À l'approche de la clôture de la campagne 2025/2026, l'huile d'olive confirme son rang de premier poste d'exportation agricole du pays. Selon le dernier bulletin de suivi publié par l'Observatoire National de l'Agriculture (ONAGRI), les dix premiers mois de la campagne — de novembre 2025 à août 2026 — dessinent une trajectoire résolument haussière, portée à la fois par des volumes abondants et des prix mieux valorisés.
Une envolée des volumes et des recettes
Les quantités exportées ont atteint 381,2 mille tonnes, contre 252,7 mille tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une progression de 50,8%. Cette dynamique se reflète pleinement dans les recettes : la valeur des exportations s'établit à 4 780,4 MD, contre 3 386,3 MD un an plus tôt, en hausse de 41,2% (+1 394,1 MD). L'huile conditionnée accompagne ce mouvement avec une progression de 48,7% en volume, passant de 37,3 à 55,4 mille tonnes, mais reste minoritaire dans la structure des exportations : elle ne représente que 14,5% des quantités et 19,3% de la recette globale, l'huile en vrac continuant de concentrer l'essentiel du volume (85,5%, soit 325,8 mille tonnes pour 3 857,4 MD) comme des devises engrangées (80,7%).
La vierge extra, toujours reine des exportations
Sur le plan qualitatif, la catégorie extra vierge conserve une position dominante, avec 318,1 mille tonnes exportées — 83,5% du volume total — pour une valeur de 4 146,2 MD. Les autres segments se partagent le reste : la lampante totalise 22,8 mille tonnes, les autres huiles 26,9 mille tonnes et la vierge 13,4 mille tonnes. Cette hiérarchie, conforme aux campagnes précédentes, illustre la place que continue d'occuper le haut de gamme dans l'offre tunisienne à l'export.
Des prix mieux orientés
Le raffermissement des cours accompagne celui des volumes. En août 2026, le prix moyen à l'exportation s'est établi à 13,31 DT/kg, en hausse de 7,1% par rapport au même mois de la campagne précédente (12,42 DT/kg). Les écarts de valorisation entre catégories restent marqués, les prix oscillant entre 8,41 DT/kg pour la lampante et 17,12 DT/kg pour la vierge extra conditionnée — l'huile conditionnée continuant, sans surprise, à capter une prime substantielle sur le vrac.
Un rayonnement commercial élargi
À fin août 2026, l'huile d'olive tunisienne avait rejoint plus de 82 pays, confirmant l'élargissement continu de ses débouchés. L'Union européenne demeure le premier marché, avec 56,6% du volume exporté, tirée par l'Espagne (31,9%) et l'Italie (19,8%). L'Amérique du Nord s'affirme comme un relais de croissance de premier plan, avec 24,4% des volumes, dont 19,3% vers les seuls États-Unis. L'Asie, via l'Arabie Saoudite (4,9%) et la Jordanie (3,0%), et l'Afrique, portée par l'Égypte (3,1%), complètent une géographie d'exportation désormais nettement diversifiée.
Le bio, une niche qui confirme son potentiel
Le segment biologique poursuit sa progression, avec 53,0 mille tonnes exportées pour une valeur de 699,7 MD, à un prix moyen de 13,20 DT/kg. Là encore, le vrac domine très largement (93,7% des volumes), même si le conditionné, à 16,74 DT/kg, dégage une valorisation nettement supérieure. L'Italie reste le premier débouché de l'huile bio tunisienne, avec 39% des quantités exportées, devant l'Espagne (26%), les États-Unis (23%) et la France (8%).
Au terme de ces dix mois, la campagne 2025/2026 s'annonce ainsi comme l'une des plus favorables de la dernière décennie pour la filière oléicole tunisienne, conjuguant un effet volume et un effet prix qui, ensemble, portent les recettes d'exportation vers de nouveaux records.


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