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ECONOMIE

Tiers payant : les pharmacies privées coupent le lien avec la CNAM depuis le 1er novembre

Tiers payant : les pharmacies privées coupent le lien avec la CNAM depuis le 1er novembre

Faute de règlement des sommes dues et de respect des engagements pris, le Syndicat des pharmaciens d'officine de Tunisie (SPOT) a suspendu, depuis dimanche 1er novembre 2026, l'application du système du tiers payant au profit des assurés de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). Les assurés doivent désormais régler la totalité du prix de leurs médicaments en pharmacie privée.

Une décision actée en instance nationale

La suspension a été confirmée par l'instance nationale élargie du SPOT réunie le 27 octobre, puis annoncée par communiqué le vendredi 30 octobre. Le syndicat indique avoir averti la CNAM dès le 19 octobre de l'impossibilité de maintenir le dispositif en l'état, en lui accordant un délai jusqu'à la fin de la semaine pour régulariser la situation. Ce délai a expiré sans résultat, selon le SPOT.

Dans le cadre du tiers payant, le pharmacien délivre le médicament à l'assuré sans encaisser la part prise en charge par la caisse, qu'il récupère ensuite auprès de la CNAM. Le mécanisme repose donc sur une avance de trésorerie consentie par l'officine, dont la soutenabilité dépend directement de la régularité des paiements de la caisse.

Trois griefs mis en avant

Le SPOT justifie sa décision par le non-respect, par la CNAM, de ses engagements contractuels et par le non-règlement des sommes dues aux pharmacies. Le syndicat n'a toutefois publié aucun montant permettant de mesurer l'encours des créances en souffrance. Il invoque également la pression fiscale qui pèse sur les officines ainsi que les pénuries de médicaments, qui fragilisent leur activité et leur approvisionnement.

Un différend qui dure depuis près d'un an

Cette suspension s'inscrit dans un conflit ancien. La convention sectorielle liant les pharmacies privées à la CNAM a expiré le 31 décembre 2025, dans un contexte de retards de paiement dépassant 185 jours. Le tiers payant avait déjà été suspendu en décembre 2025 ; la CNAM avait alors permis, à titre exceptionnel et à partir du 10 décembre, aux assurés de la filière privée de se faire rembourser les médicaments achetés en pharmacie privée.

Un accord conclu à la mi-janvier 2026 avait permis de rétablir le dispositif. Mais les tensions ont ressurgi au cours de l'été : le 16 juillet, le SPOT avait adressé un ultimatum à la caisse, réclamant le règlement intégral des créances. Sur les trois tranches de paiement convenues, une seule a été versée, selon le syndicat.

Les assurés en première ligne

Concrètement, depuis le 1er novembre, les assurés sociaux qui s'approvisionnent en pharmacie privée doivent avancer l'intégralité du coût de leurs traitements, sans que les modalités d'un éventuel remboursement aient été précisées à ce stade. L'impact est particulièrement sensible pour les patients atteints de maladies chroniques, dont les dépenses de médicaments sont récurrentes et souvent élevées.

À la date de rédaction de cet article, aucune réaction officielle de la CNAM n'a été relevée, qu'il s'agisse d'un calendrier de règlement des créances ou de la reconduction d'une procédure exceptionnelle de remboursement comme celle mise en place en décembre 2025.

Un révélateur des tensions financières de la caisse

Au-delà du bras de fer entre les deux parties, la répétition de ces suspensions met en lumière les difficultés de trésorerie de la CNAM, dont les retards de paiement se répercutent en cascade sur l'ensemble de la chaîne du médicament. L'issue de ce nouvel épisode dépendra de la capacité de la caisse à apporter des garanties de paiement jugées suffisantes par la profession.

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