Financé par la Banque africaine de développement, le projet CHEMS vise à faciliter le financement d’installations photovoltaïques destinées à l’autoconsommation des petites et moyennes entreprises. L’initiative devrait contribuer à réduire leur facture énergétique et à renforcer leur compétitivité, mais ses modalités financières et son calendrier de déploiement restent encore à préciser.
L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) a organisé, jeudi 6 août 2026 à Tunis, l’atelier de lancement officiel du projet CHEMS, consacré au développement de l’énergie solaire photovoltaïque au profit des petites et moyennes entreprises tunisiennes.
Financé par la Banque africaine de développement (BAD), ce projet entend mettre en place un mécanisme d’appui au financement des installations photovoltaïques destinées à l’autoconsommation des PME. Il s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de transition énergétique et de soutien à l’investissement dans les énergies renouvelables.
L’atelier a réuni des représentants du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, du ministère de l’Économie et de la Planification, de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), de la Banque africaine de développement, du Conseil bancaire et financier (CBF) et de la Société tunisienne de garantie.
Des institutions financières participantes, des PME, des bureaux d’études, des entreprises spécialisées dans l’énergie solaire ainsi que plusieurs partenaires techniques et institutionnels ont également pris part à cette rencontre.
Réduire les coûts énergétiques des PME
Lors de l’ouverture des travaux, le directeur général de l’ANME, Nafaa Baccari, a indiqué que le projet CHEMS avait pour objectif d’instaurer un mécanisme facilitant le financement de projets de production d’électricité solaire photovoltaïque destinée à l’autoconsommation des petites et moyennes entreprises.
Le dispositif doit ainsi permettre aux entreprises bénéficiaires de produire une partie de l’électricité nécessaire à leurs activités, de réduire leur dépendance à l’égard du réseau et de mieux maîtriser leurs charges énergétiques.
Pour les PME, souvent plus sensibles à la hausse des coûts de production que les grandes entreprises, l’accès au financement constitue toutefois l’un des principaux obstacles à l’investissement dans le photovoltaïque. Le coût initial des équipements, les exigences de garanties bancaires et les délais de récupération de l’investissement peuvent freiner la réalisation des projets, même lorsque leur rentabilité à moyen terme est établie.
En associant les autorités publiques, la BAD, les établissements financiers, la Société tunisienne de garantie et les opérateurs techniques, le projet CHEMS cherche précisément à construire une chaîne de financement mieux adaptée aux capacités et aux besoins des PME.
Un enjeu de compétitivité et de transition énergétique
Au-delà de la réduction de la facture d’électricité, le développement de l’autoproduction solaire peut améliorer la compétitivité des entreprises tunisiennes en limitant leur exposition à l’évolution des coûts énergétiques.
Cette transition revêt également une importance croissante pour les entreprises exportatrices. La réduction de l’empreinte carbone des procédés de production devient progressivement un facteur d’accès aux marchés internationaux, notamment européens, et un critère de sélection pour certains donneurs d’ordre et partenaires financiers.
Selon l’ANME, le projet CHEMS doit contribuer à stimuler l’investissement dans les énergies renouvelables, à améliorer l’efficacité énergétique et à renforcer la compétitivité du tissu économique national.
L’atelier de lancement a notamment permis de présenter les objectifs du programme, ses différentes composantes et ses étapes de mise en œuvre. Il a également servi à définir les rôles et les responsabilités des différents intervenants et à renforcer les mécanismes de coordination, de suivi et de coopération entre les parties prenantes.
Des modalités financières encore attendues
La publication de l’ANME ne précise toutefois ni le montant global du financement accordé par la Banque africaine de développement, ni le nombre de PME susceptibles de bénéficier du dispositif. Les conditions d’accès au mécanisme, les secteurs éligibles, les plafonds de financement, les taux appliqués, les garanties exigées et le calendrier de dépôt des demandes n’ont pas non plus été détaillés.
La portée effective du projet dépendra donc des modalités qui seront retenues, en particulier de la capacité du mécanisme à proposer des financements suffisamment accessibles aux petites entreprises. La rapidité du traitement des dossiers, l’accompagnement technique des bénéficiaires et la coordination avec la STEG constitueront également des facteurs déterminants.
Le lancement de CHEMS marque ainsi une nouvelle étape dans la mobilisation du secteur financier autour de la transition énergétique. Son impact réel sur l’investissement photovoltaïque des PME pourra toutefois être apprécié lorsque son enveloppe, ses conditions de financement et ses objectifs chiffrés auront été officiellement communiqués.


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