Le Conseil du marché financier (CMF) met en garde le public contre des tentatives d’escroquerie numérique reposant sur l’utilisation frauduleuse de son identité et de documents présentés comme officiels. Ces pratiques viseraient à donner une apparence légitime à des services d’investissement qui n’ont reçu aucune approbation ou autorisation du régulateur tunisien.
Dans un communiqué daté du 9 septembre 2026, le CMF indique avoir constaté l’utilisation illicite de sa dénomination, des armoiries de la République tunisienne, ainsi que de cachets et d’informations qui lui sont attribués.
Le régulateur cite notamment une personne se présentant sous le nom de « Lua Myriam Trabelsi – لوا مريم الطرابلسي ». Celle-ci utiliserait une prétendue attestation d’accréditation la présentant comme consultante en investissements financiers.
Le document reproduit en annexe du communiqué porte le numéro « CMF-2024-03582 » et affiche une date de délivrance au 15 novembre 2024 ainsi qu’une échéance au 14 novembre 2029. Ces mentions figurent sur le document signalé comme frauduleux et ne constituent nullement des informations certifiées par le régulateur.
Le CMF affirme sans ambiguïté que cette attestation n’a été ni établie, ni délivrée, ni certifiée par ses services. Aucun agrément ou autorisation ne peut donc être déduit de ce document, malgré son apparence institutionnelle.
Aucun transfert de fonds sur la base de ces documents
Face à ces pratiques, le CMF appelle les investisseurs à ne donner aucune suite aux sollicitations leur demandant d’effectuer un transfert ou un dépôt de fonds sur la base d’une prétendue accréditation, d’un faux document officiel ou d’une proposition transmise par voie numérique.
La vigilance est particulièrement recommandée à l’égard des offres de placement diffusées sur les réseaux sociaux, les plateformes numériques ou tout autre canal de communication électronique.
Toute personne ayant reçu une offre suspecte est invitée à ne verser aucune somme et à en informer le CMF ainsi que les autorités compétentes. Avant de recourir à un service financier, les investisseurs doivent vérifier directement auprès du régulateur le statut de la personne ou de l’entité concernée, ainsi que l’existence des autorisations légalement requises.
Le CMF publie sur son site officiel la liste des intervenants autorisés sur le marché financier tunisien, notamment les intermédiaires en Bourse, les sociétés de gestion et les organismes de placement collectif. Cette liste constitue le premier point de contrôle avant toute remise de fonds ou souscription à un produit financier.
Une plainte annoncée, mais une qualification pénale encore à établir
Le régulateur estime que les faits constatés sont susceptibles d’être contraires à la législation en vigueur et de revêtir un caractère pénal. Il précise toutefois que leur qualification juridique définitive appartient aux autorités compétentes.
Le CMF annonce qu’il prendra les mesures légales nécessaires, notamment par le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République. Le communiqué ne confirme donc pas encore le dépôt effectif de cette plainte et ne fournit aucune indication sur le nombre de personnes sollicitées, les éventuelles victimes ou les montants qui auraient été transférés.
Cette alerte rappelle qu’un document comportant un logo, des armoiries officielles ou un cachet ne suffit pas à établir l’existence d’un agrément. Seule une vérification auprès du CMF et de ses canaux institutionnels permet de confirmer qu’un opérateur est effectivement autorisé à proposer des services d’investissement en Tunisie.
Consulter le communiqué officiel du CMF


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