Le fonds Advent a signé, lundi 2 novembre 2026, un accord pour acquérir Vermeg, l'éditeur de logiciels financiers fondé par le Tunisien Badreddine Ouali. Une filiale détenue à 100 % par l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds souverain d’Abou Dhabi, s’associe à l’opération comme co-investisseur minoritaire. Le prix n'a pas été dévoilé.
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L'essentiel
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Ce que prévoit l'accord
L'annonce a été faite depuis Londres par Advent, l'un des plus grands investisseurs mondiaux en capital-investissement. Le groupe américain, fondé à Boston en 1984, rachète Vermeg à ses deux actionnaires : Charterhouse Capital Partners, l'une des plus anciennes sociétés de capital-investissement en Europe, et le fondateur Badreddine Ouali.
Advent pilote la transaction. Une filiale détenue à 100 % par l'Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) y prend part en tant que co-investisseur minoritaire. Créée en 1976, ADIA investit pour le compte du gouvernement d'Abou Dhabi avec une stratégie de long terme.
Le tandem n'est pas inédit. En juin 2026, une filiale d'ADIA était déjà entrée comme minoritaire significatif au capital de Sapiens, éditeur de logiciels d'assurance racheté par Advent l'année précédente. Advent a par ailleurs ouvert un bureau à Abou Dhabi en octobre 2026.
Advent revendique plus de 109 milliards de dollars d'actifs sous gestion au 30 juin 2026, 18 bureaux sur cinq continents et 460 investissements réalisés dans 45 pays.
Badreddine Ouali reste au capital, Mike Ettling à la présidence
Le fondateur ne quitte pas l'aventure. Badreddine Ouali conservera une participation dans Vermeg après la transaction. Il occupera le poste de vice-président du conseil et restera impliqué dans les priorités stratégiques et la relation client.
Dans le communiqué, il salue le travail accompli par les équipes, qui ont construit des logiciels dont dépendent marchés financiers et assureurs. Il estime qu'Advent apporte l'expérience et les moyens nécessaires au prochain chapitre, et se dit enthousiaste à l'idée de rester actionnaire et conseiller.
À la finalisation, la présidence reviendra à Mike Ettling, partenaire opérationnel d'Advent. Ce dirigeant du logiciel d'entreprise, fort de plus de trente ans d'expérience, préside déjà deux sociétés du portefeuille d'Advent : Sapiens, dans les technologies de l'assurance, et Syspro, dans les logiciels pour l'industrie. Il souligne que Vermeg s'est imposé sur des marchés réglementés et techniquement exigeants, où ses clients lui confient des processus critiques.
Deux métiers au cœur des infrastructures financières
Vermeg s'organise autour de deux pôles.
- Marchés de capitaux : technologies de post-marché (traitement des opérations après négociation) et de gestion des garanties financières, ou collatéral. Les clients sont des banques centrales, des chambres de compensation, des dépositaires centraux de titres, des conservateurs et des institutions financières côté acheteur comme côté vendeur.
- Assurance vie et santé : systèmes centraux de gestion des contrats, destinés surtout aux assureurs en France et au Benelux.
Selon ses données institutionnelles, le groupe compte plus de 160 clients dans plus de 40 pays, dont au moins 24 banques centrales. Plus de 30 % de ses effectifs travaillent en recherche et développement.
En avril 2026, Vermeg a notamment été retenu par la Banque centrale des Émirats arabes unis pour moderniser son infrastructure financière.
La thèse d'Advent
Advent entend accompagner la direction dans l'accélération des investissements consacrés aux produits de Vermeg, à ses capacités en intelligence artificielle et à ses relations clients à l'échelle mondiale.
Pour Douglas Hallstrom, directeur général chez Advent, Vermeg se situe au croisement de tendances structurelles qui transforment les marchés de capitaux. Il en cite trois : la complexité réglementaire croissante, l'harmonisation des processus de post-marché et la volonté grandissante des États de garder la maîtrise de leurs infrastructures de marché. Selon lui, ces évolutions alimentent la demande pour les logiciels critiques du groupe, dont l'expertise métier et la capacité à passer à l'échelle seraient sans équivalent sur ses marchés.
L'opération s'inscrit dans une série de paris d'Advent sur les logiciels financiers. Le fonds a annoncé en 2025 le rachat de Sapiens pour 2,5 milliards de dollars, et vient de boucler une levée de 30 milliards de dollars pour son programme de fonds mondial, annoncée le 27 octobre 2026.
Charterhouse sort après six ans
Pour Charterhouse, l'accord marque la sortie d'un investissement engagé fin 2020, lorsque le fonds britannique avait repris la participation de Crédit Mutuel Arkéa dans Vermeg Group.
Sous son actionnariat, le groupe a resserré son périmètre. En novembre 2024, Vermeg avait annoncé la cession de sa division de technologie réglementaire, Agile, à Regnology, pour se concentrer sur la gestion du collatéral et l'assurance.
Un groupe aux racines tunisiennes
L'histoire de Vermeg commence à Tunis. Ingénieur diplômé de l'École des mines de Saint-Étienne, Badreddine Ouali y fonde en 1993 BFI, un éditeur de logiciels bancaires. En 2002, il recrée l'activité sous le nom de Vermeg, avec un siège aux Pays-Bas, tout en gardant ses équipes de développement en Tunisie.
Le groupe dispose toujours d'implantations à Tunis, notamment aux Berges du Lac. En juin 2026, il a reçu l'International Excellence Award lors du Tunisia Investment Forum.
Le passage sous le contrôle d'un investisseur de la taille d'Advent, associé au fonds souverain d'Abou Dhabi, consacre ainsi le parcours d'une entreprise née dans l'écosystème tunisien et devenue fournisseur de banques centrales sur plusieurs continents. Le communiqué d'Advent ne détaille toutefois pas les intentions du nouvel actionnaire pour les activités tunisiennes du groupe.
Ce qui reste à connaître
La transaction doit encore lever les conditions habituelles, dont les autorisations réglementaires, avant sa finalisation prévue au premier trimestre 2027.
Plusieurs points restent à préciser :
- le prix d'acquisition et la valorisation de Vermeg ;
- la répartition du capital entre Advent, ADIA et Badreddine Ouali ;
- l'éventuel maintien de l'équipe dirigeante actuelle ;
- les orientations pour les équipes et implantations tunisiennes.



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