Tunisie Profilés Aluminium a bouclé son premier semestre 2026 sur une note à deux visages. Sur le terrain commercial, l'industriel de l'aluminium marque le pas : ses revenus reculent de 13,2 %, à 95,958 MDT, un repli qui touche aussi bien le marché local (-14,6 %) que l'export (-11,0 %), ce dernier gagnant néanmoins un peu de terrain dans le mix des ventes.
Ce tassement se propage naturellement le long du compte de résultat, les charges d'exploitation ne s'étant pas ajustées au même rythme : la marge brute cède 17,4 %, l'EBITDA recule de 28,5 % et le résultat d'exploitation s'établit à 18,001 MDT contre 24,842 MDT un an plus tôt, en repli de 27,5 %. La marge d'exploitation, ramenée à 18,7 % du total des produits, reste toutefois d'un niveau tout à fait honorable pour un industriel confronté à une conjoncture moins porteuse.
La finance vient au secours de l'industrie
C'est précisément là que le semestre bascule. Sous la ligne d'exploitation, TPR bénéficie d'un allègement sensible de ses charges financières nettes, ramenées à 4,479 MDT contre 6,012 MDT un an plus tôt, et surtout d'un bond de 69,4 % de ses produits de placement, à 8,085 MDT, porté par des dividendes perçus presque quadruplés.
Le résultat des activités ordinaires avant impôt ne recule ainsi que de 6,5 %, quand le résultat d'exploitation, lui, chutait de 27,5 % : la performance financière comble l'essentiel du trou d'air industriel. Une charge d'impôt allégée, à un taux effectif de 17,7 % contre 22,8 % un an plus tôt, achève de protéger la ligne finale. Résultat : le bénéfice net du semestre s'établit à 17,763 MDT, quasiment stable par rapport aux 17,808 MDT du 30 juin 2025, et le taux de marge nette s'améliore même à 18,5 % contre 16,1 % un an plus tôt.
La rentabilité des fonds propres suit la même trajectoire de résilience : un ROE semestriel de 11,0 %, dont le rythme annualisé, de l'ordre de 22 %, reste très proche de celui affiché sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Un bilan métamorphosé, une trésorerie qui se reconstitue
C'est toutefois au niveau du bilan et de la trésorerie que le semestre marque le plus les esprits. Le besoin en fonds de roulement s'effondre de 104,701 MDT à 59,516 MDT en six mois, sous l'effet conjugué d'un déstockage, d'une meilleure gestion des créances clients et, surtout, de l'inscription en dette d'un dividende de 25 MDT voté par l'assemblée générale mais décaissé au second semestre.
Cette respiration du cycle d'exploitation a permis à TPR de générer 38,113 MDT de flux de trésorerie d'exploitation, contre à peine 0,381 MDT au premier semestre 2025, une trésorerie que la société a mise à profit pour réduire son endettement bancaire de 25,6 % tout en renforçant ses placements et ses liquidités. Sa dette financière nette, déjà négative fin 2025, se transforme ainsi en une confortable position de trésorerie nette de 45,419 MDT, contre 7,351 MDT six mois plus tôt — un renforcement de plus de 38 MDT en un seul semestre. La trésorerie de clôture progresse en conséquence de 69,1 %, à 12,918 MDT.
Conclusion
TPR referme ainsi un semestre où l'essoufflement commercial a été largement absorbé, voire masqué, par une gestion financière et un pilotage du cycle d'exploitation particulièrement efficaces. Le résultat net et la rentabilité des capitaux propres tiennent le rythme de l'an dernier, et le bilan ressort sensiblement assaini, avec un désendettement net et une trésorerie reconstituée. La question qui se pose désormais est celle de la durabilité de ce redressement : une partie de la performance financière du semestre tient à des éléments non récurrents, et c'est bien sur le terrain commercial que TPR devra, à terme, retrouver son second souffle pour consolider durablement sa rentabilité.


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