Après un premier semestre en retrait, SOTIPAPIER renoue avec la croissance au troisième trimestre 2026. Son chiffre d'affaires trimestriel progresse de 23,3 % à 25,9 MD, porté par l'envolée du papier pour ondulé et un net rebond à l'export. Sur neuf mois, le rattrapage reste toutefois incomplet : les revenus cumulés reculent encore de 7,8 % à 70,1 MD, tandis que la dette nette poursuit sa décrue.
Un troisième trimestre placé sous le signe du papier pour ondulé
Malgré les coupures d'électricité imprévues qui ont perturbé l'activité durant la saison estivale, SOTIPAPIER a sensiblement relevé ses cadences au troisième trimestre 2026. La production totale atteint 12 081 tonnes, contre 9 461 tonnes un an plus tôt, soit 2 620 tonnes supplémentaires et une hausse de 27,7 %.
Cette progression repose entièrement sur le papier pour ondulé. La production de Testliner & Fluting bondit de 82,8 % à 9 811 tonnes, en hausse de 4 444 tonnes. À l'inverse, la production de papier Kraft se replie de 44,6 % à 2 270 tonnes, en baisse de 1 824 tonnes. Le papier pour ondulé représente désormais plus de quatre tonnes produites sur cinq.
Le chiffre d'affaires trimestriel suit la même trajectoire. Il s'établit à 25,9 MD, contre 21,0 MD au troisième trimestre 2025, soit un gain de 4,9 MD (+23,3 %). Les ventes de Testliner & Fluting s'envolent de 67,3 % à 14,7 MD, avec 5,9 MD de revenus additionnels. Elles compensent largement le repli du Kraft, dont les ventes reculent de 8,5 % à 10,7 MD, soit 1,0 MD de moins. Les ventes d'énergie fléchissent de 17,9 % à 0,4 MD, tandis que les autres revenus progressent de 74,7 % à 83,2 mille dinars.
Le Kraft a ainsi nettement mieux résisté en valeur qu'en volume : ses ventes ne baissent que de 8,5 % quand sa production chute de 44,6 %. Le papier pour ondulé devient le premier contributeur du trimestre, avec 56,9 % du chiffre d'affaires, contre 42,0 % un an plus tôt.
Sur le plan géographique, le marché local demeure le socle de l'activité. Ses ventes progressent de 19,3 % à 24,5 MD, soit 4,0 MD de plus. Mais c'est l'export qui affiche la dynamique la plus spectaculaire : il triple presque, passant de 0,4 MD à 1,4 MD, en hausse de 218,0 %. Sa part dans le chiffre d'affaires trimestriel passe ainsi de 2,0 % à 5,2 %, un gain de 3,21 points de pourcentage.
Sur neuf mois, des volumes quasi stables mais un mix transformé
Le rebond estival a permis de combler l'essentiel du retard accumulé au premier semestre. À fin septembre 2026, la production cumulée s'établit à 36 028 tonnes, contre 36 260 tonnes un an plus tôt, soit un léger repli de 232 tonnes (-0,6 %).
Cette stabilité d'ensemble masque une profonde recomposition. La production de Testliner & Fluting progresse de 13,4 % à 28 485 tonnes, en hausse de 3 362 tonnes. Celle de papier Kraft recule de 32,3 % à 7 543 tonnes, en baisse de 3 594 tonnes. Le papier pour ondulé assure désormais 79,1 % des volumes produits, contre 69,3 % sur les neuf premiers mois de 2025.
Rapportée à l'exercice 2025, la production des neuf premiers mois représente 75,1 % du volume annuel de 47 969 tonnes, un niveau très proche des 75,6 % atteints à la même date l'an dernier.
Un chiffre d'affaires cumulé encore pénalisé par le Kraft et l'énergie
Le redressement du troisième trimestre ne suffit pas encore à effacer le recul du premier semestre. Au 30 septembre 2026, le chiffre d'affaires cumulé s'établit à 70,1 MD, contre 76,0 MD un an plus tôt, soit une baisse de 5,9 MD (-7,8 %).
Par produit, les trajectoires divergent nettement. Le papier Kraft concentre l'essentiel de la contraction : ses ventes chutent de 23,9 % à 29,9 MD, soit 9,4 MD de moins. Les ventes d'énergie fondent de 58,7 % à 1,0 MD, en recul de 1,4 MD. Le Testliner & Fluting fait figure de relais de croissance, avec des ventes en hausse de 14,0 % à 39,1 MD, soit 4,8 MD supplémentaires. Les autres revenus progressent de 33,0 % à 212,4 mille dinars.
