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BOURSE

ATB à fin septembre 2026 : un PNB stabilisé par le portefeuille-titres, dans un bilan qui se resserre

ATB à fin septembre 2026 : un PNB stabilisé par le portefeuille-titres, dans un bilan qui se resserre

Au terme des neuf premiers mois de 2026, l’Arab Tunisian Bank affiche un produit net bancaire en légère progression, à 283,6 MD. La contraction de la marge d’intérêt est plus que compensée par la vigueur des revenus du portefeuille et des commissions. Côté bilan, la banque a réduit ses crédits, recomposé ses dépôts au profit des ressources les moins coûteuses et davantage recouru aux emprunts.

Les emplois : des crédits en repli, un portefeuille en hausse

À fin septembre 2026, l’encours des crédits nets à la clientèle s’établit à 4 997,1 MD, contre 5 271,8 MD à la clôture de l’exercice 2025. Il recule ainsi de 274,7 MD, soit 5,21 %, en neuf mois. Ce mouvement traduit une posture plus sélective dans la distribution du crédit.

Le portefeuille-titres suit une trajectoire inverse. Il atteint 1 345,2 MD au 30 septembre 2026, contre 1 313,9 MD fin 2025, en hausse de 31,3 MD (+2,38 %). Il se compose exclusivement de titres d’investissement (banking book). Le portefeuille-titres commercial (trading book) demeure nul, comme à fin septembre 2025 et à fin 2025.

Les ressources : une structure de dépôts plus favorable

Les dépôts de la clientèle totalisent 6 759,4 MD à fin septembre 2026, contre 6 778,7 MD fin 2025. Le léger repli de 19,3 MD (-0,28 %) masque une recomposition notable de leur structure.

Dépôts à vue. Ressource la moins coûteuse pour la banque, ils progressent de 167,1 MD (+8,38 %) pour atteindre 2 161,4 MD. Leur poids dans le total des dépôts passe de 29,42 % à 31,98 %.

Dépôts d’épargne. Ressource un peu plus onéreuse, ils augmentent de 52,0 MD (+2,73 %) à 1 954,4 MD. Leur part s’élève de 28,07 % à 28,91 %.

Dépôts à échéance et autres sommes dues à la clientèle. Ce poste regroupe les DAT, les certificats de dépôt et les autres produits financiers, ainsi que les autres dépôts et avoirs. C’est la ressource la plus chère. Il recule de 238,3 MD (-8,27 %), à 2 643,6 MD. Son poids dans le total des dépôts revient de 42,51 % à 39,11 %.

Les ressources à vue et d’épargne représentent désormais près de 61 % des dépôts. Ce glissement vers une collecte moins rémunérée allège mécaniquement le coût des ressources. Le ratio crédits/dépôts ressort à 73,9 %, contre 77,8 % fin 2025.

Emprunts et ressources spéciales. Ils s’inscrivent à 455,0 MD, contre 340,6 MD fin 2025, en hausse de 114,3 MD (+33,57 %).

Capitaux propres. Ils reviennent à 581,5 MD, contre 613,7 MD à fin 2025, soit un recul de 32,3 MD (-5,26 %). La publication ne précise pas l’origine de ce mouvement.

L’activité : des flux en baisse, un PNB préservé

Les produits d’exploitation bancaire s’établissent à 545,7 MD au 30 septembre 2026, contre 609,0 MD un an plus tôt, en baisse de 63,3 MD (-10,39 %). Les intérêts perçus expliquent l’essentiel de ce repli : ils reculent de 78,6 MD (-17,03 %), à 382,7 MD.

Les charges d’exploitation bancaire diminuent plus vite encore. Elles reculent de 66,6 MD (-20,26 %), à 262,1 MD, sous l’effet de la baisse de 67,5 MD (-21,31 %) des intérêts encourus, ramenés à 249,2 MD.

