Après un premier semestre lourdement pénalisé par des arrêts de production, les Industries Chimiques du Fluor (ICF) retrouvent au troisième trimestre 2026 un niveau d'activité comparable à celui de l'an dernier. Le cumul à fin septembre porte toutefois encore la marque de ce début d'exercice difficile, tandis que le bilan reflète un recours accru aux crédits de gestion et une trésorerie sensiblement réduite.
Un troisième trimestre au niveau de l'an dernier
Au troisième trimestre 2026, ICF a réalisé un chiffre d'affaires de 35,8 millions de dinars (MD), contre 35,4 MD au troisième trimestre 2025, soit une hausse de 0,3 MD, ou 1,0 %. La société y voit le signe d'un retour de son activité commerciale à un niveau équivalent à celui de l'exercice précédent.
Cette performance prend tout son relief au regard du premier semestre. Par déduction, le chiffre d'affaires des six premiers mois de 2026 s'établit à 64,2 MD, contre 104,7 MD un an plus tôt, soit un repli de 40,5 MD, ou 38,7 %. Le troisième trimestre pèse ainsi 35,8 % des revenus cumulés à fin septembre 2026, contre 25,3 % sur la même période de 2025.
Une production qui réduit progressivement son retard
La société ne communique pas la valeur de sa production. Elle indique toutefois que l'exploitation a poursuivi sa normalisation au troisième trimestre, après les perturbations des mois précédents. Sur les neuf premiers mois de 2026, la production cumulée demeure inférieure de 47,6 % à celle de la même période de 2025. Ce retard se résorbe néanmoins : il atteignait 61,5 % à fin juin, soit un rattrapage de 13,9 points de pourcentage en un seul trimestre.
Un cumul encore marqué par le début d'exercice
À fin septembre 2026, le chiffre d'affaires cumulé s'élève à 100,0 MD, contre 140,2 MD au 30 septembre 2025, soit une baisse de 40,2 MD, ou 28,7 %. Selon la société, cet écart traduit essentiellement l'effet des arrêts de production intervenus en début d'année, alors que la dynamique du dernier trimestre est nettement plus favorable. Les revenus des neuf premiers mois représentent 61,1 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de l'exercice 2025, qui s'était établi à 163,6 MD.
Sur le plan commercial, l'environnement reste porteur : les cours de l'aluminium demeurent bien orientés et soutiennent les prix de vente du fluorure d'aluminium. En revanche, le coût des matières premières, notamment celui du soufre, reste élevé. La société indique y répondre par une gestion rigoureuse de ses achats et de ses coûts d'exploitation afin de préserver ses marges.
Un effort d'investissement en nette accélération
Les investissements du troisième trimestre 2026 atteignent 0,8 MD, contre 0,4 MD un an plus tôt, soit une hausse de 0,4 MD, ou 107,8 %. Sur les neuf premiers mois, ils totalisent 2,7 MD, contre 1,5 MD au 30 septembre 2025, en progression de 1,2 MD, ou 75,9 %. À fin septembre, ICF a ainsi déjà engagé l'équivalent de 89,8 % des investissements de l'ensemble de l'exercice 2025, qui s'étaient élevés à 3,0 MD.
Ces dépenses s'inscrivent dans un programme d'investissement structurant orienté vers l'énergie photovoltaïque, la maîtrise de la consommation d'eau, les projets environnementaux et la modernisation de l'outil industriel. L'objectif affiché est de consolider la compétitivité de la société et d'assurer la durabilité de sa performance.
Une trésorerie sous tension et un endettement net qui double
Les liquidités et équivalents de liquidités s'établissent à 1,1 MD au 30 septembre 2026, contre 8,8 MD à la clôture de l'exercice 2025, soit une diminution de 7,7 MD, ou 88,0 %.
Dans le même temps, les crédits de gestion atteignent 51,7 MD, contre 32,6 MD à fin 2025, ce dernier montant ayant été actualisé lors de l'arrêté final des états financiers de l'exercice. La hausse ressort à 19,1 MD, soit 58,6 %. La société ne déclare en revanche aucun endettement à moyen et long terme.
Il en résulte un endettement net de 50,7 MD au 30 septembre 2026, contre 23,8 MD à fin 2025, soit une augmentation de 26,8 MD, ou 112,6 %. L'endettement net demeure positif : les liquidités disponibles ne couvrent qu'une faible part des concours de court terme mobilisés pour financer l'exploitation, dans un contexte de recul des volumes produits sur une large partie de l'année.
Un quatrième trimestre abordé avec confiance
Pour la fin de l'exercice, ICF dit aborder le quatrième trimestre 2026 avec confiance. Elle anticipe une amélioration de sa production, une meilleure maîtrise de ses coûts et, en conséquence, une progression de ses résultats. La société reste attentive à l'évolution de la situation au Moyen-Orient et à ses effets possibles sur les approvisionnements et la logistique, et indique poursuivre les actions engagées pour sécuriser son exploitation. Elle met en avant ses fondamentaux industriels et une reprise qu'elle juge désormais installée pour réaffirmer sa volonté de créer de la valeur pour ses parties prenantes.




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