,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2025, contre 160,5 % en 2024, selon les données du rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) citées par l'analyste financier Moez Hadidane. Lors de son intervention ce vendredi 10 juillet 2026 sur Express Fm, l'expert a indiqué que cette évolution traduit principalement une baisse de la dette extérieure à moyen et long terme, alors que l'économie tunisienne connaît parallèlement une progression du recours au financement intérieur. La dette extérieure recule, la dette intérieure augmente Selon l'analyse de Moez Hadidane, la dette extérieure de l'économie tunisienne est passée de 46,7 % du PIB en 2024 à environ 39 % en 2025. À l'inverse, la dette intérieure a progressé, passant de 113,8 % à 115,4 % du PIB, révélant une transformation progressive des sources de financement de l'économie. En valeur absolue, la dette intérieure de l'État et du secteur privé est passée de 181 milliards de dinars en 2024 à 199 milliards de dinars en 2025. Dans le détail, la dette intérieure de l'État a augmenté de 62 milliards de dinars à 75 milliards de dinars, soit une hausse de 21 %. De son côté, la dette intérieure du secteur privé est passée de 119 milliards de dinars à 129 milliards de dinars, enregistrant une progression de 8,3 %. Le recul de la dette extérieure concerne l'État et le privé En parallèle, la dette extérieure totale de l'État et du secteur privé a diminué, passant de 74,5 milliards de dinars à 67 milliards de dinars, soit une baisse de 9,9 %. La dette extérieure de l'État est passée de 62,5 milliards de dinars à 55,5 milliards de dinars, enregistrant un recul de 11,2 %. Quant à la dette extérieure du secteur privé, elle a légèrement diminué, passant de 12 milliards de dinars à 11,6 milliards de dinars, soit une baisse de 3,5 %. Analysant cette évolution, Moez Hadidane estime que le recours accru au financement intérieur a permis à l'État tunisien de disposer d'une marge d'autonomie plus importante par rapport à l'endettement extérieur. Cette orientation pose toutefois deux défis majeurs. Le premier concerne la nécessité pour l'économie tunisienne de disposer de flux réguliers en devises étrangères afin de financer le déficit courant et préserver un niveau confortable de réserves. Le second porte sur le risque d'effet d'éviction du secteur privé. Selon l'analyste, les banques pourraient être davantage incitées à orienter leurs ressources vers le financement de l'État, au détriment du financement des entreprises privées et de l'investissement. Les financements exceptionnels de la BCT au Trésor en forte hausse Moez Hadidane a également relevé l'évolution des financements exceptionnels accordés par la Banque centrale au Trésor public. Ces financements ont progressé de 78 % entre 2024 et 2025, passant de 7 milliards de dinars à 13,5 milliards de dinars. Pour l'analyste, cette hausse du financement monétaire pourrait entraîner des pressions inflationnistes, dans la mesure où la masse monétaire progresserait à un rythme supérieur à celui de la croissance économique. Autre indicateur évoqué : l'évolution de la couverture des importations par les réserves en devises. Selon le rapport de la Banque centrale cité par Moez Hadidane, le nombre de jours d'importation couverts par les réserves est passé de 121 jours à fin 2024 à 106 jours à fin 2025. Il s'établit actuellement à 99 jours. La Tunisie doit par ailleurs faire face à une importante échéance extérieure prévue le 15 juillet, d'un montant d'environ 700 millions d'euros, soit près de 2,3 milliards de dinars. Le remboursement de cette échéance pourrait entraîner une baisse des réserves équivalente à 9 à 10 jours d'importation, ramenant la couverture à environ 88 jours, en l'absence de nouvelles entrées significatives de devises. En conclusion, Moez Hadidane a souligné que le volume des dettes tunisiennes arrivant à échéance sur les marchés financiers internationaux a enregistré une baisse notable. Ces engagements sont passés de 8 milliards de dinars à fin 2024 à 4 milliards de dinars à fin 2025. Après le remboursement de l'échéance prévue à la mi-juillet, ce montant devrait encore reculer pour atteindre environ 1,7 milliard de dinars. Ces évolutions traduisent une recomposition du financement de l'économie tunisienne : une moindre exposition à la dette extérieure, mais une pression accrue sur les mécanismes de financement internes, dans un contexte où l'équilibre entre besoins de l'État, soutien à l'investissement privé et préservation des réserves en devises demeure un enjeu central. R.I Consulter l'article original  

