La croissance européenne se raffermit légèrement en glissement annuel au troisième trimestre 2026. Selon l’estimation préliminaire publiée par Eurostat le 30 octobre, le produit intérieur brut augmente de 1,3 % dans la zone euro et de 1,5 % dans l’Union européenne par rapport au troisième trimestre 2025. Cette amélioration masque des trajectoires nationales contrastées : l’Espagne conserve une croissance soutenue, l’Allemagne accélère progressivement et la France enregistre un recul de 0,1 %.
L’économie européenne affiche une légère accélération de sa croissance sur un an. Au troisième trimestre 2026, le PIB en volume de la zone euro dépasse de 1,3 % son niveau du même trimestre de 2025, après une progression annuelle de 1,2 % au deuxième trimestre. Dans l’ensemble de l’Union européenne, la hausse atteint 1,5 %, contre 1,4 % au trimestre précédent.
Les deux ensembles enregistrent ainsi une amélioration de 0,1 point de pourcentage de leur taux de croissance en glissement annuel. L’Union européenne conserve une avance de 0,2 point sur la zone euro.
Ces chiffres mesurent l’évolution du volume d’activité par rapport à la même période de l’année précédente. Ils ne correspondent ni à la croissance entre deux trimestres consécutifs ni au taux de croissance de l’ensemble de l’année 2026.
Depuis le début de l’année, le rythme annuel s’est progressivement redressé. Dans la zone euro, il est passé de 0,6 % au premier trimestre à 1,2 % au deuxième, puis à 1,3 % au troisième. Dans l’Union européenne, il a évolué de 0,9 % à 1,4 %, puis à 1,5 %. Cette trajectoire traduit un renforcement de la croissance mesurée sur un an, sans pour autant indiquer une accélération continue de l’activité d’un trimestre à l’autre.
Parmi les grandes économies présentées dans le communiqué, l’Espagne se distingue avec une croissance de 2,7 % en glissement annuel, après 2,6 % aux premier et deuxième trimestres. Son rythme dépasse de 1,4 point celui de la zone euro et de 1,2 point celui de l’Union européenne.
L’Allemagne poursuit également son redressement. La croissance annuelle de son PIB atteint 1,2 %, après 1,0 % au deuxième trimestre et 0,6 % au premier. Elle reste légèrement inférieure à celle de la zone euro, mais l’écart se réduit à 0,1 point, contre 0,2 point au trimestre précédent.
La situation française apparaît plus fragile. Le PIB recule de 0,1 % par rapport au troisième trimestre 2025, après une hausse annuelle de 0,5 % au deuxième trimestre et de 0,8 % au premier. Le taux de croissance perd ainsi 0,6 point entre les deuxième et troisième trimestres. La France est le seul des quinze pays pour lesquels le tableau publie des données à enregistrer une variation annuelle négative.
En Italie, l’activité reste supérieure à son niveau d’un an auparavant, mais la croissance ralentit à 0,8 %, contre 1,0 % au deuxième trimestre. Les quatre grandes économies présentent donc des situations nettement différentes : une expansion relativement soutenue en Espagne, un raffermissement en Allemagne, une progression limitée en Italie et une légère contraction en France.
Le détail des pays disponibles confirme cette dispersion :

* Les taux de croissance par rapport au trimestre précédent et par rapport au même trimestre de l'année précédente présentés dans ce tableau sont tous deux calculés sur la base de données corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier, sauf indication contraire. Les données non corrigées ne sont pas disponibles pour tous les États membres inclus dans les estimations rapides du PIB.
** Variation en % par rapport au même trimestre de l'année précédente calculée à partir de données corrigées des effets de calendrier.
*** L'estimation rapide du PIB irlandais est classée comme « CSO Frontier Series Output ». Une attention particulière doit être portée à l'interprétation de cette estimation, car il s'agit d'un travail expérimental reposant sur des sources de données incomplètes. Cette estimation préliminaire est fondée principalement sur des données relatives à la production et fera donc l'objet de révisions au fil du temps, lorsque les résultats issus de l'approche par les dépenses seront intégrés.
L’Irlande affiche la plus forte hausse annuelle parmi les pays présentés, à 3,6 %, après un recul de 0,4 % au deuxième trimestre. Eurostat appelle toutefois à une prudence particulière : cette estimation irlandaise relève d’une série expérimentale, repose sur des sources incomplètes et s’appuie principalement sur les données de production. Elle pourra être révisée à mesure que les données relatives aux dépenses seront intégrées.
La Suède conserve une croissance relativement élevée, à 2,8 %, malgré un ralentissement par rapport aux 3,3 % du trimestre précédent. Le Portugal reste également au-dessus des moyennes européennes, avec 2,4 %, contre 2,6 % précédemment.
La Lituanie connaît une décélération plus marquée : sa croissance annuelle revient de 3,9 % à 2,3 %, soit une baisse de 1,6 point. À l’inverse, les Pays-Bas accélèrent de 1,6 % à 2,1 %, l’Estonie de 1,8 % à 2,2 % et la Finlande de 1,4 % à 1,8 %.
L’amélioration du glissement annuel européen intervient alors que la progression entre trimestres consécutifs ralentit. Sur cette seconde mesure, le PIB augmente de 0,4 % dans la zone euro, après 0,6 % au deuxième trimestre, et de 0,5 % dans l’Union européenne, après 0,7 %. Les deux évolutions ne sont pas contradictoires : la comparaison annuelle dépend également du niveau d’activité observé un an auparavant et de la trajectoire suivie depuis.
Ces premiers résultats restent susceptibles de révision. L’estimation européenne repose sur les données de 19 États membres, représentant 96 % du PIB de la zone euro et 94 % de celui de l’Union européenne. Le tableau national publié présente, pour sa part, les résultats de quinze pays.
Les taux sont calculés à partir du PIB en volume, ce qui permet de mesurer l’évolution de l’activité en neutralisant l’effet des prix. Les séries sont généralement corrigées des variations saisonnières et des effets de calendrier ; pour les Pays-Bas, la Finlande et la Suède, Eurostat précise que les variations annuelles présentées sont calculées à partir de données corrigées des effets de calendrier.
La prochaine estimation du PIB du troisième trimestre est annoncée pour le 13 novembre 2026. Elle permettra de préciser une conjoncture européenne marquée, à ce stade, par une légère amélioration de la croissance sur un an et par des écarts persistants entre les économies nationales.



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