Au premier semestre 2026, le produit net bancaire de la STB s’est contracté de 10,5 %, à 313,7 MDT. La forte progression des revenus du portefeuille-titres, qui représentent désormais près de 72 % du PNB, n’a que partiellement compensé l’effondrement de la marge d’intérêts. Malgré l’allègement du coût du risque, la hausse des charges opérationnelles a fait basculer le résultat d’exploitation dans le rouge et entraîné un recul de 59,4 % du bénéfice net.
Une collecte répartie entre dépôts à vue et épargne
Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle atteignent 12 973,4 MDT, contre 12 508,1 MDT à fin décembre 2025. La collecte s’est ainsi renforcée de 465,3 MDT en six mois, soit une progression de 3,7 %.
Les dépôts à vue ont augmenté de 162,5 MDT, ou 5,1 %, pour s’établir à 3 322,4 MDT. Ils ont contribué à hauteur de 34,9 % à la collecte nette du semestre et représentent désormais 25,6 % des dépôts, contre 25,3 % à fin 2025.
Les comptes d’épargne ont progressé presque dans les mêmes proportions en valeur absolue, avec une hausse de 162,3 MDT, soit 3,3 %, à 5 155,6 MDT. Ils expliquent également 34,9 % de l’augmentation totale des dépôts. Leur poids demeure prépondérant, même s’il recule légèrement de 39,9 % à 39,7 %.
Les « autres sommes dues à la clientèle » regroupent le reliquat des dépôts, composé notamment des comptes et certificats de dépôts, des bons de caisse, des dépôts et placements en devises ainsi que des dettes rattachées. Cette masse a augmenté de 140,4 MDT, ou 3,2 %, à 4 495,4 MDT. Elle a assuré 30,2 % de la collecte et représente 34,7 % des dépôts, contre 34,8 % six mois auparavant.
Les créances nettes sur la clientèle ont progressé plus modérément, de 76,6 MDT, ou 0,9 %, pour atteindre 8 720,2 MDT. Les créances brutes avant provisions, agios réservés et produits perçus d’avance ont toutefois augmenté de 280,6 MDT, ou 2,6 %, à 11 167,6 MDT. L’écart entre les deux évolutions traduit principalement le renforcement des provisions, passées de 1 426,8 à 1 544,3 MDT, et des agios réservés, en hausse de 91,4 MDT à 880,5 MDT.
Les états financiers ne fournissent pas la ventilation des engagements bruts, bilan et hors bilan, entre engagements sains et engagements classés. Ils ne permettent donc de calculer ni le taux des créances classées ni leur taux de couverture. Aucun ratio prudentiel comparable n’est par ailleurs publié dans le document.
La STB ne mentionne pas non plus de montant d’engagements au titre des microfinancements d’honneur prévus par le décret n° 2026-148. Le document évoque bien un seuil de 8 %, mais celui relatif à la réduction du taux d’intérêt de certains crédits (à taux fixe) en application de l’article 412 ter. L’effet des demandes éligibles reçues jusqu’au 30 juin 2026 a minoré le PNB de 3,7 MDT.
Un portefeuille-titres qui dépasse 5,27 milliards de dinars
L’encours cumulé du portefeuille commercial et du portefeuille d’investissement s’élève à 5 273,5 MDT, contre 4 885,7 MDT à fin décembre 2025, soit une progression de 387,8 MDT ou 7,9 %.
Le portefeuille commercial a plus que doublé, passant de 100,9 à 240,7 MDT. Cette hausse de 139,8 MDT résulte notamment de 166,0 MDT d’acquisitions et de dotations, partiellement compensées par 15,1 MDT de cessions et 11,2 MDT d’ajustements. Le portefeuille comprend désormais 212,5 MDT de titres de placement et 28,2 MDT de titres de transaction.
Le portefeuille d’investissement a progressé de 248,0 MDT, ou 5,2 %, à 5 032,8 MDT. Cette évolution a été principalement portée par les BTA d’investissement, dont l’encours net a augmenté de 228,3 MDT à 3 475,3 MDT, ainsi que par les fonds gérés, en hausse de 32,7 MDT à 93,0 MDT. À l’inverse, les autres titres d’investissement ont reculé de 14,4 MDT, sous l’effet notamment de la diminution de l’encours de l’emprunt national.
La hausse des revenus du portefeuille ne suffit plus à préserver le PNB
Les produits d’exploitation bancaire ont reculé de 64,1 MDT, ou 8,8 %, à 663,6 MDT. Les charges d’exploitation bancaire ont diminué de 27,4 MDT, à 349,9 MDT. Le PNB ressort ainsi à 313,7 MDT, en baisse de 36,7 MDT ou 10,5 %.
