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BOURSE

Wifak Bank : le PNB progresse de 19,3 %, mais le résultat net ne gagne que 1,6 %

Wifak Bank : le PNB progresse de 19,3 %, mais le résultat net ne gagne que 1,6 %

Au premier semestre 2026, Wifak Bank affiche une collecte en hausse de 8,8 %, malgré un recul marqué des dépôts à vue. Le produit net bancaire progresse de 19,3 %, principalement grâce à la marge nette sur les opérations de financement. Cette dynamique est toutefois absorbée par l’augmentation des charges opérationnelles et du coût du risque, limitant le résultat net à 2,2 MDT.

Une collecte en hausse malgré le recul des dépôts à vue

Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle atteignent 1 573,9 MDT, contre 1 446,0 MDT à fin décembre 2025. La collecte nette s’établit ainsi à 127,9 MDT en six mois, soit une progression de 8,8 %.

Cette évolution masque des trajectoires très contrastées entre les trois grandes masses de ressources.

Les dépôts à vue reculent de 466,8 MDT à 398,8 MDT, soit une baisse de 67,9 MDT ou 14,6 %. Leur poids dans les dépôts de la clientèle diminue sensiblement, passant de 32,3 % à fin décembre 2025 à 25,3 % au 30 juin 2026. Cette contraction a amputé la variation totale de la collecte à hauteur de 53,1 %.

À l’inverse, les comptes Tawfir, assimilés aux comptes d’épargne des banques classiques, progressent de 74,4 MDT, ou 16,3 %, pour atteindre 532,1 MDT. Leur part dans les dépôts augmente de 31,6 % à 33,8 %. Ils contribuent à hauteur de 58,2 % à la collecte nette du semestre.

Le reliquat, regroupé sous l’intitulé « autres sommes dues à la clientèle », atteint 643,0 MDT, contre 521,6 MDT à fin 2025. Cette masse, composée principalement des dépôts Istithmar et des autres montants dus à la clientèle, augmente de 121,4 MDT, soit 23,3 %. Elle représente désormais 40,9 % des dépôts, contre 36,1 % six mois auparavant, et explique 94,9 % de leur progression totale.

La croissance de la collecte repose ainsi entièrement sur l’épargne et les autres ressources de la clientèle, dont la hausse a plus que compensé la diminution des dépôts à vue.

Une progression modérée des financements, accompagnée d’une remontée du risque

Les créances nettes sur la clientèle s’établissent à 1 502,5 MDT, contre 1 449,3 MDT à fin décembre 2025. Elles progressent de 53,1 MDT, soit 3,7 %.

Avant déduction des provisions et des profits réservés, les crédits bruts atteignent 1 607,9 MDT, contre 1 544,0 MDT, en hausse de 63,9 MDT ou 4,1 %.

Les engagements bruts envers la clientèle, comprenant les créances au bilan et les engagements hors bilan, totalisent 2 159,3 MDT. Ils se répartissent entre 2 009,1 MDT d’engagements sains et 150,3 MDT d’engagements classés. Ces derniers augmentent de 11,8 MDT, ou 8,5 %, par rapport aux 138,5 MDT enregistrés à fin décembre 2025.

Rapportés aux seuls engagements envers la clientèle, les engagements classés représentent 6,96 %, contre 6,75 % à fin 2025. La banque publie un ratio de 6,70 %, calculé sur un périmètre plus large de 2 243,0 MDT intégrant également les engagements envers les banques et les établissements financiers. Sur cette même base, le ratio publié s’élevait à 6,64 % à fin décembre 2025.

Les provisions individuelles et additionnelles ainsi que les profits réservés directement affectés aux engagements classés atteignent 71,2 MDT. Le taux de couverture ressort ainsi à 47,4 %, contre 45,9 % à fin 2025.

Les notes aux états financiers ne mentionnent aucun montant d’engagement correspondant aux microfinancements d’honneur prévus par l’article 412 ter et le décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026.

Le portefeuille d’investissement renforcé par une nouvelle enveloppe de fonds gérés

L’encours cumulé du portefeuille commercial et du portefeuille d’investissement atteint 62,4 MDT, contre 54,4 MDT à fin décembre 2025. Il augmente ainsi de 7,9 MDT, ou 14,6 %.

Le portefeuille d’investissement progresse de 7,8 MDT, ou 14,4 %, pour atteindre 62,0 MDT. Cette évolution provient principalement de la hausse des titres d’investissement, liée notamment à une nouvelle enveloppe de 7,9 MDT au titre du fonds géré Wifak Sicar 2025. Les parts dans les entreprises liées demeurent stables à 33,5 MDT.

