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SNMVT – Monoprix : une rentabilité retrouvée, une trésorerie sous tension

SNMVT – Monoprix : une rentabilité retrouvée, une trésorerie sous tension

Les états financiers intermédiaires de la Société Nouvelle Maison de la Ville de Tunis (SNMVT), qui exploite l'enseigne Monoprix, dessinent au 30 juin 2026 le portrait d'une entreprise à deux vitesses. Le chiffre d'affaires accélère, les marges se reconstituent et le résultat net s'envole par rapport à un premier semestre 2025 atone. Mais ce redressement de la rentabilité s'accompagne d'une consommation de trésorerie marquée, qui fait réapparaître un endettement net presque effacé à la clôture de 2025.

Une activité commerciale qui retrouve de la vigueur

Les revenus s’établissent à 412,1 millions de dinars (MDT), en progression de 7,5 % sur un an. Dans le même sillage, le total des produits d’exploitation atteint 419,3 MDT, en hausse de 7,6 %.

Les achats consommés progressent moins vite que les ventes (+6,2%, à 344,0 MDT), ce qui permet à la marge brute de gagner du terrain : elle s'établit à 68,1 MDT, soit 16,53% des revenus, contre 15,48% un an plus tôt et 16,15% sur l'ensemble de 2025. Une fois absorbées les charges de personnel, en forte hausse (40,5 MDT, +17,8%), et des charges d'exploitation restées quasi stables, l'excédent brut d'exploitation (EBITDA) triple presque, à 4,45 MDT, un niveau qui demeure néanmoins modeste au regard de l'activité.

Le résultat d'exploitation, à 3,77 MDT, renoue en tout cas avec les bénéfices, après la perte de 0,51 MDT enregistrée au premier semestre 2025 ; rapporté au total des produits d'exploitation, son taux de marge passe de -0,13% à 0,90%, même s'il reste en deçà des 1,70% atteints sur l'exercice 2025 complet — un effet de saisonnalité propre à la distribution généraliste, dont le second semestre concentre l'essentiel de la performance annuelle.

Un résultat net multiplié par cinq

Le résultat financier vient conforter cette amélioration : les charges financières nettes s'allègent légèrement, à 2,12 MDT, tandis que les produits financiers progressent de 2,7% à 4,61 MDT, portés notamment par des revenus de placements et de billets de trésorerie qui doublent, malgré un repli des dividendes tirés des participations. Le résultat des activités ordinaires avant impôt atteint ainsi 5,63 MDT, plus de trois fois son niveau du premier semestre 2025.

Après une charge d'impôt de 1,00 MDT —calculée, comme un an plus tôt, sur la base du minimum forfaitaire de 0,2% du chiffre d'affaires, faute de résultat fiscal semestriel suffisant —, le résultat net ressort à 4,63 MDT, contre 0,82 MDT au 30 juin 2025, soit un résultat multiplié par 5,6. Rapportée aux capitaux propres avant résultat, la rentabilité financière non annualisée passe de 0,89% à 4,76% sur un an ; annualisée, elle ressortirait à environ 9,52%, un niveau qui reste toutefois en retrait du taux de 11,27% réalisé sur l'ensemble de l'exercice 2025 — la distribution restant, par nature, une activité dont le rythme d'affaires n'est pas linéaire d'un semestre à l'autre.

Une trésorerie mise sous pression

Le tableau s'assombrit du côté du bilan et des flux de trésorerie. Le besoin en fonds de roulement, déjà structurellement négatif comme il est d'usage dans la distribution, se dégrade de 20,6 MDT entre le 31 décembre 2025 et le 30 juin 2026 — passant de -60,9 MDT à -40,3 MDT —, sous l'effet conjugué d'une hausse des stocks et des créances et d'un recul des fournisseurs. Les flux de trésorerie d'exploitation en pâtissent directement, basculant d'un excédent de 20,07 MDT au premier semestre 2025 à un déficit de 12,70 MDT au premier semestre 2026.

Pour financer ce besoin, la société a puisé dans ses placements et ses liquidités, qui reculent respectivement de 60,7% et de 27,6% par rapport à fin 2025 — un mouvement que confirment des flux d'investissement redevenus positifs (7,07 MDT, contre -9,02 MDT un an plus tôt) grâce à des cessions nettes de placements.

Les flux liés au financement se retournent également, à -4,54 MDT contre +1,69 MDT au premier semestre 2025, la société ayant accéléré le remboursement de ses emprunts ; les dividendes de 5,07 MDT décidés par l'assemblée générale du 17 juin 2026 au titre de 2025 restaient, eux, à décaisser au second semestre du semestre. La dette financière nette s'en trouve profondément transformée : quasi nulle au 31 décembre 2025, elle atteint 20,2 MDT au 30 juin 2026, alors même que la dette brute diminue légèrement sur la période. La trésorerie de clôture recule en conséquence de 37,9% par rapport à fin 2025, à 16,65 MDT.

En somme, la SNMVT aborde la seconde moitié de 2026 avec une dynamique commerciale et des marges nettement mieux orientées qu'un an plus tôt, mais avec une trésorerie et un endettement net qui se sont sensiblement tendus en l'espace d'un semestre — un rééquilibrage que le second semestre, traditionnellement plus favorable à l'activité, devra confirmer ou corriger.

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