L’Accumulateur Tunisien ASSAD a réalisé un chiffre d’affaires de 22,8 millions de dinars au troisième trimestre 2026, en baisse de 20,9 % sur un an, sous l’effet du recul des exportations. Sur les neuf premiers mois, les revenus diminuent de 20,2 %, à près de 64 millions de dinars. Dans ce contexte, la société annonce un taux de marge brute supérieur à 40 %, contre 38,8 % au premier semestre. L’endettement global baisse légèrement depuis décembre 2025, mais sa structure reste largement dominée par les crédits de gestion.
Au troisième trimestre, le recul des exportations pèse sur les revenus
Entre juillet et septembre 2026, ASSAD a enregistré un chiffre d’affaires de 22,809 millions de dinars, contre 28,823 millions au troisième trimestre 2025. La contraction atteint ainsi 6,014 millions de dinars, soit 20,9 %.
Cette baisse provient presque intégralement de l’export. Les ventes à l’étranger passent de 13,290 à 7,366 millions de dinars, en repli de 44,6 %. Leur diminution explique à elle seule près de 99 % de la baisse du chiffre d’affaires trimestriel.
Le marché local affiche une résistance nettement meilleure. Les ventes domestiques s’établissent à 15,443 millions de dinars, contre 15,533 millions un an auparavant, soit une légère baisse de 0,6 %. Cette quasi-stabilité limite le recul global, sans pouvoir compenser la contraction des débouchés extérieurs.
Une divergence mérite toutefois d’être signalée : le commentaire accompagnant les indicateurs évoque une progression de 2 % du chiffre d’affaires local au troisième trimestre. Les montants du tableau font, eux, ressortir une baisse de 0,6 %. L’analyse retient ici les données chiffrées publiées.
L’activité industrielle accompagne ce ralentissement : la production trimestrielle atteint 142 631 équivalents batteries standard, contre 188 083 un an plus tôt, soit une diminution de 24,2 %.
Sur neuf mois, le marché tunisien amortit le choc à l’export
Au terme des neuf premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires cumulé ressort à 63,960 millions de dinars, contre 80,150 millions sur la même période de 2025. Le manque à gagner atteint 16,190 millions de dinars, soit une baisse de 20,2 %.
Les ventes locales progressent légèrement, de 0,6 %, à 42,591 millions de dinars. À l’inverse, les exportations chutent de 43,5 %, à 21,369 millions de dinars, contre 37,813 millions un an auparavant.
Cette évolution modifie sensiblement la répartition des revenus. L’export représente désormais 33,4 % du chiffre d’affaires, contre 47,2 % à fin septembre 2025. Le marché tunisien contribue donc à environ deux tiers de l’activité.
Selon ASSAD, le recul des exportations s’explique principalement par des contraintes réglementaires ayant affecté les flux d’importation de sa filiale algérienne BAA. La société précise que ces difficultés sont sans lien avec sa performance commerciale. Cette explication situe l’origine du repli dans les conditions d’accès au marché algérien ; les indicateurs ne permettent toutefois pas de déterminer le calendrier d’une éventuelle normalisation des flux.
La production cumulée diminue, pour sa part, de 31,8 %, à 404 740 équivalents batteries standard. Cette contraction, plus marquée que celle des revenus, constitue un point de vigilance pour l’absorption des coûts fixes industriels.
Une marge brute en amélioration par rapport au premier semestre, sans retour confirmé au niveau de 2025
ASSAD indique maintenir, au terme des neuf premiers mois de 2026, un taux de marge brute supérieur à 40 %. La société y voit la confirmation de sa capacité à préserver la valeur créée sur son cœur d’activité et un socle pour poursuivre son redressement.
Les états financiers au 30 juin 2026 permettent de mettre cette annonce en perspective :

La marge brute correspond aux revenus diminués des achats consommés, lesquels intègrent la variation des stocks de produits finis et des encours.
Sous réserve d’une méthode de calcul identique, le taux annoncé à fin septembre traduit une amélioration de plus de 1,21 point de pourcentage par rapport aux 38,79 % du premier semestre 2026. Le troisième trimestre aurait donc contribué à relever la marge moyenne depuis le début de l’année, malgré la baisse des ventes.
En revanche, la seule indication d’un taux « supérieur à 40 % » ne permet pas de conclure à un retour au niveau de 42,75 % enregistré sur l’ensemble de 2025. Il faudrait disposer du taux exact à fin septembre pour établir cette comparaison.
L’amélioration du taux constitue un signal favorable, mais elle ne suffit pas à démontrer une progression du montant de la marge brute ou un retour à la rentabilité nette. Dans un contexte de contraction du chiffre d’affaires, la capacité à couvrir les charges de personnel, les autres coûts d’exploitation et les charges financières demeure déterminante.
Un désendettement limité, accompagné d’un poids accru des crédits de gestion
Au 30 septembre 2026, l’endettement global d’ASSAD s’établit à 71,680 millions de dinars, contre 73,071 millions au 31 décembre 2025. Il diminue ainsi de 1,391 million de dinars, soit 1,9 % depuis le début de l’année.
Cette évolution recouvre deux mouvements opposés. L’endettement à moyen et long terme recule de 27,6 %, passant de 12,723 à 9,217 millions de dinars. ASSAD indique avoir honoré l’ensemble de ses échéances sans mobiliser de nouveaux financements à moyen et long terme.
Parallèlement, les crédits de gestion augmentent de 3,5 %, à 62,462 millions de dinars, contre 60,348 millions à fin décembre 2025. Selon la société, ces financements ont servi à constituer, par anticipation, les stocks nécessaires pour répondre à la demande et à l’activité attendues au quatrième trimestre.
Le désendettement global reste donc modeste : la réduction de la dette à moyen et long terme est en partie compensée par la hausse des crédits de gestion. Ces derniers représentent désormais 87,1 % de l’endettement total, contre 82,6 % à fin 2025.
La transformation des stocks en ventes puis en encaissements sera, dès lors, déterminante pour alléger les besoins de financement. Pour ASSAD, la consolidation du redressement repose à la fois sur la préservation des marges, la reprise des exportations et la maîtrise du financement du cycle d’exploitation.
Les indicateurs au 30 septembre 2026 sont provisoires et n’ont fait l’objet ni d’un audit ni d’une revue limitée par les commissaires aux comptes.
Sources : indicateurs trimestriels ASSAD au 30-09-2026 et États_financiers_30-06-2026




Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.