La Société Industrielle d'Appareillage et de Matériels Électriques (SIAME) a clôturé le premier semestre 2026 sur un résultat des activités ordinaires après impôt de 1,891 million de dinars (MD), en progression de 0,170 MD (+9,9 %) par rapport au 30 juin 2025. Cette performance a été réalisée dans un contexte de repli de l'activité, compensé par une amélioration sensible des marges et par l'allègement des charges financières.
Des revenus en baisse, portés par le marché local
Les revenus de SIAME se sont établis à 20,011 MD au 30 juin 2026, contre 22,644 MD un an plus tôt, soit une baisse de 2,633 MD (-11,6 %). Ce repli masque des évolutions contrastées selon les débouchés. Les ventes locales ont progressé de 3,130 MD (+39,6 %) pour atteindre 11,039 MD, et représentent désormais 55,2 % du chiffre d'affaires, contre 34,9 % au premier semestre 2025. À l'inverse, les ventes à la STEG, client historique et ancien actionnaire de référence de la société, ont reculé de 2,090 MD (-31,8 %) à 4,488 MD, tandis que les ventes à l'export ont chuté de 3,673 MD (-45,0 %) à 4,484 MD. Ces deux canaux pèsent chacun 22,4 % des revenus semestriels.
Le total des produits d'exploitation, qui intègre 0,022 MD d'autres produits d'exploitation (essentiellement la quote-part de subvention d'investissement), s'est élevé à 20,033 MD, en retrait de 2,621 MD (-11,6 %).
Une marge brute en baisse en valeur mais en amélioration en taux
Les achats consommés, qui comprennent la variation des stocks de produits finis et des encours, se sont repliés de 2,254 MD (-15,3 %) à 12,514 MD. Le recul des achats de matières et pièces composantes, passés de 11,044 MD à 7,259 MD, traduit un déstockage marqué : la société a puisé dans ses stocks, dont la variation a pesé 3,314 MD sur les achats consommés, contre 2,679 MD un an plus tôt.
Les achats ayant baissé plus vite que les revenus, la marge brute n'a cédé que 0,379 MD (-4,8 %) à 7,497 MD. Le taux de marge brute s'est ainsi amélioré de 2,7 points, passant de 34,8 % au 30 juin 2025 à 37,5 % au 30 juin 2026, un niveau également supérieur aux 35,1 % de l'ensemble de l'exercice 2025.
EBITDA quasi stable et marge d'exploitation en hausse
La maîtrise des charges a permis de contenir l'érosion de la marge. Les charges de personnel ont diminué de 0,170 MD (-5,5 %) à 2,906 MD. Les autres charges d'exploitation ont baissé de 0,163 MD (-15,7 %) à 0,875 MD, grâce notamment à la diminution des impôts et taxes (-0,136 MD), des frais de transport et des frais de missions, en partie compensée par la hausse des honoraires (+0,084 MD).
L'EBITDA s'est ainsi établi à 3,715 MD, en léger retrait de 0,045 MD (-1,2 %). Rapporté aux revenus, le taux de marge d'EBITDA a gagné près de 2 points, de 16,6 % à 18,6 %, au-dessus des 17,7 % réalisés sur l'exercice 2025.
Après prise en compte des autres produits d'exploitation et de dotations aux amortissements et aux provisions en légère baisse (0,648 MD, -4,7 %), le résultat d'exploitation est resté stable à 3,088 MD, contre 3,089 MD au premier semestre 2025. Les dotations nettes intègrent 0,568 MD d'amortissements, une dotation nette aux provisions sur stocks de 0,085 MD et une reprise de provision de 0,041 MD sur les immobilisations financières. Le taux de marge d'EBIT, rapporté au total des produits d'exploitation, ressort à 15,4 %, contre 13,6 % au 30 juin 2025 et 14,1 % au 31 décembre 2025.
Des charges financières en net recul
Les charges financières nettes ont fortement reculé de 0,445 MD (-39,1 %) à 0,692 MD. Cette amélioration tient d'abord à la baisse des intérêts sur les financements en dinars (-0,171 MD) et sur l'escompte (-0,078 MD), ainsi qu'à la réduction des intérêts sur le crédit à moyen terme, en voie d'extinction (-0,030 MD). Le change a également joué favorablement : la société a dégagé un gain net de change de 0,042 MD, contre une perte nette de 0,063 MD un an plus tôt. Les intérêts sur l'escompte demeurent le premier poste de coût financier, à 0,304 MD.
Les produits des placements sont nuls au 30 juin 2026, contre 0,200 MD au premier semestre 2025, montant qui correspondait à des dividendes reçus et qui constituait la totalité des produits de placement de l'exercice 2025. Le semestre n'a par ailleurs enregistré ni autres gains ni autres pertes ordinaires, alors que ces deux postes s'étaient soldés par une perte nette de 0,031 MD au 30 juin 2025.
Le passage du résultat d'exploitation au résultat des activités ordinaires avant impôt se limite ainsi, au premier semestre 2026, à la seule déduction des charges financières nettes.
Un bénéfice en progression de près de 10 %
Le résultat des activités ordinaires avant impôt s'est apprécié de 0,275 MD (+13,0 %) à 2,396 MD. La charge d'impôt sur les bénéfices a augmenté de 0,105 MD (+26,1 %) à 0,505 MD, portant le taux d'imposition apparent de 18,9 % à 21,1 %. Les notes aux états financiers ne fournissent pas de ventilation de cette charge entre impôt sur les sociétés et contributions.
