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BOURSE

BH Bank : un PNB en hausse de 3,9 % à fin septembre 2026, porté par le portefeuille-titres

BH Bank : un PNB en hausse de 3,9 % à fin septembre 2026, porté par le portefeuille-titres

À fin septembre 2026, la BH Bank affiche un produit net bancaire de 510,7 MDT, en progression de 3,9 % sur un an. Cette hausse repose entièrement sur les revenus du portefeuille-titres, qui représentent désormais plus de la moitié du PNB. Dans le même temps, l'encours des crédits se stabilise et les dépôts progressent.

Les indicateurs d'activité publiés par la BH Bank au titre des neuf premiers mois de 2026 font apparaître une banque qui réoriente ses emplois. Le crédit marque le pas, tandis que le portefeuille d'investissement s'étoffe et devient le principal moteur de la rentabilité.

Des emplois qui basculent vers le portefeuille d'investissement

Au 30 septembre 2026, l'encours net des créances sur la clientèle s'établit à 10 297,4 MDT. Il recule légèrement de 20,5 MDT (-0,2 %) par rapport au 31 décembre 2025, où il atteignait 10 317,9 MDT. L'activité de crédit apparaît donc stable, sans véritable relance sur la période.

À l'inverse, le portefeuille-titres poursuit sa montée en puissance. Son encours total atteint 4 302,9 MDT, contre 3 858,6 MDT à fin 2025, soit un gain de 444,3 MDT (+11,5 %). Les deux compartiments évoluent toutefois en sens opposé :

  • Le portefeuille-titres commercial, ou trading book, est presque entièrement soldé. Il passe de 77,3 MDT à 1,1 MDT, soit une contraction de 76,2 MDT (-98,6 %).
  • Le portefeuille-titres d'investissement, ou banking book, gagne 520,6 MDT (+13,8 %) pour s'élever à 4 301,9 MDT.

Le portefeuille de la banque est ainsi constitué quasi exclusivement de titres détenus dans une optique durable.

Des ressources clientèle en hausse et une structure de dépôts qui se modifie

Côté ressources, l'encours des dépôts de la clientèle atteint 10 457,1 MDT au 30 septembre 2026, contre 10 028,5 MDT à fin 2025. La hausse est de 428,7 MDT (+4,3 %). Les dépôts couvrent désormais l'intégralité de l'encours des crédits, alors qu'ils lui étaient légèrement inférieurs à la fin de l'exercice précédent.

Les trois composantes des dépôts évoluent à des rythmes différents :

  • Les dépôts à vue, la ressource la moins coûteuse, progressent faiblement de 20,3 MDT (+0,7 %) pour atteindre 2 989,1 MDT. Leur poids dans le total des dépôts recule de 29,6 % à 28,6 %.
  • Les comptes d'épargne, ressource stable et relativement moins chère que les dépôts à terme, augmentent de 237,0 MDT (+5,7 %) à 4 417,3 MDT. Ils restent le premier pilier de la collecte, avec une part qui passe de 41,7 % à 42,2 %.
  • Les dépôts à terme, déduits par différence, s'élèvent à 3 050,7 MDT. Ils progressent de 171,4 MDT (+6,0 %) par rapport aux 2 879,3 MDT de fin 2025. Cette ressource étant la plus onéreuse, la hausse de son poids de 28,7 % à 29,2 % mérite d'être suivie.

Au total, les dépôts à vue et l'épargne, représentent 70,8 % des dépôts, contre 71,3 % à fin 2025. La structure de la collecte reste donc favorable, mais elle s'est légèrement renchérie.

Les emprunts et ressources spéciales poursuivent leur repli. Ils perdent 99,8 MDT (-6,8 %) pour s'établir à 1 358,8 MDT, contre 1 458,7 MDT à fin 2025. Les capitaux propres, hors résultat de la période, s'élèvent à 1 363,8 MDT, en hausse de 30,3 MDT (+2,3 %).

Un PNB en hausse grâce à des charges bancaires qui reculent plus vite que les produits

Au compte de résultat, les produits d'exploitation bancaire s'établissent à 1 037,0 MDT à fin septembre 2026, contre 1 058,6 MDT un an plus tôt. Ils reculent de 21,5 MDT (-2,0 %). Les charges d'exploitation bancaire diminuent plus fortement, de 40,5 MDT (-7,1 %), pour s'établir à 526,4 MDT. Cet écart de rythme permet au produit net bancaire de progresser de 19,0 MDT (+3,9 %), pour atteindre 510,7 MDT contre 491,7 MDT à fin septembre 2025.

L'analyse du PNB par composante montre que cette progression repose sur une seule source :

  • La marge d'intérêt recule de 11,1 MDT (-7,1 %) à 144,9 MDT. Les intérêts perçus baissent de 52,2 MDT (-7,3 %) à 659,0 MDT, soit un peu plus vite que les intérêts encourus, qui diminuent de 41,2 MDT (-7,4 %) à 514,1 MDT.
  • La marge sur commissions augmente de 2,9 MDT (+2,9 %) à 103,3 MDT. Les commissions perçues s'élèvent à 115,5 MDT (+3,2 %) et les commissions encourues à 12,2 MDT (+5,8 %).
  • Les revenus du portefeuille-titres et gains de change progressent de 27,1 MDT (+11,5 %) pour atteindre 262,5 MDT. Cette hausse fait plus que compenser l'érosion de la marge d'intérêt.

Ces évolutions modifient sensiblement la composition du PNB :

  • Les revenus du portefeuille représentent 51,4 % du PNB à fin septembre 2026, contre 47,9 % un an plus tôt et 48,5 % sur l'ensemble de l'exercice 2025.
  • La marge d'intérêt ne pèse plus que 28,4 % du PNB, contre 31,7 % à fin septembre 2025 et 32,2 % à fin décembre 2025.
  • La marge sur commissions reste relativement stable, à 20,2 % du PNB, contre 20,4 % un an plus tôt et 19,3 % à fin 2025.

Des charges opératoires en nette accélération

Les charges opératoires totalisent 233,4 MDT à fin septembre 2026. Elles augmentent de 24,1 MDT (+11,5 %), soit un rythme près de trois fois supérieur à celui du PNB. Cette hausse s'explique principalement par les frais de personnel, qui progressent de 19,0 MDT (+12,9 %) à 166,4 MDT et représentent un peu plus de 71 % des charges opératoires. Les charges générales d'exploitation augmentent de 5,1 MDT (+8,2 %) pour atteindre 67,0 MDT.

Conclusion

Au terme des neuf premiers mois de 2026, la BH Bank présente un bilan dont la composition évolue nettement. Le crédit est stable, tandis que le portefeuille d'investissement se renforce de plus d'un demi-milliard de dinars. La collecte progresse et repose toujours majoritairement sur l'épargne. La croissance du PNB est réelle, mais elle dépend de plus en plus des revenus du portefeuille-titres, qui compensent un recul de la marge d'intérêt. Pour la fin de l'exercice, deux points seront à suivre : la capacité de la banque à relancer son activité d'intermédiation, et la maîtrise de charges opératoires qui progressent nettement plus vite que le PNB.

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