Au terme des neuf premiers mois de 2026, l'Union Internationale de Banques affiche un produit net bancaire de 419,2 MTND, en progression de 7,9 %. Cette croissance s'accompagne d'une maîtrise des charges et d'une amélioration de la structure de ses ressources. Le bilan marque en revanche une pause du côté des crédits et des dépôts.
Des emplois réorientés vers le portefeuille-titres
À fin septembre 2026, l'encours net des crédits à la clientèle s'établit à 6 517,3 MTND, contre 6 530,3 MTND au 31 décembre 2025. Il recule ainsi légèrement de 12,9 MTND, soit -0,2 %. Après neuf mois, l'activité de financement de la clientèle reste donc quasi stable par rapport à son niveau de fin d'exercice.
Le dynamisme des emplois vient du portefeuille-titres. Son encours total atteint 916 MTND, contre 754,3 MTND à fin 2025, soit une hausse de 161,7 MTND (+21,4 %). L'essentiel de cette progression provient du portefeuille-titres commercial (trading book), qui passe de 186,2 MTND à 339 MTND, soit +152,7 MTND (+82 %). Sa part dans le portefeuille total passe de 24,7 % à 37 %. Le portefeuille-titres d'investissement (banking book) évolue plus modérément, de 568,1 MTND à 577 MTND (+9 MTND, +1,6 %).
Des ressources moins abondantes mais nettement moins coûteuses
L'encours des dépôts de la clientèle totalise 7 048,2 MTND à fin septembre 2026, contre 7 240,7 MTND au 31 décembre 2025. Il diminue de 192,5 MTND, soit -2,7 %. Ce repli global masque une évolution favorable de la structure des ressources.
Les dépôts à vue, la ressource la moins chère, progressent de 107,8 MTND (+5,1 %) à 2 220,2 MTND. Les dépôts d'épargne, un peu plus coûteux, augmentent de 109,8 MTND (+4 %) à 2 827,8 MTND. À l'inverse, les dépôts à échéance, les plus onéreux, reculent nettement. Il s'agit des dépôts à terme, certificats de dépôt et autres produits financiers, cumulés avec les autres dépôts et avoirs. Leur encours passe de 2 410,3 MTND à 2 000,2 MTND, soit une baisse de 410,1 MTND (-17 %).
Cette recomposition modifie sensiblement le poids de chaque composante :
- Dépôts à vue : 31,5 % du total, contre 29,2 % à fin 2025.
- Dépôts d'épargne : 40,1 %, contre 37,5 %.
- Dépôts à échéance et autres sommes dues : 28,4 %, contre 33,3 %.
Les ressources les moins coûteuses (à vue et épargne) représentent ainsi désormais 71,6 % des dépôts, contre 66,7 % à fin 2025. Cette évolution allège mécaniquement le coût des ressources.
Les emprunts et ressources spéciales s'inscrivent également en baisse. Ils passent de 113,5 MTND à fin 2025 à 89,2 MTND, soit -24,3 MTND (-21,4 %). Les capitaux propres, hors résultat de la période, s'élèvent à 1 044 MTND, contre 977,5 MTND au 31 décembre 2025. Ils progressent de 66,6 MTND (+6,8 %).
Un PNB porté par le recul des charges d'exploitation bancaire
Au 30 septembre 2026, les produits d'exploitation bancaire atteignent 680,1 MTND, contre 685,3 MTND un an plus tôt. Ils reculent de 5,3 MTND (-0,8 %). Les intérêts perçus diminuent de 26,1 MTND (-5,2 %) à 474,9 MTND. Cette baisse est partiellement compensée par la hausse des commissions en produits (+4 MTND, +3,2 %, à 128,7 MTND) et des revenus du portefeuille-titres (+16,8 MTND, +28,1 %, à 76,5 MTND).
Dans le même temps, les charges d'exploitation bancaire reculent plus fortement. Elles passent de 296,9 MTND à 260,8 MTND, soit -36,1 MTND (-12,2 %). Ce recul tient essentiellement à la baisse des intérêts encourus de 36,8 MTND (-12,9 %) à 249,8 MTND, reflet de l'amélioration de la structure des dépôts. Les commissions encourues augmentent de 0,8 MTND (+7,7 %) à 11 MTND.
