Au terme des neuf premiers mois de l’exercice 2026, Attijari bank affiche un produit net bancaire de 551,7 millions de dinars (MD), en progression de 19,1 MD (+3,6 %) par rapport au 30 septembre 2025. Cette croissance s’accompagne toutefois d’une recomposition marquée de ses sources de revenus : la marge d’intérêt recule nettement, tandis que les revenus du portefeuille-titres prennent le relais et deviennent la première composante du PNB. Au bilan, la banque poursuit la collecte de dépôts à un rythme soutenu, dans un contexte de contraction de son encours de crédits.
Les emplois : repli des crédits, renforcement du portefeuille d’investissement
L’encours des crédits nets à la clientèle s’établit à 6 569,3 MD au 30 septembre 2026, contre 7 136,3 MD au 31 décembre 2025, soit un repli de 567,0 MD (-7,9 %). Rapporté aux dépôts, cet encours ne représente plus que 53,1 % de la collecte, contre 62,4 % à fin 2025, ce qui traduit une banque disposant de liquidités abondantes au regard de son activité de financement.
À l’inverse, le portefeuille-titres poursuit sa progression. Son encours total atteint 3 545,0 MD, en hausse de 145,7 MD (+4,3 %) par rapport à fin 2025. Cette évolution est entièrement portée par le portefeuille-titres d’investissement (banking book), qui passe de 3 373,7 MD à 3 535,7 MD, soit +162,0 MD (+4,8 %). Le portefeuille-titres commercial (trading book) se contracte, quant à lui, de 25,6 MD à 9,3 MD (-16,3 MD ; -63,6 %). Le banking book concentre ainsi 99,7 % du portefeuille-titres, contre 99,2 % à fin 2025, l’activité de transaction ne conservant qu’un poids marginal.
Les ressources : une collecte dynamique et une structure peu coûteuse
Les dépôts de la clientèle totalisent 12 378,7 MD au 30 septembre 2026, contre 11 435,0 MD au 31 décembre 2025, soit une progression de 943,7 MD (+8,3 %). Toutes les composantes contribuent à cette hausse.
Les dépôts à vue, ressource la moins coûteuse, s’élèvent à 5 940,7 MD, en hausse de 555,5 MD (+10,3 %). Ils constituent le principal moteur de la collecte et voient leur poids dans le total des dépôts passer de 47,1 % à fin 2025 à 48,0 % au 30 septembre 2026. Les comptes d’épargne, un peu plus rémunérés, atteignent 4 168,4 MD, en progression de 217,0 MD (+5,5 %) ; leur part recule légèrement, de 34,6 % à 33,7 %. Enfin, les dépôts à échéance (DAT, certificats de dépôt et autres produits financiers), cumulés aux autres sommes dues à la clientèle, ressources les plus onéreuses, s’établissent à 2 269,6 MD, en hausse de 171,1 MD (+8,2 %), pour un poids quasi stable de 18,3 % contre 18,4 % à fin 2025.
Au total, les ressources non ou faiblement rémunérées (dépôts à vue et épargne) représentent 81,7 % des dépôts, contre 81,6 % à fin 2025, ce qui confère à la banque une structure de financement particulièrement favorable en termes de coût.
Les emprunts et ressources spéciales s’élèvent à 145,2 MD, en hausse de 3,8 MD (+2,7 %) par rapport à fin 2025. Les capitaux propres, hors résultat de la période et de l’exercice précédent, ressortent à 920,1 MD, en progression de 22,2 MD (+2,5 %).
Une activité bancaire en croissance modérée
Les produits d’exploitation bancaire atteignent 907,6 MD au 30 septembre 2026, en hausse de 29,0 MD (+3,3 %) par rapport à la même période de 2025. Les charges d’exploitation bancaire progressent à un rythme légèrement inférieur, de 9,9 MD (+2,9 %), pour s’établir à 355,8 MD. Il en résulte un produit net bancaire de 551,7 MD, en hausse de 19,1 MD (+3,6 %).
