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L’Arabie saoudite n’aurait que cinq à sept jours de stocks à Yanbu

L’Arabie saoudite n’aurait que cinq à sept jours de stocks à Yanbu

L’Arabie saoudite pourrait subir une nouvelle chute de ses exportations pétrolières si son oléoduc Est-Ouest ne redémarre pas rapidement. Selon trois sources industrielles citées par Reuters, les stocks disponibles au port de Yanbu permettraient de maintenir les expéditions pendant seulement cinq à sept jours. Cette estimation ne provient toutefois pas du gouvernement saoudien, qui n’a communiqué ni l’ampleur exacte des dommages ni le calendrier des réparations.

L’oléoduc a été arrêté après les attaques de drones du 11 septembre 2026. Une source interrogée par Reuters estime que les réparations pourraient nécessiter cinq à six semaines, tandis qu’une autre envisage une remise en service plus rapide, éventuellement partielle. Ces scénarios restent des estimations industrielles, et non un calendrier officiel.

Yanbu est devenue la principale voie de sortie du pétrole saoudien.

Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, le 28 février 2026, et la forte réduction du trafic dans le détroit d’Ormuz, l’Arabie saoudite utilise massivement l’oléoduc Est-Ouest pour acheminer son brut des champs de l’est du pays vers Yanbu, sur la mer Rouge.

Environ 4 millions de barils par jour transitaient récemment par cette infrastructure. Ce chiffre désigne le volume acheminé vers Yanbu, et non nécessairement les exportations effectivement chargées à bord des pétroliers. Une partie du brut peut alimenter les raffineries de la côte occidentale ou être placée en stockage.

La capacité maximale de l’oléoduc atteint environ 7 millions de barils par jour. Sur ce total, près de 5 millions pourraient théoriquement être destinés à l’exportation et environ 2 millions aux raffineries de l’ouest du royaume. Avant son arrêt, le pipeline fonctionnait donc à un peu plus de la moitié de sa capacité maximale.

Les données de suivi maritime montrent que les chargements de brut et de condensats à Yanbu ont atteint, au début de septembre, entre 2,9 et 3,7 millions de barils par jour selon les fournisseurs de données. La différence avec les 4 millions transportés par l’oléoduc s’explique notamment par le stockage, l’approvisionnement des raffineries et les décalages entre l’arrivée du brut et son chargement sur les navires.

Près des deux tiers de la production saoudienne actuelle

Les 4 millions de barils acheminés quotidiennement vers Yanbu représentent environ 64 % de la production saoudienne officielle d’août, évaluée à 6,238 millions de barils par jour. En retenant l’estimation de l’Agence internationale de l’énergie, qui situe l’offre saoudienne à 6 millions de barils par jour, leur poids atteint près de 67 %.

Autrement dit, l’oléoduc Est-Ouest transportait récemment un volume équivalent à près des deux tiers de la production actuelle du royaume.

Cette proportion était beaucoup plus faible avant la guerre. En février, l’Arabie saoudite produisait environ 10,9 millions de barils par jour. Un flux de 4 millions de barils n’en aurait représenté que 36,7 %. La production saoudienne a donc diminué d’environ 43 % entre février et août.

Un volume supérieur aux exportations saoudiennes observées en août

Les chargements saoudiens de brut sont tombés à environ 3,5 millions de barils par jour en août selon l’AIE. D’autres estimations de marché les situent autour de 3,1 millions.

Le débit de 4 millions de barils acheminé vers Yanbu équivaut ainsi à 114 % à 129 % des exportations saoudiennes observées en août. Ce rapport supérieur à 100 % ne signifie pas que Yanbu exportait davantage de pétrole que l’ensemble du pays : il compare un débit entrant dans un système logistique à des chargements maritimes effectivement réalisés sur une période différente.

