Selon le dernier rapport annuel de la Banque centrale de Tunisie, l’épargne nationale a légèrement progressé en valeur en 2025, mais son poids dans le Revenu National Disponible Brut s’est replié.
Le taux d’épargne nationale est ainsi revenu de 5,6 % du RNDB en 2024 à 5,3 % en 2025. En valeur, l’épargne nationale s’est établie à 9,471 milliards de dinars, contre 9,331 milliards une année auparavant, soit une hausse limitée de 1,5 %, après une contraction de 5,1 % en 2024.

Cette amélioration en valeur s’explique principalement par le redressement de l’épargne intérieure, porté par la progression de l’activité économique. Le PIB nominal a augmenté de 8 %, soit un rythme supérieur à celui de la consommation, en hausse de 7,4 %. Le secteur extérieur a également contribué positivement, notamment grâce à la progression des transferts des Tunisiens résidents à l’étranger, qui ont atteint 11,445 milliards de dinars, soit 6,6 % du PIB.
L’épargne de l’Administration centrale a, pour sa part, poursuivi son redressement pour la deuxième année consécutive. Cette amélioration résulte d’une progression des recettes propres, notamment fiscales, plus rapide que celle des dépenses de fonctionnement. L’excédent des ressources propres et dons par rapport aux dépenses courantes, intérêts de la dette inclus, est ainsi passé de 409 MDT en 2024 à 903 MDT en 2025. Ce niveau demeure toutefois limité : il n’a permis de couvrir que 9,3 % des dépenses d’équipement, contre 4,1 % en 2024.
En revanche, le taux de financement intérieur de la FBCF s’est détérioré, revenant de 38,4 % à 35,4 %. Ce niveau reste largement insuffisant au regard des besoins d’investissement du pays. Il traduit une faiblesse structurelle de l’épargne intérieure, liée notamment à la faiblesse des revenus, à une forte propension à la consommation et à la persistance des déséquilibres budgétaires.
Dans ce contexte, le financement de l’investissement continue de dépendre largement des ressources extérieures, à travers l’endettement extérieur et les flux nets d’investissements étrangers.
Pour 2026, un redressement de l’épargne nationale est attendu, selon les projections du Ministère de l’Économie et de la Planification. Toutefois, cette amélioration resterait insuffisante pour couvrir les besoins d’investissement, maintenant ainsi l’écart de financement à un niveau élevé.


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