Impôt sur la fortune : Moez Hadidane relève plusieurs ambiguïtés dans les modalités d’application
INTERVIEW

Impôt sur la fortune : Moez Hadidane relève plusieurs ambiguïtés dans les modalités d’application

11/07/2026 18:02 59 vues Par La rédaction

La note explicative récemment publiée au sujet de l’impôt sur la fortune a permis d’apporter des précisions sur certains aspects de cette nouvelle mesure fiscale. Toutefois, plusieurs zones d’ombre subsistent quant à l’application de l’article 88 de la loi de finances 2026, a estimé le professeur et expert financier Moez Hadidane, mercredi 24 juin 2026, lors de son intervention sur Express FM. Selon lui, si cette note répond à certaines interrogations, elle en fait également émerger de nouvelles, qui nécessitent des clarifications de la part de l’administration fiscale. Une obligation déclarative encore incertaine Premier point soulevé par l’expert : l’obligation de déclaration. Les textes ne permettent toujours pas de savoir avec certitude si les personnes dont le patrimoine dépasse trois millions de dinars, mais est composé exclusivement de biens exonérés, doivent malgré tout déposer une déclaration. À titre d’exemple, Moez Hadidane évoque le cas d’un contribuable ne possédant qu’une résidence principale d’une valeur de six millions de dinars. Ce bien étant exonéré de l’impôt sur la fortune, la question reste posée : le simple dépassement du seuil de trois millions de dinars impose-t-il une déclaration, alors même qu’aucun impôt ne serait dû ? Le même problème se pose, selon lui, pour une personne propriétaire d’une résidence principale estimée à deux millions de dinars et d’une résidence secondaire d’une valeur équivalente. Si le patrimoine total excède le seuil légal, le calcul de l’impôt, après déduction des biens exonérés, pourrait aboutir à un montant nul. Les participations dans les holdings posent question. Moez Hadidane estime également que l’évaluation des participations indirectes dans les sociétés holding constitue l’un des volets les plus complexes de ce nouveau dispositif. Selon lui, un actionnaire détenant moins de 50 % d’une holding peut rencontrer de réelles difficultés pour déterminer la valeur à déclarer. L’incertitude porte notamment sur la méthode d’évaluation à retenir : faut-il se baser sur la valeur comptable historique des actifs détenus par la holding ou sur leur valeur réelle, voire leur valeur de marché ? La question devient encore plus sensible lorsque les filiales sont cotées en Bourse et que leur valorisation s’est fortement appréciée au fil du temps. L’expert souligne que le recours à la valeur de marché pourrait considérablement augmenter la valeur du patrimoine soumis à l’impôt sur la fortune, tandis que l’utilisation de la valeur comptable historique conduirait à des résultats très différents. Il estime donc indispensable que l’administration fiscale précise les règles applicables. Des précisions attendues sur les dépôts bancaires Moez Hadidane s’est également attardé sur le traitement des dépôts bancaires et financiers. Il rappelle que l’article 88 prévoit l’exonération des sommes déposées auprès des banques, des établissements financiers et de la Poste tunisienne. Or, la note explicative énumère une liste précise de comptes et de produits bénéficiant de cette exonération, ce qui soulève des interrogations quant au traitement d’autres placements, notamment les dépôts à terme. Selon lui, cette différence entre la rédaction générale de la loi et l’approche plus restrictive de la note explicative mérite des éclaircissements. En conclusion, Moez Hadidane a indiqué que ces remarques ne remettent pas en cause le principe de l’impôt sur la fortune. Elles visent, selon lui, à obtenir des règles d’application plus claires afin de garantir une interprétation uniforme des textes et de renforcer la sécurité juridique et fiscale des contribuables lors de la déclaration de leur patrimoine. M.B.Z Consulter l'article original

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