Le portefeuille commercial reste marginal, à 0,34 MDT, contre 0,21 MDT à fin 2025. Sa progression de 59,2 % est principalement liée à l’augmentation de la position en titres SIAME.

La marge nette sur les financements porte la croissance du PNB

Les produits d’exploitation bancaire progressent de 12,9 %, à 103,0 MDT, tandis que les charges d’exploitation bancaire augmentent de 5,0 %, à 43,4 MDT.

Le produit net bancaire ressort à 59,6 MDT, contre 50,0 MDT au premier semestre 2025, soit une hausse de 9,7 MDT ou 19,3 %.

La marge nette d’intérêts et revenus assimilés constitue le principal moteur de cette progression. Elle augmente de 22,9 %, à 41,6 MDT, et représente 69,7 % du PNB, contre 67,7 % un an auparavant. Elle explique à elle seule 80,0 % de la hausse du PNB.

Cette amélioration provient de la croissance des revenus tirés des financements à la clientèle, alors que la forte diminution des charges liées aux opérations avec les établissements bancaires et financiers a atténué la hausse du coût des ressources collectées auprès de la clientèle.

La marge sur commissions progresse de 9,3 %, à 16,1 MDT. Elle contribue à hauteur de 14,2 % à la croissance du PNB, mais son poids recule de 29,5 % à 27,0 %.

Le résultat de change atteint 1,23 MDT, en hausse de 5,0 %. Il représente 2,1 % du PNB, contre 2,3 % au premier semestre 2025, et n’explique que 0,6 % de sa progression.

Les revenus de portefeuille hors change passent de 0,23 MDT à 0,73 MDT. Leur contribution à la hausse du PNB atteint 5,2 %, tandis que leur poids progresse de 0,5 % à 1,2 %.

La hausse du coût du risque neutralise l’amélioration opérationnelle

Les charges opérationnelles augmentent de 17,4 %, à 44,7 MDT. Les frais de personnel progressent de 20,4 %, à 30,7 MDT, sous l’effet notamment de la hausse des rémunérations, des primes et des charges sociales.

Les charges générales d’exploitation s’établissent à 10,7 MDT, en augmentation de 10,3 %, tandis que les dotations aux amortissements et aux provisions sur immobilisations progressent de 14,6 %, à 3,3 MDT.

La croissance du PNB restant légèrement supérieure à celle des charges, le coefficient d’exploitation s’améliore de 76,2 % à 74,9 %. Le résultat d’exploitation avant coût du risque atteint 15,0 MDT, contre 11,9 MDT, soit une progression de 25,6 %.

Le coût du risque augmente cependant de 43,0 %, à 11,2 MDT, contre 7,8 MDT au premier semestre 2025. Son poids dans le PNB passe de 15,7 % à 18,8 %. Cette hausse absorbe entièrement l’amélioration opérationnelle et ramène le résultat d’exploitation à 3,8 MDT, en recul de 7,8 %.

Le solde positif des autres éléments ordinaires atteint 0,22 MDT, provenant presque intégralement de plus-values sur cession d’actifs récupérables. La charge d’impôt diminue de 3,9 %, à 1,6 MDT, sans ventilation complémentaire dans les notes. La perte provenant des éléments extraordinaires se réduit de 0,33 MDT à 0,20 MDT.

Le résultat net ressort finalement à 2,19 MDT, contre 2,16 MDT un an auparavant, soit une progression limitée de 1,6 %. La marge nette se contracte de 2,36 % à 2,13 % des produits d’exploitation bancaire.

Sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période, le ROE semestriel non annualisé s’établit à 1,28 %, contre 1,22 % au premier semestre 2025.

Une trésorerie toujours soutenue par les flux d’exploitation

Les flux nets d’exploitation atteignent 75,3 MDT, en hausse de 11,4 %. Ils bénéficient notamment des flux positifs liés aux dépôts de la clientèle, malgré les décaissements résultant des financements accordés et des charges d’exploitation.

Les activités d’investissement ont consommé 17,1 MDT, contre 14,7 MDT un an auparavant. Les flux de financement deviennent négatifs à hauteur de 9,7 MDT, principalement sous l’effet des remboursements d’emprunts obligataires. Au premier semestre 2025, ils étaient positifs de 25,6 MDT grâce à un encaissement de 30 MDT au titre d’un emprunt obligataire.

La variation nette de trésorerie demeure positive à 48,5 MDT, mais recule de 38,2 % par rapport aux 78,4 MDT dégagés un an plus tôt. La trésorerie de clôture atteint 276,3 MDT au 30 juin 2026, contre 227,9 MDT à fin décembre 2025, soit une progression de 21,3 %.

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