Au terme des neuf premiers mois de 2026, la Banque Nationale Agricole affiche un produit net bancaire de 858,5 MD, en progression de 49,8 MD (+6,2 %) sur un an, et un résultat brut d’exploitation de 539,1 MD (+6,7 %). Au bilan, la collecte de dépôts, en hausse de 1 905,2 MD (+13,7 %) depuis fin 2025, a nettement devancé celle des crédits, ramenant le ratio crédits/dépôts sous la barre des 100 %.
Les emplois : des crédits en hausse de 7,3 % depuis le début de l’année
Au 30 septembre 2026, l’encours des créances nettes sur la clientèle s’établit à 15 597,5 MD, contre 14 536,2 MD au 31 décembre 2025, soit une progression de 1 061,4 MD (+7,3 %) en neuf mois. Cet encours est présenté net des provisions, des intérêts et agios réservés et des intérêts perçus d’avance.
L’encours du portefeuille-titres atteint, pour sa part, 9 854,1 MD, contre 9 565,7 MD à fin 2025, en hausse de 288,4 MD (+3,0 %). Cette évolution recouvre deux mouvements opposés. Le portefeuille d’investissement (banking book), qui regroupe les titres destinés à être conservés jusqu’à l’échéance ainsi que les participations durables, passe de 9 349,8 MD à 9 704,4 MD, soit un accroissement de 354,6 MD (+3,8 %) ; la banque attribue la progression de ce portefeuille sur un an principalement à l’acquisition de bons du Trésor assimilables (BTA). Il représente désormais 98,5 % du portefeuille-titres, contre 97,7 % à fin 2025. À l’inverse, le portefeuille-titres commercial (trading book) recule de 216,0 MD à 149,7 MD, en baisse de 66,3 MD (−30,7 %).
Les ressources : une collecte soutenue, tirée par les dépôts à échéance
Les dépôts de la clientèle totalisent 15 819,1 MD au 30 septembre 2026, contre 13 913,9 MD au 31 décembre 2025, en hausse de 1 905,2 MD (+13,7 %). Rapporté à ce niveau de dépôts, l’encours des crédits ressort à 98,6 %, contre 104,5 % à fin 2025, ce qui traduit une amélioration de la position de liquidité de la banque.
Les dépôts à vue, ressource la moins coûteuse, s’élèvent à 4 901,8 MD, en progression de 618,4 MD (+14,4 %) par rapport à fin 2025. Leur poids dans le total des dépôts passe de 30,8 % à 31,0 %. Les dépôts d’épargne, ressource la plus stable et relativement moins onéreuse que les dépôts à terme, atteignent 5 032,1 MD, en hausse de 336,4 MD (+7,2 %), mais leur part recule de 33,7 % à 31,8 %, leur croissance étant inférieure à celle de l’ensemble de la collecte.
Les dépôts à échéance (dépôts à terme, certificats de dépôt et autres produits financiers), s’établissent à 5 885,2 MD, contre 4 934,9 MD à fin 2025, soit une augmentation de 950,4 MD (+19,3 %). Ils constituent à eux seuls la moitié de la collecte des neuf premiers mois et voient leur poids passer de 35,5 % à 37,2 % du total des dépôts. La structure des ressources se déforme ainsi légèrement en faveur de la composante la plus coûteuse, au détriment de l’épargne, l’effet étant partiellement compensé par la bonne tenue des dépôts à vue.
Les emprunts et ressources spéciales poursuivent leur repli, à 641,8 MD contre 673,3 MD à fin 2025, soit une baisse de 31,5 MD (−4,7 %). Enfin, les capitaux propres, hors résultat de la période, passent de 2 098,4 MD à 2 301,5 MD, en hausse de 203,1 MD (+9,7 %).
Un PNB porté par un effet ciseaux favorable
Au 30 septembre 2026, les produits d’exploitation bancaire atteignent 1 883,2 MD, contre 1 851,7 MD un an plus tôt, en hausse de 31,5 MD (+1,7 %). Dans le même temps, les charges d’exploitation bancaire reculent de 18,3 MD (−1,8 %), à 1 024,7 MD contre 1 043,0 MD. Il en résulte un produit net bancaire de 858,5 MD, contre 808,7 MD au 30 septembre 2025, en progression de 49,8 MD (+6,2 %).