Le portefeuille-titres relaie la marge d’intérêt
La lecture du PNB par composante révèle un net basculement. La marge d’intérêt s’établit à 181,2 MD, en recul de 54,7 MD (-23,2 %) par rapport au 30 septembre 2025. Ce repli résulte d’un effet ciseau : les intérêts et revenus assimilés diminuent de 46,1 MD (-8,1 %) à 520,5 MD, en lien avec la contraction de l’encours de crédits, alors que les intérêts encourus et charges assimilées augmentent de 8,7 MD (+2,6 %) à 339,3 MD, sous l’effet de la croissance des dépôts.
La marge sur commissions demeure globalement stable à 100,1 MD, en léger retrait de 1,3 MD (-1,3 %), les commissions perçues étant quasi inchangées (116,7 MD ; -0,1 %) tandis que les commissions encourues progressent de 1,2 MD (+8,0 %) à 16,6 MD.
Ce sont les revenus du portefeuille-titres et gains de change qui portent la croissance : ils atteignent 270,4 MD, en hausse de 75,2 MD (+38,5 %). Cette progression provient exclusivement des revenus du portefeuille d’investissement, qui bondissent de 75,2 MD (+54,1 %) à 214,1 MD, les gains sur portefeuille-titres commercial et opérations financières restant stables à 56,3 MD.
En termes de contribution, la hausse de 75,2 MD des revenus de portefeuille a plus que compensé le recul de 54,7 MD de la marge d’intérêt et le léger repli de 1,3 MD de la marge sur commissions, pour aboutir à une progression nette du PNB de 19,1 MD.
Cette dynamique modifie sensiblement la structure du PNB. Le poids de la marge d’intérêt tombe à 32,8 % au 30 septembre 2026, contre 44,3 % au 30 septembre 2025 et 43,9 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. À l’inverse, les revenus du portefeuille-titres et gains de change représentent désormais 49,0 % du PNB, contre 36,7 % un an plus tôt et 37,3 % à fin 2025, s’imposant comme la première source de revenus de la banque. La marge sur commissions conserve un poids de 18,1 %, contre 19,0 % au 30 septembre 2025 et 18,8 % à fin 2025.
Des charges opératoires maîtrisées
Les charges opératoires s’établissent à 288,5 MD, en hausse contenue de 5,8 MD (+2,1 %). Les frais de personnel, qui en représentent 70,1 %, sont quasi stables à 202,3 MD (+1,1 MD ; +0,5 %). Les charges générales d’exploitation progressent de 3,6 MD (+5,4 %) à 70,3 MD, tandis que les dotations aux amortissements des valeurs immobilisées augmentent de 1,1 MD (+7,7 %) à 15,9 MD.
La progression des charges opératoires étant inférieure à celle du PNB, le coefficient d’exploitation s’améliore à 52,3 % au 30 septembre 2026, contre 53,1 % un an plus tôt. Il demeure toutefois légèrement supérieur au niveau de 51,7 % enregistré sur l’ensemble de l’exercice 2025.
Un résultat brut d’exploitation en hausse de 5,3 %
Compte tenu d’autres produits d’exploitation de 12,2 MD (+0,6 MD ; +5,4 %), le résultat brut d’exploitation, avant coût du risque, ressort à 275,4 MD, en progression de 13,9 MD (+5,3 %) par rapport au 30 septembre 2025.
Le taux de marge brute, mesuré par le rapport du résultat brut d’exploitation aux produits d’exploitation bancaire, s’établit à 30,3 % au 30 septembre 2026, contre 29,8 % un an plus tôt. Il reste légèrement en deçà du niveau de 30,6 % atteint sur l’ensemble de l’exercice 2025.
Conclusion
À fin septembre 2026, Attijari bank présente des réalisations en progression, avec un PNB en hausse de 3,6 % et un résultat brut d’exploitation en croissance de 5,3 %, appuyés par une bonne maîtrise des charges et une amélioration du coefficient d’exploitation par rapport à la même période de 2025. Cette performance repose cependant sur un changement notable de modèle de revenus : le recul de l’activité de crédit et l’effet ciseau sur les intérêts ont pesé sur la marge d’intérêt, tandis que les revenus du portefeuille d’investissement sont devenus le premier contributeur au PNB. Forte d’une collecte dynamique et d’une structure de dépôts majoritairement composée de ressources peu coûteuses, la banque dispose d’une liquidité confortable, dont le redéploiement vers le crédit ou le maintien en portefeuille-titres conditionnera l’évolution de ses marges au cours des prochains trimestres.




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