La Tunisie ambitionne d’installer une première tranche de 150 mégawatts (MW) de stockage électrique par batteries avant l’été 2027, avec une mise en exploitation initiale de la moitié de cette puissance. Cet objectif, rapporté par La Presse à l’issue de l’audition parlementaire du ministre chargé de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, s’inscrit dans un programme global de 300 MW. Il ne constitue toutefois pas une confirmation de la disponibilité de l’ensemble des installations à cette échéance.
Lors de son audition du 3 novembre, Slah Zouari a présenté les mesures envisagées pour renforcer l’approvisionnement électrique. Selon les déclarations relayées par La Presse, le ministère vise une première tranche de 150 MW avant l’été 2027, dont 50 % seraient initialement mis en exploitation, soit 75 MW. Le journal précise que le choix des fournisseurs et la détermination définitive des sites n’étaient pas encore achevés au moment de cette intervention. La date exacte de disponibilité des premiers 75 MW reste donc à préciser.
Le compte rendu publié par l’Assemblée des représentants du peuple confirme, pour sa part, un programme de stockage par batteries de 300 MW. Il ne détaille pas le phasage de 150 MW ni la mise en exploitation initiale de 50 % évoqués par La Presse.
Un appel d’offres portant sur 300 MW et 600 MWh
Sur le plan de la commande publique, l’appel d’offres international de la STEG n° 2026 E 4017 porte sur la réalisation clé en main de systèmes de stockage par batteries multisites, pour une puissance totale de 300 MW et une capacité énergétique de 600 MWh. Le périmètre de cette consultation couvre ainsi le programme global.
Les deux unités décrivent des caractéristiques différentes : les MW mesurent la puissance, tandis que les MWh expriment la quantité d’énergie stockable. Le rapport entre les caractéristiques annoncées correspond à deux heures de restitution à pleine puissance, sur une base théorique. Cette durée ne préjuge pas des conditions réelles d’exploitation.
Le portail national des marchés publics répartit le projet en trois lots :

Cette répartition ne permet pas, à elle seule, d’identifier les équipements qui composeraient la première tranche de 150 MW annoncée par le ministre.
Des offres attendues le 11 novembre
La date limite de réception des offres, initialement fixée au 29 octobre 2026, a été reportée au 11 novembre 2026 à 9 h 30. L’ouverture des offres technico-financières est prévue le même jour à 10 heures, au siège de la STEG. Ce report, publié en octobre, précède donc les annonces faites lors de l’audition parlementaire.
La fiche du portail des marchés publics mentionne également le 22 janvier 2027 comme date de début d’exécution. Cette indication ne constitue ni une date de mise en service ni la preuve d’un marché déjà attribué. Au 5 novembre, les avis consultés présentent encore la procédure comme publiée ou en cours.
Une réponse complémentaire aux tensions estivales
Le programme intervient dans un contexte de forte pression sur le système électrique. Selon le compte rendu de l’ARP, le ministre a fait état de pointes de demande comprises entre 6 000 et 6 400 MW durant l’été 2026, face à une puissance disponible de l’ordre de 4 450 MW. Les coupures et leurs conséquences économiques ont occupé une place importante dans les échanges avec les parlementaires.
Les batteries doivent permettre de stocker de l’électricité puis de la restituer lorsque le réseau en a besoin. Leur contribution dépendra toutefois de leur charge disponible, de leur puissance effectivement mise en service et de la durée des pointes de consommation.
Le stockage s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures. Le compte rendu parlementaire évoque notamment l’intégration de 300 MW d’énergies renouvelables, l’installation de systèmes de refroidissement des turbines pour dégager 150 MW avant l’été 2027, ainsi que l’acquisition de moteurs à gaz, dont 100 MW sont visés avant cette même échéance.
Pour les batteries, l’enjeu des prochains mois sera de traduire l’objectif ministériel en un calendrier d’exécution et de raccordement. La puissance effectivement mobilisable à l’été 2027 dépendra de l’aboutissement de la procédure d’achat, de la livraison des équipements et de leur mise en service.



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