Le résultat des activités ordinaires après impôt, ressort ainsi à 1,891 MD, en hausse de 0,170 MD (+9,9 %). En l'absence d'éléments extraordinaires et de modifications comptables, le résultat net de la période lui est identique. Le taux de marge nette, rapporté au total des produits d'exploitation, s'est amélioré de 7,6 % à 9,4 %, contre 7,0 % pour l'ensemble de l'exercice 2025.
La rentabilité financière (ROE) non annualisée s'établit à 5,8 % au 30 juin 2026, contre 5,7 % un an plus tôt, sur la base de capitaux propres de 32,684 MD. Annualisé, le ROE atteindrait 11,6 %, au-dessus des 10,3 % enregistrés au 31 décembre 2025.
Un besoin en fonds de roulement en hausse
Le besoin en fonds de roulement s'est accru de 1,594 MD (+7,4 %) par rapport au 31 décembre 2025, pour atteindre 23,227 MD. La baisse des stocks nets de 3,619 MD (-18,7 %) à 15,723 MD et celle des autres actifs courants nets de 1,058 MD (-32,3 %), liée surtout aux créances fiscales, n'ont pas suffi à compenser deux mouvements en sens inverse. D'une part, les créances clients nettes ont augmenté de 3,799 MD (+33,1 %) à 15,281 MD, sous l'effet principalement de la hausse des effets à recevoir de 4,047 MD. D'autre part, les dettes fournisseurs ont fondu de 4,600 MD (-68,0 %) à 2,160 MD. La hausse des autres passifs courants de 2,128 MD à 7,836 MD a atténué cette pression ; elle s'explique pour moitié par les dividendes décidés au titre de 2025 (1,081 MD) et non encore versés, le poste dividendes à payer atteignant 3,862 MD.
Liquidités en hausse, endettement en progression
Les placements et autres actifs financiers ont légèrement progressé de 0,041 MD (+5,3 %) à 0,820 MD par rapport au 31 décembre 2025, tandis que les liquidités et équivalents de liquidités sont passés de 0,048 MD à 0,463 MD, soit une hausse de 0,414 MD.
La société ne dispose plus d'emprunts à moyen et long terme au passif non courant, le solde résiduel du crédit Attijari Bank (0,200 MD) étant désormais intégré aux passifs financiers courants. La dette financière brute, constituée des autres passifs financiers (13,713 MD) et des concours bancaires (0,096 MD), s'élève à 13,810 MD, en hausse de 2,696 MD (+24,3 %) par rapport au 31 décembre 2025. Cette progression provient des crédits liés au cycle d'exploitation, passés de 10,342 MD à 13,512 MD, et plus précisément des financements en devises et en dinars (+3,185 MD). La dette financière nette s'établit à 12,527 MD, en hausse de 2,241 MD (+21,8 %), et représente 38,3 % des capitaux propres, contre 32,2 % à fin 2025.
Des flux d'exploitation négatifs, financés par la dette
Au 30 juin 2026, les flux de trésorerie d'exploitation sont devenus négatifs à -0,270 MD, contre +1,246 MD un an plus tôt, soit un recul de 1,517 MD. La contraction des dettes fournisseurs et autres dettes (-3,555 MD) et l'augmentation des créances clients (-3,846 MD) ont absorbé l'apport du résultat net et du déstockage (+3,534 MD).
Les flux d'investissement ont atteint -2,003 MD, contre -1,170 MD au premier semestre 2025 (+71,3 %). Les acquisitions d'immobilisations ont bondi à 2,007 MD, contre 0,562 MD, portées principalement par les projets de développement en cours (1,464 MD) et par les immobilisations corporelles en cours (0,426 MD).
Les flux de financement ont été positifs à +2,848 MD, contre -0,119 MD un an plus tôt, grâce à la mobilisation de crédits de gestion à court terme (+3,170 MD), nets du remboursement de 0,300 MD sur le crédit à moyen terme. Aucun dividende n'a été décaissé sur la période. La variation de trésorerie de la période ressort ainsi à +0,575 MD, contre -0,042 MD au 30 juin 2025.
La trésorerie à la clôture de la période s'établit à 0,356 MD au 30 juin 2026, contre une trésorerie négative de -0,218 MD au 31 décembre 2025, soit une amélioration de 0,575 MD.
Conclusion
Le premier semestre 2026 de SIAME se caractérise par une activité en repli, pénalisée par la chute des ventes à l'export et à la STEG, mais par une rentabilité en amélioration. La progression du marché local, un taux de marge brute plus élevé, la maîtrise des charges et la baisse des frais financiers ont permis au résultat des activités ordinaires après impôt de progresser de près de 10 %. En revanche, l’allongement des encours clients et la forte réduction des dettes fournisseurs ont rendu les flux d’exploitation négatifs, tandis que l’accélération des investissements de développement a alourdi les flux d’investissement. Ce double besoin a été couvert par un recours accru aux crédits de gestion, avec une dette financière nette en hausse de plus d’un cinquième en six mois.
La capacité de la société à reconquérir ses débouchés à l'export et auprès de la STEG, ainsi qu'à rentabiliser ses projets de développement, conditionnera l'évolution de ses performances au second semestre.



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