La conclusion économique demeure néanmoins claire : Yanbu est devenu indispensable au maintien des exportations saoudiennes. Avant la guerre, le port n’expédiait qu’environ 770 000 barils par jour, soit près de 11 % des exportations saoudiennes de février, qui atteignaient 7,276 millions de barils par jour. Désormais, Yanbu concentre l’essentiel des sorties saoudiennes observables.

Environ 4 % de la production mondiale, mais près de 10 % du commerce maritime de brut

La production mondiale de pétrole s’est établie à 100,1 millions de barils par jour en août, contre environ 107 millions avant la guerre. Les 4 millions de barils acheminés vers Yanbu représentent donc 4 % de l’offre mondiale actuelle, contre environ 3,7 % de celle de février.

Leur poids est plus important lorsqu’ils sont comparés au seul commerce maritime mondial de brut et de condensats. Celui-ci se situe dans un ordre de grandeur d’environ 36 à 40 millions de barils par jour depuis les perturbations provoquées par la guerre. Yanbu représente ainsi approximativement 10 % à 11 % des volumes mondiaux transportés par mer.

Cette proportion doit être présentée comme une estimation, car les données mondiales d’exportation ne sont pas totalement harmonisées. Les passages de pétroliers sans transpondeur dans le détroit d’Ormuz compliquent notamment le suivi en temps réel des cargaisons.

Une interruption ne supprimerait pas immédiatement 4 millions de barils du marché.

L’arrêt de l’oléoduc ne signifie pas qu’une perte immédiate de 4 millions de barils par jour est déjà constatée. Yanbu dispose encore de stocks permettant de poursuivre les chargements pendant cinq à sept jours. L’Arabie saoudite détient également des volumes dans les ports égyptiens d’Aïn Sokhna et de Sidi Kerir, qui pourraient alimenter ses clients pendant quelques jours supplémentaires.

La capacité théorique de stockage atteint environ 35 millions de barils à Yanbu, 18 millions à Aïn Sokhna et 20 millions à Sidi Kerir. Ces installations ne sont cependant pas pleines, selon les sources industrielles. Sans reprise du pompage, même partielle, les volumes exportables devraient donc diminuer une fois les stocks disponibles consommés.

Une menace directe pour les pays importateurs

Pour les pays importateurs, le premier risque est une réduction de la disponibilité du brut saoudien, notamment des qualités moyennes et soufrées utilisées par de nombreuses raffineries en Asie et en Europe. Le remplacement de ces barils obligerait les acheteurs à se tourner vers des fournisseurs plus éloignés ou vers des qualités de pétrole différentes, parfois moins adaptées à leurs installations.

Le deuxième risque concerne les coûts logistiques. La concentration des exportations saoudiennes sur la mer Rouge augmente la demande de pétroliers sur des trajets plus longs et plus exposés. Les primes d’assurance, les coûts d’affrètement et les délais de livraison pourraient progresser davantage, surtout si les risques persistent simultanément autour de la mer Rouge et du détroit d’Ormuz.

Le troisième effet toucherait les raffineries. Une réduction des approvisionnements saoudiens pourrait diminuer leur taux d’utilisation, resserrer davantage le marché des carburants et amplifier la hausse des prix du diesel, du kérosène et des autres produits raffinés. Les pays très dépendants des importations subiraient alors une augmentation de leur facture énergétique, une détérioration de leur balance commerciale et de nouvelles pressions inflationnistes.

Le risque maximal n’est donc pas une disparition instantanée de 4 millions de barils par jour. Il réside dans l’épuisement progressif des stocks de Yanbu avant la remise en service de l’oléoduc. Si l’arrêt se prolonge plusieurs semaines sans solution logistique de remplacement, une part pouvant atteindre environ 4 % de l’offre pétrolière mondiale actuelle pourrait devenir indisponible à l’exportation. Pour les importateurs, une telle contraction constituerait un choc d’approvisionnement majeur, sur un marché déjà affaibli par la guerre et par la réduction des exportations du Golfe.

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