Tunisie Profilés Aluminium (TPR) a publié ses indicateurs d'activité au 30 septembre 2026. Les neuf premiers mois de l'exercice ont été marqués par des tensions sur l'approvisionnement en billettes d'aluminium et par des coupures d'électricité répétées. L'activité recule nettement. La structure financière, elle, s'allège sensiblement.
Un troisième trimestre en repli, l'export mieux tenu
Au troisième trimestre 2026, le chiffre d'affaires de TPR s'établit à 40,1 MD, contre 51,8 MD un an plus tôt. Il recule de 11,7 MD, soit 22,5 %.
Le marché local supporte l'essentiel de cette baisse. Les ventes locales passent de 33,0 MD à 25,0 MD, en retrait de 8,0 MD (-24,2 %). La société souligne toutefois une atténuation par rapport au deuxième trimestre, où la contraction locale atteignait 30 %. Les ventes à l'export reculent de 3,7 MD (-19,6 %), à 15,1 MD contre 18,8 MD au T3 2025. La baisse est plus marquée qu'au trimestre précédent, où elle était de 13 %.
L'export recule moins vite que le local. Son poids dans le chiffre d'affaires trimestriel progresse donc à 37,6 %, contre 36,2 % au T3 2025, soit un gain de 1,36 point. La part du marché local revient de 63,7 % à 62,4 %.
Une production qui amorce un redressement
Sur les neuf premiers mois, la production en valeur atteint 127,5 MD, contre 162,0 MD à fin septembre 2025. Le recul est de 34,5 MD, soit 21,3 %.
La dynamique trimestrielle est plus encourageante. Au seul troisième trimestre, la production s'élève à 44,6 MD, en baisse limitée de 4,2 MD (-8,7 %), contre un repli de 32 % au deuxième trimestre. Le retard cumulé se resserre ainsi : -21 % à fin septembre, contre -27 % à fin juin. La production trimestrielle dépasse d'ailleurs le chiffre d'affaires de la période (44,6 MD contre 40,1 MD).
Ce rattrapage intervient malgré les coupures d'électricité de juillet et août. TPR y a répondu en avançant son arrêt annuel de maintenance.
Un chiffre d'affaires cumulé en baisse, porté par le recul du marché local
À fin septembre 2026, le chiffre d'affaires cumulé ressort à 136,9 MD, contre 162,4 MD un an plus tôt. Il recule de 25,5 MD, soit 15,7 %.
Le marché local en est le principal moteur. Ses ventes passent de 102,2 MD à 85,0 MD, en baisse de 17,2 MD (-16,8 %). Elles expliquent environ les deux tiers du recul global. L'export résiste mieux : il cède 8,2 MD (-13,7 %), à 52,0 MD contre 60,2 MD.
Ce décalage modifie légèrement la structure des ventes. L'export représente 37,9 % du chiffre d'affaires cumulé, contre 37,1 % à fin septembre 2025, soit 0,87 point de plus. Le local revient de 62,9 % à 62,1 %.
La comparaison avec l'exercice 2025 confirme ce glissement. Sur l'ensemble de 2025, le chiffre d'affaires avait atteint 233,7 MD, dont 63,6 % réalisés localement et 36,4 % à l'export. À fin septembre 2026, la part de l'export dépasse donc de 1,50 point son niveau annuel 2025.
Les réalisations des neuf premiers mois représentent 58,6 % du chiffre d'affaires de l'ensemble de 2025. À la même date l'an dernier, ce taux était de 69,5 %. Par marché, le taux de réalisation est de 61,0 % pour l'export et de 57,2 % pour le local.
La société attribue ce recul à deux facteurs exogènes :
- les perturbations persistantes dans le détroit d'Ormuz, zone d'approvisionnement historique de TPR en billettes d'aluminium ;
- les dommages subis par deux fournisseurs stratégiques, qui ont réduit les volumes disponibles.
Pour y répondre, TPR a eu davantage recours aux billettes produites localement. Elle a aussi optimisé sa consommation de billettes d'aluminium recyclé et puisé dans ses stocks disponibles. Selon la société, sans ces leviers, la baisse aurait été plus prononcée.
Des investissements ramenés à l'essentiel
Au 30 septembre 2026, les investissements corporels et incorporels s'élèvent à 2,5 MD, contre 3,6 MD un an plus tôt. Ils reculent de 1,1 MD, soit 30,7 %.