Ce basculement se lit dans la structure des revenus. Le papier pour ondulé pèse désormais 55,7 % du chiffre d'affaires cumulé, contre 45,1 % un an plus tôt, soit un gain de 10,63 points. La part du Kraft revient de 51,6 % à 42,6 %, en retrait de 9,03 points. Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le rapport était inverse : le Kraft représentait 54,8 % des revenus et le papier pour ondulé 42,1 %.
Par marché, la baisse provient exclusivement du marché local. Ses ventes reculent de 9,0 % à 67,2 MD, soit 6,7 MD de moins. L'export progresse en revanche de 36,7 % à 2,8 MD, en hausse de 0,8 MD. Sa part dans le chiffre d'affaires cumulé passe de 2,7 % à 4,1 %, soit un gain de 1,32 point, tandis que celle du marché local revient de 97,3 % à 95,9 %.
La comparaison avec l'exercice 2025 confirme cette ouverture vers l'extérieur. En neuf mois, les ventes à l'export dépassent déjà de 36,7 % leur niveau de l'ensemble de l'année 2025, qui n'avait enregistré aucune vente export au quatrième trimestre. Leur poids, de 4,1 %, se compare à 2,0 % sur l'exercice précédent. Globalement, le chiffre d'affaires des neuf premiers mois représente 68,6 % des 102,2 MD réalisés en 2025, contre 74,4 % à la même date l'an dernier.
Un effort d'investissement légèrement modéré
Le montant total des investissements réalisés et en cours de réalisation au terme des neuf premiers mois de 2026 s'élève à 4,2 MD, contre 4,6 MD à la même période de 2025. Il enregistre ainsi une diminution de 0,4 MD (-9,5 %). Ce montant représente 51,7 % des 8,0 MD investis sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Un désendettement qui se poursuit
Au 30 septembre 2026, la dette financière brute de SOTIPAPIER s'établit à 43,8 MD, contre 46,1 MD au 31 décembre 2025. Elle recule ainsi de 2,3 MD, soit une baisse de 5,0 %.
Cette décrue provient essentiellement du remboursement des crédits d'investissement. L'endettement à moyen et long terme diminue de 13,5 % à 11,9 MD, soit 1,9 MD de moins. Les emprunts à moins d'un an reculent de 8,4 % à 4,3 MD, en baisse de 0,4 MD. Les crédits de gestion restent quasiment stables à 27,5 MD, en léger repli de 0,2 %. Ils constituent toujours la principale composante de la dette, avec 62,9 % de l'endettement brut.
La trésorerie demeure positive mais se contracte de 44,1 % à 1,0 MD, contre 1,8 MD à fin 2025, soit 0,8 MD de moins. Il en résulte une dette nette de 42,8 MD au 30 septembre 2026, contre 44,3 MD au 31 décembre 2025, en baisse de 1,5 MD (-3,4 %).
Sur douze mois glissants, le mouvement est plus marqué. Par rapport au 30 septembre 2025, la dette nette recule de 7,6 MD (-15,2 %). La société explique cette évolution par la réduction des crédits à moyen et long terme, la baisse des crédits de gestion et l'amélioration de la trésorerie, passée d'une situation négative à une situation positive.
Des engagements hors bilan en léger repli
Les engagements hors bilan, constitués des effets escomptés non échus, s'élèvent à 32,8 MD au 30 septembre 2026. Ils reculent de 1,6 MD par rapport au 31 décembre 2025, où ils atteignaient 34,4 MD, soit une baisse de 4,7 %. Ils restent néanmoins supérieurs de 14,4 % à leur niveau du 30 septembre 2025, qui était de 28,6 MD.
Un modèle en pleine recomposition
Au terme des neuf premiers mois de 2026, SOTIPAPIER présente le visage d'une entreprise en transition. Le papier pour ondulé s'impose comme le moteur de l'activité, l'export gagne en importance et la dette nette continue de se réduire. Le recul des ventes de Kraft et d'énergie pèse toutefois encore sur le chiffre d'affaires cumulé. Le dernier trimestre dira si la dynamique engagée cet été suffit à refermer l'écart avec l'exercice précédent.



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