La recomposition du PNB est particulièrement marquée. La marge nette d’intérêts s’est effondrée de 80,4 à 9,2 MDT, soit une contraction de 88,5 %. Le recul de 99,8 MDT des intérêts et revenus assimilés n’a été que partiellement compensé par la diminution de 28,7 MDT des charges d’intérêts. À elle seule, cette dégradation de 71,1 MDT représente près de 194 % de la baisse finale du PNB.
La marge sur commissions a légèrement diminué, de 59,2 à 57,7 MDT, tandis que le résultat de change s’est replié de 5,4 %, à 21,1 MDT. Ces deux composantes ont contribué respectivement à hauteur de 4,1 % et 3,3 % au recul du PNB.
À l’inverse, les revenus du portefeuille ont progressé de 37,2 MDT, ou 19,7 %, à 225,7 MDT. Cette hausse a absorbé l’équivalent de 101,3 % de la baisse provoquée par les autres composantes. Le portefeuille génère désormais 71,9 % du PNB, contre 53,8 % un an auparavant. La marge d’intérêts n’en représente plus que 2,9 %, contre 22,9 %, tandis que les commissions et le résultat de change pèsent respectivement 18,4 % et 6,7 %.
Les charges opérationnelles ont parallèlement augmenté de 7,1 %, à 188,1 MDT. Les frais de personnel se sont alourdis de 17,2 MDT, ou 14,6 %, à 134,6 MDT. Cette hausse a plus que neutralisé la baisse de 4,9 MDT des charges générales d’exploitation, ramenées à 44,1 MDT. Les dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations sont demeurées presque stables à 9,4 MDT.
Le coefficient d’exploitation s’est ainsi dégradé de 50,1 % à 60,0 %. Avant coût du risque, le résultat d’exploitation a reculé de 27,9 %, à 126,7 MDT.
Le coût du risque économique s’est en revanche allégé de 154,1 à 130,3 MDT. Il représente 41,5 % du PNB, contre 44,0 % un an auparavant. Cette amélioration n’a cependant pas suffi à compenser l’érosion du PNB et la hausse des charges opérationnelles : le résultat d’exploitation ressort à -3,6 MDT, contre un bénéfice de 21,7 MDT au premier semestre 2025.
Le solde positif des autres éléments ordinaires a progressé de 33,3 %, à 15,4 MDT, soutenu notamment par 11,5 MDT de récupérations sur des créances antérieurement radiées. Après une charge d’impôt ramenée de 10,2 à 2,3 MDT et une contribution conjoncturelle de 0,4 MDT comptabilisée en élément extraordinaire, le résultat net s’établit à 9,1 MDT, contre 22,3 MDT un an plus tôt, soit un recul de 59,4 %.
La marge nette se contracte de 3,1 % à 1,4 % des produits d’exploitation bancaire. Le ROE semestriel non annualisé ressort à 0,7 %, contre 1,7 % au premier semestre 2025, sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période.
Une trésorerie pénalisée par le retournement des flux d’exploitation
Les activités d’exploitation n’ont dégagé que 6,1 MDT de trésorerie au premier semestre 2026, contre 894,5 MDT un an auparavant. Ce recul provient principalement du retournement des flux liés aux prêts à la clientèle, devenus négatifs à hauteur de 225,3 MDT, contre une contribution positive de 547,1 MDT au premier semestre 2025, période durant laquelle les remboursements de crédits avaient dépassé les décaissements de nouveaux crédits, ainsi que des sorties liées aux titres de placement et aux autres flux d’exploitation.
Le flux d’investissement est resté négatif à -34,2 MDT, mais s’est nettement amélioré par rapport aux -489,7 MDT du premier semestre 2025. Les encaissements d’intérêts et de dividendes sur le portefeuille ont atteint 221,1 MDT, tandis que les acquisitions nettes de titres d’investissement ont mobilisé 245,3 MDT.
Les activités de financement ont généré une sortie nette de 140,4 MDT, contre 102,2 MDT un an auparavant, sous l’effet notamment de 110,1 MDT de remboursements d’emprunts et de 30,6 MDT de dividendes distribués.
Au total, la trésorerie a diminué de 168,5 MDT sur le semestre, après avoir progressé de 302,6 MDT au premier semestre 2025. Elle s’établit à 896,2 MDT au 30 juin 2026, en baisse de 15,8 % par rapport aux 1 064,7 MDT enregistrés à fin décembre 2025.


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