Aucun investissement financier n'a été enregistré sur la période. À fin septembre 2025, l'acquisition de titres de participation avait représenté 11,1 MD. L'enveloppe globale d'investissement revient ainsi de 14,7 MD à 2,5 MD, en recul de 12,2 MD (-82,9 %). Pour mémoire, les investissements avaient atteint 21,0 MD sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Un endettement allégé et rééquilibré vers le long terme
L'endettement total s'établit à 65,0 MD au 30 septembre 2026, contre 78,1 MD au 31 décembre 2025. Il baisse de 13,2 MD, soit 16,8 %.
Sa structure se transforme :
- Court terme : l'endettement net à court terme passe de 63,6 MD à 40,5 MD, en baisse de 23,2 MD (-36,4 %). La société relie ce reflux à la diminution des achats de matières premières.
- Long et moyen terme : l'endettement LMT progresse de 10,0 MD (+68,9 %), à 24,5 MD contre 14,5 MD à fin 2025. Sa part dans l'endettement total passe de 18,6 % à 37,7 %, soit 19,15 points de plus.
Les placements en billets de trésorerie et bons du Trésor s'établissent à 63,3 MD, contre 72,5 MD à fin 2025. Ils reculent de 9,2 MD (-12,7 %). Selon la société, ce niveau a été ajusté en proportion de la baisse des engagements bancaires. Les placements couvrent ainsi 97,3 % de l'endettement total.
Un endettement net quasi neutralisé
Rapprochés de la dette, ces placements laissent un endettement net de 1,7 MD au 30 septembre 2026, contre 5,7 MD au 31 décembre 2025. La baisse est de 4,0 MD, soit 69,5 %.
L'endettement net reste positif, mais il devient marginal au regard de la taille de l'entreprise. Le portefeuille de placements compense désormais la quasi-totalité de la dette.
Des perspectives adossées à la diversification des sources
Pour sécuriser sa production, TPR a finalisé des contrats avec de nouveaux fournisseurs d'aluminium situés hors de la région du Golfe. L'objectif est de réduire sa dépendance géographique et de garantir la continuité des approvisionnements. Compte tenu des délais de transit, les effets positifs ne devraient se faire sentir que progressivement, à partir du quatrième trimestre.
La société met en avant plusieurs éléments pour la suite :
- le maintien de ses parts de marché à l'export ;
- un carnet de commandes en progression ;
- une demande internationale qu'elle juge robuste.
La normalisation des approvisionnements devrait lui permettre d'y répondre.
Le Groupe : une baisse comparable
Au niveau consolidé, le chiffre d'affaires du groupe TPR atteint 218,3 MD à fin septembre 2026, contre 256,9 MD un an plus tôt. Il recule de 38,7 MD, soit 15,1 %.
Les ventes locales consolidées baissent de 17,1 MD (-16,6 %), à 85,9 MD contre 102,9 MD. Les ventes à l'export, qui intègrent l'activité des filiales étrangères, reculent de 21,6 MD (-14,0 %), à 132,4 MD contre 154,0 MD. L'export représente désormais 60,7 % du chiffre d'affaires consolidé, contre 59,9 % un an plus tôt, soit 0,73 point de plus.
L'écart entre le chiffre d'affaires consolidé et celui de la société mère donne un ordre de grandeur de la contribution des filiales. Il revient de 94,6 MD à 81,3 MD, en baisse de 13,2 MD (-14,0 %). Ce calcul reste indicatif, car il ne tient pas compte des éliminations intragroupes.
Le Groupe explique cette évolution par :
- les contraintes d'approvisionnement et de production ;
- les coupures d'électricité survenues en Tunisie et en Algérie, qui ont limité l'utilisation des capacités.
Les filiales ont connu des trajectoires contrastées. La filiale algérienne a contenu la baisse de son activité à 10 %. Le Groupe l'attribue à la pertinence de ses choix en matière d'approvisionnement, d'investissement, de production et de développement commercial. Les autres filiales, notamment la filiale italienne, ont pâti du ralentissement de l'activité en Europe.
Selon le Groupe, le recul des ventes à l'export tient donc à des contraintes de production et à la conjoncture de certains marchés plutôt qu'à un affaiblissement généralisé de la demande. Il précise que ces chiffres consolidés n'ont pas été audités par les commissaires aux comptes.




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