La marge d’intérêt s’établit à 120,6 MD, contre 124,3 MD, en retrait de 3,8 MD (−3,0 %). Les intérêts perçus diminuent de 24,7 MD (−2,1 %), à 1 138,7 MD, tandis que les intérêts encourus baissent de 21,0 MD (−2,0 %), à 1 018,2 MD. La marge sur commissions ressort à 124,0 MD, contre 128,0 MD, en baisse de 4,0 MD (−3,1 %), sous l’effet d’un léger recul des commissions perçues (−1,4 MD, −1,0 %, à 130,5 MD) et d’une hausse des commissions encourues (+2,6 MD, +66,9 %, à 6,5 MD).
Les revenus du portefeuille-titres constituent le véritable moteur de la croissance. Ils atteignent 613,9 MD, contre 556,4 MD, en progression de 57,5 MD (+10,3 %). Cette hausse provient des revenus du portefeuille d’investissement, qui augmentent de 60,5 MD (+11,5 %) à 584,0 MD, alors que les revenus du portefeuille-titres commercial reculent de 2,9 MD (−8,9 %) à 30,0 MD. La contribution des revenus du portefeuille (+57,5 MD) dépasse ainsi à elle seule la hausse totale du PNB (+49,8 MD), compensant le repli cumulé de 7,8 MD des marges d’intérêt et de commissions.
Cette dynamique accentue le profil particulier du PNB de la banque. Le poids des revenus du portefeuille-titres atteint 71,5 % du PNB au 30 septembre 2026, contre 68,8 % au 30 septembre 2025 et 69,4 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. À l’inverse, la marge d’intérêt ne représente plus que 14,0 % du PNB, contre 15,4 % à fin septembre 2025 et 15,0 % à fin 2025, tandis que la marge sur commissions pèse 14,4 %, contre respectivement 15,8 % et 15,6 %.
Des charges maîtrisées et une productivité stable
Les charges opératoires s’élèvent à 320,1 MD, contre 304,1 MD au 30 septembre 2025, en hausse de 16,0 MD (+5,3 %). Les frais de personnel augmentent de 10,9 MD (+5,1 %), à 224,4 MD, et les charges générales d’exploitation de 6,4 MD (+8,1 %), à 86,1 MD. Les dotations aux amortissements des valeurs immobilisées, déduites par différence, reculent quant à elles à 9,6 MD, contre 10,9 MD, soit une baisse de 1,3 MD (−12,3 %).
La croissance du PNB (+6,2 %) ayant été légèrement supérieure à celle des charges opératoires (+5,3 %), le coefficient d’exploitation s’améliore de 0,3 point, à 37,3 % contre 37,6 % au 30 septembre 2025. Il se situe au même niveau que celui de l’exercice 2025 (37,3 %).
Un RBE en hausse de 6,7 % et une marge brute en amélioration
Compte tenu d’autres produits d’exploitation de 0,7 MD, en baisse de 0,2 MD (−19,4 %), le résultat brut d’exploitation, avant coût du risque, s’établit à 539,1 MD au 30 septembre 2026, contre 505,4 MD un an plus tôt, en progression de 33,6 MD (+6,7 %).
Le taux de marge brute, rapport entre le RBE et les produits d’exploitation bancaire, ressort à 28,6 %, contre 27,3 % au 30 septembre 2025 comme sur l’ensemble de l’exercice 2025, soit une amélioration de 1,3 point. Pour chaque dinar de produits d’exploitation bancaire, la banque dégage ainsi davantage de résultat brut, sous l’effet conjugué de la baisse des charges d’exploitation bancaire et de la maîtrise relative des frais généraux.
Conclusion
À fin septembre 2026, BNA Bank présente des indicateurs en progression : un PNB en hausse de 6,2 %, un RBE en hausse de 6,7 %, un coefficient d’exploitation stable autour de 37,3 % et un taux de marge brute en amélioration à 28,6 %. Cette performance repose toutefois de plus en plus sur les revenus du portefeuille d’investissement, qui représentent plus de sept dinars sur dix du PNB, alors que les marges d’intérêt et de commissions se contractent. Au bilan, la forte collecte de dépôts a permis de financer la croissance des crédits et de ramener le ratio crédits/dépôts à 98,6 %, mais elle s’est appuyée davantage sur les dépôts à échéance, ressource la plus onéreuse. L’évolution du coût du risque, non publiée dans les indicateurs trimestriels, déterminera la traduction de ces réalisations au niveau du résultat net.




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