Au premier semestre 2026, SAH Lilas a transformé une croissance modérée de ses revenus en une amélioration plus nette de ses marges. Le bénéfice individuel atteint 24,1 MDT, malgré la hausse du coût financier, tandis que la trésorerie et la dette nette invitent à une lecture plus nuancée de la performance.
L'analyse porte sur les états financiers individuels arrêtés au 30 juin 2026. Les comptes consolidés, qui permettront d'apprécier la contribution des filiales, ne sont pas encore disponibles.
Les exportations soutiennent la croissance et les marges.
Les revenus de la Société d'Articles Hygiéniques ont progressé de 4,5 %, à 230,5 MDT, contre 220,5 MDT au premier semestre 2025. L'export constitue le principal moteur de cette évolution : les ventes internationales ont bondi de 38,4 %, à 43,7 MDT, et représentent désormais 19,0 % des revenus, contre 14,3 % un an plus tôt. Sur le marché local, le chiffre d'affaires net des remises et ristournes s'est replié de 1,1 %, à 186,8 MDT. Les notes indiquent par ailleurs que 26,1 MDT de ventes ont été réalisés avec un partenaire libyen.
Avec 2,6 MDT d'autres produits d'exploitation, en hausse de 36,8 %, le total des produits d'exploitation atteint 233,1 MDT, soit une progression de 4,8 %. Les achats consommés, y compris la variation des stocks de produits finis et des encours, n'ont augmenté que de 1,5 %, à 126,3 MDT. Les achats de matières et d'emballages ont même reculé de 3,1 %, mais cet effet favorable a été en partie absorbé par un déstockage de production de 6,3 MDT.
La marge brute s'est ainsi renforcée de 8,5 %, à 104,2 MDT. Elle représente 45,2 % des revenus, contre 43,6 % au premier semestre 2025. Cette amélioration a permis d'absorber la progression de 3,6 % des charges de personnel, à 30,1 MDT, et la hausse de 6,3 % des autres charges d'exploitation, à 25,7 MDT. Ces dernières restent dominées par les frais de publicité, qui ont augmenté de 18,9 %, à 8,0 MDT.
L'EBITDA ressort à 48,5 MDT, en progression de 13,1 %, et sa marge gagne 1,6 point pour atteindre 21,0 %. Le recul de 15,9 % des dotations aux amortissements et aux provisions, ramenées à 11,2 MDT, renforce encore ce levier opérationnel. Le résultat d'exploitation s'élève ainsi à 39,9 MDT, en hausse de 26,8 %. Sa marge atteint 17,1 % du total des produits d'exploitation, contre 14,2 % un an auparavant et 16,4 % sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Le coût financier freine le bénéfice.
L'amélioration opérationnelle ne se transmet que partiellement au résultat avant impôt. Les charges financières nettes ont augmenté de 30,3 %, à 13,4 MDT. Les intérêts sont restés presque stables à 12,5 MDT, mais les pertes de change ont atteint 2,8 MDT, alors que leur contribution était favorable de 0,2 MDT un an plus tôt. Les gains de change comptabilisés en diminution des charges financières sont parallèlement revenus de 2,2 à 2,0 MDT.
Les produits des placements ont reculé de 35,2 %, à 0,25 MDT. Les autres gains ordinaires ont chuté de 2,7 à 0,5 MDT, le premier semestre 2025 ayant bénéficié de 2,4 MDT de produits de cession d'immobilisations. Dans ce contexte, le résultat des activités ordinaires avant impôt progresse de 12,6 %, à 27,2 MDT, un rythme sensiblement inférieur à celui du résultat d'exploitation.
La charge fiscale a augmenté de 66,4 %, à 3,1 MDT. Elle comprend 2,4 MDT d'impôt sur les sociétés et 0,7 MDT de contribution sociale. Le taux effectif d'imposition passe ainsi de 7,8 % à 11,5 %. Le bénéfice individuel s'établit finalement à 24,1 MDT, contre 22,3 MDT un an auparavant, soit une hausse de 8,0 %. La marge nette s'améliore légèrement à 10,3 % et le résultat par action passe de 0,27 à 0,29 dinar.
Le rendement des capitaux propres reste presque stable sur une base semestrielle : le ROE non annualisé atteint 7,90 %, contre 7,83 % au 30 juin 2025. Annualisé, il ressort à 15,8 %, en dessous des 18,5 % enregistrés sur l'ensemble de 2025.
La dette nette et la trésorerie appellent à la vigilance.
Au bilan, le besoin en fonds de roulement s'est accru de 13,0 MDT depuis décembre, à 180,5 MDT. Les stocks nets ont pourtant diminué de 4,4 MDT et les créances clients nettes de 20,5 MDT. Ces améliorations ont été plus que compensées par le recul de 31,5 MDT des dettes fournisseurs et par la baisse de 6,4 MDT des autres passifs courants.
Les placements et autres actifs financiers ont chuté de 21,0 à 1,0 MDT, à la suite de la disparition du placement BIAT de 20 MDT. Les liquidités ont progressé de 20,9 %, à 22,2 MDT, mais cette hausse ne compense pas la contraction des placements. La dette financière brute s'élève à 293,3 MDT, contre 290,5 MDT fin 2025. Après déduction des placements et des liquidités, la dette financière nette atteint 270,2 MDT, en augmentation de 19,0 MDT ou 7,6 %.
La génération de trésorerie d'exploitation s'est pourtant nettement améliorée. Elle atteint 19,7 MDT, contre 11,3 MDT au premier semestre 2025. Les investissements ont mobilisé 5,3 MDT, soit moins de la moitié des 12,1 MDT décaissés un an auparavant. En revanche, les activités de financement ont absorbé 31,6 MDT, contre 11,7 MDT, sous l'effet notamment du versement de 33,6 MDT de dividendes et du recul des encaissements nets de crédits de gestion.
La trésorerie a ainsi diminué de 17,2 MDT sur le semestre pour s'établir à 19,3 MDT, contre 36,6 MDT fin décembre 2025. SAH Lilas affiche donc une performance industrielle solide, portée par l'export et l'élargissement des marges. La hausse du coût financier, l'augmentation de la dette nette et la contraction de la trésorerie constituent toutefois les principaux points de vigilance, dans l'attente des comptes consolidés du groupe.


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