Il en résulte un produit net bancaire de 283,6 MD, contre 280,3 MD à fin septembre 2025. Il progresse de 3,3 MD, soit 1,17 %.

Les moteurs du PNB : le portefeuille relaie la marge d’intérêt

La décomposition du PNB révèle des dynamiques contrastées :

  • Marge d’intérêt : elle recule de 11,1 MD (-7,65 %), à 133,6 MD. Elle retranche à elle seule 3,95 points à la croissance du PNB.
  • Marge sur commissions : elle progresse de 3,6 MD (+7,03 %), à 54,5 MD, et apporte 1,28 point.
  • Revenus du portefeuille-titres : ils augmentent de 10,8 MD (+12,70 %), à 95,5 MD, et contribuent positivement à hauteur de 3,84 points.

Ces mouvements modifient sensiblement la structure du PNB. La marge d’intérêt n’en représente plus que 47,09 %, contre 51,59 % au 30 septembre 2025. Ce niveau reste néanmoins supérieur aux 45,31 % de l’ensemble de l’exercice 2025.

À l’inverse, le poids des revenus du portefeuille-titres monte à 33,68 %, contre 30,24 % un an plus tôt. Il se rapproche ainsi des 34,36 % observés sur l’année 2025. La part des commissions s’établit à 19,23 %, contre 18,17 %.

Les charges opératoires et la productivité

Les charges opératoires atteignent 206,4 MD, contre 197,4 MD à fin septembre 2025, en hausse de 9,0 MD (+4,55 %). Elles se décomposent ainsi :

  • Frais de personnel : +3,9 MD (+3,15 %), à 128,5 MD.
  • Charges générales d’exploitation : quasi stables, à 58,3 MD (+0,6 MD, +1,05 %).
  • Dotations aux amortissements des valeurs immobilisées : elles constituent le poste le plus dynamique, à 19,6 MD contre 15,1 MD (+4,5 MD, +29,52 %).

Les charges progressent plus vite que le PNB. Le coefficient d’exploitation se dégrade donc légèrement, à 72,77 %, contre 70,41 % au 30 septembre 2025. Il demeure toutefois en deçà des 78,70 % enregistrés sur l’ensemble de l’exercice 2025.

Le résultat brut d’exploitation et la marge brute

Le résultat brut d’exploitation, avant coût du risque, ressort à 77,3 MD. Il s’obtient en ajoutant au PNB les autres produits d’exploitation (0,1 MD) et en retranchant les charges opératoires. Il recule de 5,7 MD (-6,89 %) par rapport aux 83,1 MD de fin septembre 2025. Pour mémoire, il s’élevait à 74,3 MD sur l’ensemble de l’exercice 2025.

Le taux de marge brute, rapport entre le RBE et les produits d’exploitation bancaire, s’établit à 14,17 %. Il s’améliore par rapport aux 13,64 % de fin septembre 2025, malgré la baisse du RBE, car les produits d’exploitation ont reculé plus fortement. Il dépasse aussi nettement les 9,54 % de l’exercice 2025.

Conclusion

Les neuf premiers mois de 2026 dessinent pour l’ATB un exercice de consolidation plutôt que d’expansion. Dans un environnement de baisse des taux, perceptible dans le recul simultané des intérêts perçus et servis, la banque a contracté son encours de crédits. Elle a aussi orienté sa collecte vers les dépôts à vue et d’épargne, au détriment des ressources à terme plus coûteuses, et a sollicité davantage les emprunts.

Le PNB a été préservé grâce aux revenus du portefeuille d’investissement et aux commissions, qui ont compensé l’érosion de la marge d’intérêt. La progression des charges, portée notamment par les amortissements, a toutefois pesé sur le résultat brut d’exploitation et sur le coefficient d’exploitation.

Le dernier trimestre dira si la recomposition des ressources permettra de restaurer la marge d’intérêt. Il montrera aussi si la maîtrise des charges suffira à ramener le RBE à son niveau de l’an dernier.

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