Au 30 septembre 2026, la Banque Internationale Arabe de Tunisie affiche un produit net bancaire de 1 236,1 MD, en hausse de 3,4 %, des dépôts de la clientèle en progression de 5,5 % depuis fin 2025 et un résultat brut d’exploitation de 687,2 MD, progression de 3,0%. Derrière ces chiffres, la structure des revenus poursuit son déplacement : le portefeuille-titres pèse désormais près de la moitié du PNB, tandis que la marge d’intérêt recule.
Des emplois tirés par le portefeuille d’investissement
Du côté des emplois, l’encours des créances nettes sur la clientèle s’établit à 13 324,4 MD au 30 septembre 2026, contre 13 045,4 MD au 31 décembre 2025, soit une progression de 279,0 MD (+2,1 %) sur neuf mois. Une évolution mesurée, nettement en retrait par rapport à celle du portefeuille-titres.
L’encours global du portefeuille-titres atteint en effet 7 996,1 MD, en hausse de 911,8 MD (+12,9 %) par rapport à fin 2025. Cette croissance est entièrement portée par le portefeuille-titres d’investissement (banking book), qui passe de 7 080,1 MD à 7 991,9 MD (+911,8 MD, +12,9 %) et représente 99,9 % du total. Le portefeuille-titres commercial (trading book) demeure marginal et quasi stable, à 4,3 MD (−0,6 %). L’accroissement du portefeuille-titres représente ainsi plus de trois fois celui des crédits nets sur la période.
Une collecte soutenue, mais plus coûteuse
Les dépôts de la clientèle totalisent 23 517,6 MD au 30 septembre 2026, contre 22 291,0 MD à fin 2025, soit une collecte additionnelle de 1 226,6 MD (+5,5 %).
Les dépôts à vue, progressent de 179,2 MD (+1,7 %) pour atteindre 10 853,2 MD. Leur poids dans le total des dépôts recule toutefois de 47,9 % à 46,1 %. Les dépôts d’épargne, augmentent de 312,9 MD (+5,4 %) à 6 055,0 MD, avec un poids pratiquement inchangé à 25,7 % (contre 25,8 % à fin 2025).
Les dépôts à échéance (DAT, certificats de dépôt et autres produits) s’élèvent à 6 609,3 MD, contre 5 874,8 MD à fin 2025, soit une hausse de 734,5 MD (+12,5 %). Ils assurent à eux seuls près de 60 % de la collecte de la période et voient leur poids passer de 26,4 % à 28,1 % des dépôts. Ce glissement vers des ressources à terme, plus rémunératrices pour les déposants, renchérit le coût moyen de la collecte, les dépôts à vue restant toutefois la première composante des ressources clientèle.
Les emprunts et ressources spéciales atteignent 1 128,4 MD, contre 958,1 MD à fin 2025, en hausse de 170,3 MD (+17,8 %). Cette progression provient des emprunts subordonnés, qui passent de 877,1 MD à 1 051,0 MD (+173,9 MD, +19,8 %), alors que les ressources spéciales reculent de 3,5 MD (−4,4 %) à 77,4 MD. Aucun emprunt obligataire ne figure à l’encours.
Les capitaux propres s’établissent à 2 123,6 MD, quasi stables par rapport à fin 2025 (2 123,0 MD, +0,6 MD). Ils sont présentés après affectation du résultat de l’exercice 2025 et n’intègrent pas le résultat des neuf premiers mois 2026.
Un PNB en hausse, porté par les revenus du portefeuille
Les produits d’exploitation bancaires atteignent 1 949,2 MD au 30 septembre 2026, contre 1 892,1 MD un an plus tôt, soit une hausse de 57,1 MD (+3,0 %). Les charges d’exploitation bancaires progressent à un rythme plus modéré, de 16,2 MD (+2,3 %), à 713,2 MD. Le produit net bancaire en ressort à 1 236,1 MD, contre 1 195,1 MD, en amélioration de 40,9 MD (+3,4 %).
La dynamique des composantes est toutefois contrastée. La marge d’intérêt recule de 22,9 MD (−5,3 %) à 405,9 MD, sous l’effet conjugué d’un léger repli des intérêts perçus (−6,7 MD, −0,6 %, à 1 117,1 MD) et d’une hausse des intérêts encourus (+16,3 MD, +2,3 %, à 711,1 MD), en ligne avec le renchérissement de la structure des dépôts. La marge sur commissions progresse de 13,1 MD (+6,2 %) à 225,8 MD. Les revenus nets du portefeuille-titres et gains de change augmentent de 50,7 MD (+9,2 %) à 604,4 MD et constituent le principal moteur de la croissance : leur hausse représente plus que la totalité de la progression du PNB et compense le repli de la marge d’intérêt.
Cette évolution modifie sensiblement la structure du PNB. Le poids de la marge d’intérêt passe à 32,8 % au 30 septembre 2026, contre 35,9 % au 30 septembre 2025 et 35,5 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. À l’inverse, les revenus nets du portefeuille-titres et gains de change représentent 48,9 % du PNB, contre 46,3 % à fin septembre 2025 et 46,5 % à fin 2025. La marge sur commissions contribue pour 18,3 % (17,8 % un an plus tôt).
Des charges maîtrisées et une marge brute stable
Les charges opératoires s’établissent à 558,1 MD, en hausse de 20,1 MD (+3,7 %). Les frais de personnel en constituent l’essentiel, à 324,5 MD (+17,2 MD, +5,6 %), tandis que les charges générales d’exploitation sont stables à 193,5 MD (−0,6 MD, −0,3 %). Par déduction, les dotations aux amortissements des valeurs immobilisées atteignent 40,0 MD, contre 36,6 MD, soit une hausse de 3,5 MD (+9,5 %).
Les charges opératoires progressant légèrement plus vite que le PNB, le coefficient d’exploitation s’établit à 45,2 %, contre 45,0 % au 30 septembre 2025 et 44,6 % sur l’exercice 2025, soit une quasi-stabilité de la productivité.
Compte tenu d’autres produits d’exploitation de 9,2 MD (−0,7 MD, −6,6 %), le résultat brut d’exploitation, avant coût du risque, ressort à 687,2 MD, contre 667,0 MD au 30 septembre 2025, en hausse de 20,2 MD (+3,0 %). Rapporté aux produits d’exploitation bancaires, il fait apparaître un taux de marge brute de 35,3 %, identique à celui du 30 septembre 2025 et très proche de celui de l’exercice 2025 (35,4 %).
Conclusion
Au terme des neuf premiers mois 2026, la BIAT maintient une trajectoire de croissance régulière, avec un PNB en hausse de 3,4 % et un RBE en progression de 3,0 %, pour un taux de marge brute stable à 35,3 %. Cette performance repose de plus en plus sur le portefeuille-titres d’investissement, dont l’encours a augmenté de 12,9 % depuis fin 2025 et dont les revenus représentent près de la moitié du PNB, alors que les crédits ne progressent que de 2,1 % et que la marge d’intérêt recule de 5,3 %. Côté ressources, la collecte reste soutenue, mais sa composition évolue vers les dépôts à échéance, plus coûteux, tandis que le recours aux emprunts subordonnés s’accroît. L’évolution du coût du risque, non publiée dans les indicateurs trimestriels, déterminera la traduction de ces réalisations en résultat net.




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