L'écart entre ces deux agrégats donne un produit net bancaire de 419,2 MTND, contre 388,4 MTND à fin septembre 2025, soit une hausse de 30,8 MTND (+7,9 %).
Le portefeuille-titres, premier contributeur à la croissance du PNB
Les trois composantes du PNB contribuent de manière inégale à sa progression :
- Marge d'intérêt : elle s'établit à 225,1 MTND, contre 214,3 MTND, soit +10,8 MTND (+5 %). Elle explique 34,9 % de la hausse du PNB. La banque précise que cette marge supporte l'impact de la loi 2024-41 portant amendement du code de commerce, estimé à 24 MTND à fin septembre 2026 contre 19,4 MTND un an plus tôt.
- Marge sur commissions : elle atteint 117,7 MTND, contre 114,4 MTND, soit +3,2 MTND (+2,8 %). Sa contribution est de 10,5 %.
- Revenus du portefeuille-titres : ils progressent de 16,8 MTND (+28,1 %). Ils assurent à eux seuls 54,5 % de la croissance du PNB.
Ces dynamiques se traduisent par un rééquilibrage de la structure du PNB. La marge d'intérêt en représente 53,7 % à fin septembre 2026, contre 55,2 % un an plus tôt et 55,5 % sur l'ensemble de l'exercice 2025. Le poids des revenus du portefeuille-titres s'élève à 18,3 %, contre 15,4 % à fin septembre 2025 et 15,7 % pour l'exercice 2025. La marge sur commissions pèse pour sa part 28,1 % du PNB.
Des charges opératoires contenues et une productivité améliorée
Les charges opératoires s'élèvent à 219,7 MTND, contre 215 MTND à fin septembre 2025, soit +4,7 MTND (+2,2 %). Elles se décomposent ainsi :
- Frais de personnel : 159,1 MTND, en hausse de 2,2 MTND (+1,4 %).
- Charges générales d'exploitation : 49,1 MTND, en hausse de 1,2 MTND (+2,5 %).
- Dotations aux amortissements : 11,5 MTND, en hausse de 1,3 MTND (+12,6 %).
Le PNB progresse plus de trois fois plus vite que les charges opératoires, ce qui améliore le coefficient d'exploitation (charges opératoires rapportées au PNB). Celui-ci s'établit à 52,4 % à fin septembre 2026, contre 55,4 % un an plus tôt et 54 % sur l'ensemble de l'exercice 2025. Cette baisse de trois points traduit un gain de productivité.
Un résultat brut d'exploitation en hausse de 15,1 %
Le résultat brut d'exploitation, c'est-à-dire avant coût du risque, est calculé comme le PNB, augmenté des autres produits d'exploitation et diminué des charges opératoires. Il atteint 199,9 MTND au 30 septembre 2026, contre 173,7 MTND un an plus tôt. Il progresse ainsi de 26,2 MTND (+15,1 %).
Rapporté aux produits d'exploitation bancaire, ce résultat donne un taux de marge brute de 29,4 %. Ce taux était de 25,4 % à fin septembre 2025 et de 26,3 % sur l'ensemble de l'exercice 2025. Sur 100 dinars de produits d'exploitation bancaire, la banque dégage désormais près de 29 dinars de résultat avant coût du risque, contre un peu plus de 25 dinars un an auparavant.
Conclusion
Sur les neuf premiers mois de 2026, l'UIB affiche une amélioration de sa rentabilité d'exploitation dans un contexte de pause de son activité d'intermédiation. Les crédits sont quasi stables et les dépôts reculent par rapport à fin 2025. Mais la banque a profondément modifié la structure de ses ressources au profit des dépôts à vue et d'épargne, ce qui réduit ses charges d'intérêts. Elle a également fortement développé son portefeuille-titres commercial, devenu le premier moteur de la croissance du PNB.
Avec un PNB en hausse de 7,9 %, des charges contenues à +2,2 %, un coefficient d'exploitation ramené à 52,4 % et un taux de marge brute porté à 29,4 %, l'établissement consolide ses fondamentaux opérationnels. Reste à observer, au terme de l'exercice, si cette dynamique s'accompagne d'une reprise de l'activité de crédit.




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