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ECONOMIE

Ormuz : la reprise des frappes ramène le Brent au-dessus de 90 dollars

Ormuz : la reprise des frappes ramène le Brent au-dessus de 90 dollars

Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran ont repris à proximité du détroit d’Ormuz, faisant remonter le Brent au-dessus de 90 dollars le baril. Pour la Tunisie, cette nouvelle tension ravive le risque pesant sur les importations énergétiques et la compensation, alors que le budget 2026 repose sur un baril moyen de 63,3 dollars.

Les forces américaines ont frappé, dimanche 30 août 2026, deux lanceurs iraniens installés sur l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz. Selon un responsable américain cité par Reuters, ces équipements pouvaient être utilisés par les Gardiens de la révolution pour lancer des missiles ou préparer la pose de mines marines.

Cette opération constitue la première frappe américaine connue contre l’Iran depuis la fin juillet. Téhéran a riposté en visant des installations accueillant des forces américaines en Jordanie. L’Iran a également affirmé avoir attaqué la base aérienne d’Al-Minhad aux Émirats arabes unis, mais cette information a été démentie par les autorités émiraties.

La reprise des affrontements intervient alors que les négociations sur la navigation dans le détroit restent bloquées. Le trafic maritime demeure très inférieur à son niveau habituel et un pétrolier aurait été touché par un projectile, sans victime signalée.

Le risque géopolitique revient dans les cours

À l’ouverture des marchés asiatiques, lundi 31 août, le Brent a progressé de plus de 2 %, atteignant environ 90,31 dollars le baril, contre une clôture de 89,31 dollars vendredi. Le pétrole américain WTI s’échangeait autour de 85,23 dollars.

Cette hausse ne résulte donc pas d’un simple mouvement technique. Les frappes ont eu lieu au cœur d’un passage stratégique par lequel transite normalement près d’un cinquième des flux pétroliers mondiaux. La présence éventuelle de mines ou la multiplication des attaques contre les navires pourrait réduire davantage le trafic et renchérir les coûts de transport et d’assurance.

Un nouvel écart avec l’hypothèse budgétaire tunisienne

Pour la Tunisie, importatrice nette d’énergie, le Brent évolue désormais près de 27 dollars au-dessus de l’hypothèse moyenne de 63,3 dollars retenue pour l’élaboration du budget 2026.

Cet écart ne peut toutefois pas être directement assimilé à un dépassement budgétaire. Le niveau de 90 dollars constitue un cours ponctuel, tandis que l’hypothèse inscrite dans le budget correspond à une moyenne annuelle. L’incidence réelle dépendra de la durée de la hausse, des volumes importés, des prix des produits raffinés, du cours du dollar et du maintien ou non des prix administrés sur le marché intérieur.

Si cette nouvelle escalade devait durer, elle augmenterait les sorties de devises liées aux importations énergétiques et les besoins de compensation supportés par l’État. Elle pourrait également renchérir les coûts de production et de transport des entreprises.

La suite dépendra principalement de l’évolution des opérations militaires, de la présence effective de mines et du trafic maritime à travers Ormuz. Une normalisation rapide limiterait l’effet économique. À l’inverse, une interruption plus sévère des flux replacerait durablement les prix internationaux de l’énergie parmi les principaux risques pesant sur les équilibres tunisiens.

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